Le CP d'un océan à l'autre : la filière écossaise

5 suivantesConclusion
Introduction MP-0000.158.125 II-46604.2 I-10825.1 I-66959 II-166275.0 II-289652.0 VIEW-8799 MP-0000.25.257
 

Introduction

La construction du chemin de fer du Canadien Pacifique (1880-1885) est l'une des grandes sagas héroïques de l'histoire canadienne. La plupart des Canadiens connaissent bien l'histoire du «rêve national», mais ils sont moins nombreux à savoir quelle fut la contribution des Canadiens d'origine écossaise au projet, et donc à la création du Dominion du Canada. Même le premier projet de chemin de fer, abandonné après le «scandale du Pacifique», avait un lien étroit avec la communauté écossaise, puisque le méchant de l'histoire - Sir Hugh Allan, magnat du transport maritime à Montréal - était un Écossais.

L'échec du premier projet de chemin de fer a mis en péril la Confédération elle-même, car la Colombie-Britannique menaçait de faire sécession et l'économie des Prairies était au ralenti. Mais en octobre 1880, cinq entrepreneurs, dont quatre Écossais, formèrent un consortium pour la construction d'un chemin de fer, et amassèrent 2 des premiers 5 millions de dollars nécessaires pour mettre le projet en chantier. Durant les cinq prochaines années, le consortium travailla d'arrache-pied, surmontant d'énormes difficultés pour faire avancer le projet.

Le plus célèbre des quatre Écossais était Donald A. Smith. Celui-ci avait pris part, au nom du gouvernement, aux négociations avec Louis Riel en 1870. Devenu plus tard Lord Strathcona, il a mis sur pied et financé un régiment qui a participé à la guerre des Boers. Grand philanthrope, Smith fut particulièrement généreux à l'égard de l'école de médecine de l'Université McGill et il fut nommé haut-commissaire du Royaume-Uni pour le Canada. Parmi les autres Écossais du consortium, mentionnons Sir George Stephen, premier président du Canadien Pacifique qui était aussi président de la Banque de Montréal, et Sir Sandford Fleming, l'ingénieur en chef du chemin de fer, qui jouissait d'une renommée internationale pour avoir prôné l'adoption de l'heure normale.

L'influence écossaise s'est donc fait sentir bien au-delà du chemin de fer : les Écossais ont marqué le paysage canadien en y laissant des noms comme Banff et Mt. Stephen (sans oublier de somptueuses résidences à Montréal), en plus d'avoir contribué à l'essor des banques, des sciences et de la philanthropie. Aujourd'hui encore, le président actuel du CP, Robert J. Ritchie, a de profondes racines en Écosse, poursuivant la tradition des Donald Smith, George Stephen et autres Écossais qui, il y a 122 ans, ont construit la voie ferrée qui a véritablement unifié le Canada d'un océan à l'autre.