Ils sont venus d'Irlande
Introduction
Musée du Nouveau-Brunswick, 2003
Au Nouveau-Brunswick, on associe souvent les années de la grande famine à l'arrivée des Irlandais. Les événements tragiques de ces années de vache maigre tendent en effet souvent à éclipser la longue et complexe histoire de l'immigration irlandaise dans cette province.
Les premiers immigrants irlandais au Nouveau-Brunswick provenaient de milieux très divers; cette situation, jointe à la disparité de la colonisation dans la province, a retardé l'émergence d'une communauté spécifiquement « irlandaise ». Par leur langue, leur religion et leur condition économique, ces premiers immigrants irlandais partagent la vision du monde et l'horizon culturel des colons loyalistes majoritairement protestants. Ils s'intègrent donc facilement dans les structures existantes de la collectivité. D'autres immigrants qui s'établissent parmi les Acadiens catholiques se marient et sont pratiquement assimilés par leurs sociétés d'adoption. Toutefois, d'importants changements en Irlande viendront finalement rompre cet équilibre, si bien qu'en 1825, les catholiques constituent la grande majorité de la population irlandaise, toujours plus nombreuse, qui s'embarque annuellement à destination du Nouveau-Brunswick.
La famine continue de teinter la perception que l'on a de l'histoire des Irlandais au Nouveau-Brunswick. Entre 1844 et 1848, plus de 40 000 immigrants irlandais arrivent dans la province. Les frais associés à l'application d'une quarantaine provinciale et à la tenue d'asiles pour les pauvres commencent à grimper dans les années 1840, au moment même où l'économie provinciale s'effondre. En outre, les Irlandais se trouvent dans une position délicate : ils parlent la langue des protestants, mais pratiquent la religion des Acadiens. La tension monte entre les Néo-Brunswickois de souche et les immigrants irlandais catholiques; il est facile en effet de mettre sur le dos de ces « hordes affamées » de nouveaux arrivants tous les déboires économiques de la province. Les années 1840 sont donc marquées par une agitation sociale sans précédent qui s'exprime souvent par des actes de violence.










