Musée McCord d'histoire canadienne
Le studio photographique de WIlliam Notman

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Comme par magie : la photographie composite
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Comme par magie : la photographie composite

Pour l’exposition universelle, Notman prévoit présenter une photographie composite, sur laquelle des photos individuelles seront réunies pour former un grand panorama d’un carnaval de patinage.


Transcription

Narratrice
Un extrait de la Gazette de Montréal du 25 février.
William Notman
La fête qui s’en vient à la patinoire promet d’être extraordinaire en raison de la présence de Son Altesse Royale le prince Arthur. Je profiterai donc de l’occasion pour faire une photographie bien spéciale de l’événement. À cette fin, je vous prierais de m’accorder une séance de pose avant la fameuse soirée.
Narratrice
Cent cinquante personnes répondent à sa demande. Elles ne veulent surtout pas manquer un tel événement. Les modèles se présentent au studio de la rue Bleury vêtus de déguisements somptueux, comme le photographe l’a demandé. Mais Notman ne s’intéresse pas vraiment aux portraits individuels qu’il prend. Il prévoit présenter une photographie composite, sur laquelle toutes les photos individuelles seront réunies pour former un grand panorama de l’événement.
Narratrice
The Skating Carnival (Le carnaval de patinage) est la première œuvre à grande échelle de William Notman. Les critiques du monde entier sont élogieuses.

Jeff Nolte, Photographe

Jeff Nolte
William Notman était extrêmement doué pour les photographies composites. Et c’était très lucratif pour lui. Chaque fois qu’il avait un nombre de modèles suffisant, il recréait une scène selon ses propres choix et arrangements. Tous les modèles étaient photographiés individuellement, et ensuite, Notman faisait du « copier-coller » pour former une gigantesque fresque.
Jeff Nolte
Toute cette opération visait à faire une photographie qui n’aurait pas pu être faite autrement. Et comme on présume que tous les modèles voulaient un exemplaire de la photographie, il a fait une fortune avec ce type d’œuvre.

Roger Hall, Historien, University of Western Ontario

Roger Hall
Ce composite est amusant. Il représente une scène de navigation de plaisance entièrement conçue en studio. L’arrière-fond a été peint, donc la mer pouvait être houleuse ou calme, selon le désir du client. Ce dernier payait non seulement pour une photo mais pour un artiste, un décor et des costumes. Comme c’était coûteux, les clients faisaient partie de la classe moyenne ou de la haute société et voulaient faire étalage de leur nouvelle richesse. Rien n’était plus éloquent pour un Américain du 19e siècle qu’une sortie familiale en mer.
Jeff Nolte
Les composites étaient assez difficiles à faire. Au 19e siècle, les gens les appréciaient énormément. À leurs yeux, c’était presque magique, mais nous ne pouvons pas vraiment le comprendre car en les regardant aujourd’hui, ils nous paraissent truqués. Mais les gens de l’époque trouvaient ça merveilleux. C’était une invention unique.

Dennis Reid, Conservateur en chef, Musée des beaux-arts de l’Ontario

Dennis Reid
Quand on observe la photographie composite en rapport avec la peinture de la même époque, on voit tout de suite que ce sont des objets culturels, des œuvres d’art. C’est en les percevant ainsi qu’on peut vraiment les apprécier. C’est quelque peu difficile de ne pas les trouver un peu kitsch parce que les modèles avaient très souvent l’habitude d’exagérer leurs gestes. Au départ, on les voyait comme des pièces de collection victoriennes. Les gens ne les comparaient pas aux autres formes d’expression artistique.
Dennis Reid
Par contre, en les regardant de plus près, on remarque leur substance et leur profondeur.