Du 24 mai au 18 novembre 2012
Photos de cette section en salle
Capteur des Ombres
Edward Sheriff Curtis se fit nomade dans nos territoires. Il prit la route sur nos pas, apprit nos langues, se fit adopter et initier à certains rituels.
En mission photographique pour capter notre mémoire en « réductions », l'artiste fit surgir 40 000 images de sa boîte de lumière.
Les Anciens le surnommèrent le Capteur des Ombres.
Bien sûr nombre de portraits profilés. Si puissants qu'ils créèrent le stéréotype de l'Indien aquilin comme envers du Blanc.
Ses paysages époustouflants devinrent aussi les décors hollywoodiens de la dualité des « Indiens et des Cow-Boys ».
Or l'essentiel demeura ailleurs.
Au regard amérindien d'un Tsie8ei, Wendat (Huron), comme moi à la recherche de l'art, c'est à dessein que je vous convie à voir, à discuter et réinterpréter une frange imagée de son projet démesuré présenté pour la première fois en Hochelega/Montréal.
Sous le spectaculaire des campements vivants et des visages-territoires, de la cohorte des guerriers à cheval jusqu'à l'enfant emmitouflé pour le portage, des paniers stylisant le savoir-faire des femmes à la présence initiée de l'homme-médecine, des fondements de la vision du monde amérindienne composent l'infinitude de son art.
La fierté des coiffes, la délicatesse des broderies et perlages, les postures font circuler le Temps mythologique. Malgré l'impression d'exode intérieur,
« l'oeil écoute » l'oralité de rythmes et sons qui les imprègne des résurgences autochtones d'aujourd'hui.
C'est que, de tribus en tribus, un message d'espoir fut portagé : ces photographies exposeraient à nouveau l'indompté d'une Nord Amérique demeurée « sauvage ».
Nous y sommes.
Tiawenk
Guy Sioui-Durand, sociologue, artiste et membre de la communauté Huron-Wendat, apporte, par le biais du texte ci-dessus, une contribution essentielle à cette exposition.






























