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IDÉE D'ENQUÊTE C -LA RUÉE VERS L’OR ET APRÈS…

La consultation de ces textes est proposée dans l'activité Web "La ruée vers l'or et après" (idée d'enquête C).

  1. Comment les immigrants d’origine chinoise s’intègrent-ils à la Colombie-Britannique, durant et peu après la ruée vers l’or?
  2. Quel est l’impact de la venue des chercheurs d’or sur les Autochtones en Colombie-Britannique?

 28) Comment les immigrants d’origine chinoise s’intègrent-ils à la Colombie-Britannique, durant et peu après la ruée vers l’or?

« Quelques Chinois se sont peut-être rendus dans l’île de Vancouver à la fin du dix-huitième siècle, alors que prospérait le commerce des fourrures trans-pacifique, mais les premiers Chinois qui s’y établissent sont attirés par la ruée vers l’or sur le fleuve Fraser. Certains viennent en 1858 avec les premiers chercheurs d’or de Californie; d’autres suivent, en provenance de Hong Kong et de la Chine. Plusieurs centaines demeurent à Victoria et approvisionnent les chercheurs d’or ou servent d’entrepreneurs en main-d’œuvre. À l’été de 1860, la nouvelle colonie continentale de la Colombie-Britannique compte environ 4 000 Chinois, mais ce nombre fluctue selon la prospérité des mines. En 1866, la fièvre de l’or tombe, et le gouverneur estime à 1 705 le nombre des Chinois. La plupart s’adonnent à l’exploitation de gisements alluvionnaires, activité qui n’exige qu’un investissement minimal, et se limitent aux placers abandonnés ou vendus par les blancs parce qu’ils ne sont plus rentables. D’autres se livrent à diverses activités, par exemple, la culture et la vente de légumes frais, la coupe de bois de corde et l’exploitation de blanchisseries et de restaurants. À l’ère coloniale, les Chinois disputent rarement des emplois aux blancs et, comme les mineurs blancs, ils sont nomades et se déplacent lorsqu’ils apprennent la découverte de nouveaux gisements d’or. Aussi partagent-ils avec la majorité des habitants blancs l’image de migrants de passage venus faire fortune et non s’établir. Ils se mêlent peu à la société blanche et sont victimes des préjugés antichinois que les blancs ont apportés de Californie et d’Australie. Dans la Colombie-Britannique coloniale, ils jouissent néanmoins d’une parfaite égalité juridique.

Les terrains aurifères épuisés, les Chinois s’engagent comme domestiques, surtout à Victoria, comme aide-mineurs à Nanaimo, comme ouvriers saisonniers dans les nouvelles conserveries de saumon de la vallée du Fraser. En général, les employeurs aiment la main-d’œuvre chinoise parce qu’elle est bon marché et fiable. La population ne partage pas ce sentiment. »

Tan, Jin and Patricia E. Roy. The Chinese in Canada, Ottawa, Canadian Historical Association, 1985, p. 6-7.

 29) Quel est l’impact de la venue des chercheurs d’or sur les Autochtones en Colombie-Britannique?

« La ruée vers l’or dans la région du Fraser et de la Thompson marque un tournant pour les peuples autochtones du plateau du Nord. Depuis plusieurs décennies, ils s’adaptent au commerce des fourrures et aux possibilités économiques qu’il procure. Leur acculturation progressive débute. En 1858, cependant, le commerce des fourrures a presque disparu, de nouvelles maladies comme la variole se propagent rapidement et ont des conséquences désastreuses, l’exploitation minière perturbe la migration des saumons et dépossède les Indiens de leurs villages et pêcheries le long des rivières. Les colons s’approprient les terres arables au détriment des tribus, qui n’ont ni le nombre ni la force pour défendre leurs intérêts. Les nouveaux habitants demandent le déplacement des Indiens qu’ils disent responsables de la criminalité, de la prostitution et du commerce florissant de l’alcool (Fisher, 1977; 109-117). » [trad.]

Beckham, Stephen Dow. « History since 1846 », Handbook of North American Indian, vol. 12, Plateau, sous la dir. de Deward E. Walker Jr., Washington, Smithsonian Institution, 1998, p. 157.

« Seuls ou en groupe, certains Indiens tentent de s’opposer à l’arrivée des Blancs. D’autres abdiquent, d’avis qu’ils ne peuvent rien faire pour changer la situation. » [trad.]

Fisher, Robin. Contact and Conflict: Indian-European Relations in British Colombia, 1774-1890, Vancouver, University of British-Columbia Press, 1977, p. 117.

 « Durant les années 1870 et 1880, on installe les Indiens du plateau dans des réserves. Compte tenu de la taille restreinte et du système d’unités politiques séparées des bandes, les réserves ont tendance à être petites et dispersées. Chaque bande garde son village traditionnel mais perd son territoire de chasse et de cueillette. Les réserves sont érigées sur des terres appartenant depuis toujours aux Indiens, qui ne signent pas de traités et ne cèdent d’aucune autre façon quelconque partie du territoire restant.

Mais lorsqu’on les enferme dans des réserves, les groupes autochtones perdent le contrôle des ressources économiques importantes situées à l’extérieur des limites établies. Les ranchs et les colonies se multiplient sur le reste de leurs terres traditionnelles, ce qui chasse le gibier et détruit les zones propices à la cueillette des baies sauvages et à l’extraction de racines. Des barrages inondent bon nombre des lieux traditionnels de pêche situés aux abords des canyons et des chutes. » [trad.]

McMillan, Allan D. Native Peoples and Cultures of Canada. An Anthropological Overview, Vancouver/Toronto, Douglas & McIntyre, 1988, p. 167-168.