Les négociations entre l'État et les Premières nations

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Introduction

William R. Morrison, University of Northern British Columbia, 2003

Les 400 ans de contact entre les Premières Nations et les nouveaux arrivants sont une suite d'actes d'amitié et de guerre, de commerce avantageux pour les parties et d'exploitation. Le premier commerce d'importance au Canada, comme en témoignent les activités de la Compagnie de la Baie d'Hudson, est la traite des fourrures dans laquelle le rôle des autochtones est essentiel.

Puissants alliés lors de conflits à l'échelle du continent - la révolution américaine et la guerre de 1812, par exemple -, les Amérindiens sont traités avec respect. À d'autres périodes, ils sont cependant ignorés et même méprisés.

La nation canadienne se forme au cours du 19e siècle. L'augmentation de la population nécessite un apport de terres pour l'agriculture et la colonisation, et les Premières Nations sont alors persuadées ou forcées de s'installer dans des « réserves ». Elles négocient des traités par lesquels elles cèdent la plupart de leurs terres au gouvernement. À la fin du 19e siècle, alors que le Canada s'industrialise, la culture des Premières Nations est souvent considérée comme inférieure et le groupe, aux yeux de nombreuses personnes, est voué à l'extinction. Pour remédier à la situation, les responsables des « affaires indiennes » au gouvernement convainquent ou obligent les autochtones à envoyer leurs enfants dans des pensionnats. La Loi sur les Indiens, adoptée en 1876, assujettit les Premières Nations à l'autorité d'un ministère et proscrit les pratiques traditionnelles. Les Amérindiens, à qui on nie la citoyenneté à part entière, sont alors en réalité sous la tutelle de l'État.