De père en fils : William MacFarlane Notman
À partir de 1884, travaillant pour le compte du Canadien Pacifique, William McFarlane Notman voyage dans l’Ouest et immortalise sur la pellicule les splendeurs du pays.Transcription
Narratrice
Voyons comme un visage change avec les années. La mâchoire se forme, le regard est plus expressif.
Narratrice
Le jeune garçon devient un homme. William McFarlane Notman a grandi sous l’œil de la caméra, ce qui n’était pas possible auparavant. Il a toujours vu son père à l’œuvre, et à 16 ans, il est temps pour lui de commencer son apprentissage au studio. Une décennie plus tard, il devient l’associé de son père.
Narratrice
Mais les limites du studio ne le satisfont pas. Les paysages sont sa force. Quand la Compagnie des chemins de fer demande à son père d’immortaliser leur travail, c’est William McFarlane Notman qui relève le défi. Il doit montrer à la fois les paysages et les gens, et prendre des photos qui mettront en valeur un pays naissant aux yeux du monde entier.
Narratrice
À partir de 1884, pendant 15 ans, William McFarlane Notman voyage dans l’Ouest en capturant les splendeurs du pays avec son objectif. La Compagnie des chemins de fer lui fournit un wagon équipé d’une chambre noire.
Dennis Reid, Conservateur en chef, Musée des beaux-arts de l’Ontario
Dennis Reid
On ne doit pas oublier que ce projet de William McFarlane Notman était une commande. Le Canadien Pacifique l’avait engagé pour photographier cet extraordinaire terrain de jeu, en quelque sorte, qu’il défrichait. Au 19e siècle comme aujourd’hui, la publicité a toujours plus qu’un objectif. Non seulement elle sert à vendre un produit, mais elle affiche en même temps une marque. Elle vend une certaine qualité, une vision, ou même une mission. William McFarlane Notman a joué ce rôle pour le Canadien Pacifique à travers ses photographies.
Narratrice
William McFarlane Notman montre des chemins de fer achalandés avec son trafic venant de l’Est, ainsi que les nouveaux villages le long des voies ferrées.
Dennis Reid
Voici l’une de mes photos favorites de William McFarlane Notman, prise lors de son premier voyage en 1887. Elle s’intitule Looking Above the Valley from First Trestle of Loop on the Canadian Pacific (Vue au-dessus de la vallée depuis le premier chevalet de la boucle du Canadien Pacifique). On voit deux feux de camp au premier plan. Il a réussi à saisir le moment où la fumée s’élève en spirale à travers un léger brouillard, pour ensuite se mêler aux nuages tout en haut.
Dennis Reid
En regardant bien, on croit distinguer la fumée du brouillard uniquement par la texture de ces deux vapeurs différentes. Voilà une remarquable photographie. C’est magistral. La qualité est pratiquement la même qu’en studio, mais elle a été prise à l’extérieur.
Stanley Triggs, Conservateur, Archives photographiques Notman
Stanley Triggs
Voici le port de Vancouver. Aucune photo ne peut être plus simple que celle-ci. Une ligne horizontale, le ciel et la mer occupant presque tout l’espace, et un petit canot à voile indien au milieu.
Stanley Triggs
C’est très abstrait.
Stanley Triggs
Regardez-la du coin de l’œil et vous verrez toujours la même chose.
Stanley Triggs
Le photographe a soigneusement organisé l’ensemble. C’était une journée grise et brumeuse, mais ça n’avait pas d’importance. C’était une question d’espace et de terre.
Narratrice
Les paysages de Notman parcourent le monde entier. L’image du Canada ainsi véhiculée montre à la fois son exotisme et sa grandeur.
Narratrice
C’est ainsi que William McFarlane Notman a gagné sa réputation, avec sa touche personnelle. Ces photos laissent un témoignage impérissable d’un monde en pleine mutation.


