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Extraits de manuels d'histoire


1. Industrialisation | 2. Urbanisation | 3. Conditions de vie | 4. Guerres mondiales | 5. Politique et mouvements sociaux
 

5. POLITIQUE ET MOUVEMENTS SOCIAUX

5.1 Débats liés à la confédération

84) Qu'est-ce que c'est le « Rep by Pop » et pourquoi est-il réclamé par le Canada-Ouest?
85) Qu'est que la coalition Brown-Macdonald-Cartier?
86) Quelles sont les principales forces derrière le projet de fédération et comment est-il présenté par Cartier et les autres?
87) Quels types d'union Macdonald et Cartier privilégient-ils?
88) Que pense Dorion du projet de fédération?
89) Comment le projet de fédération est-il reçu dans les Maritimes?
90) Comment les colonies réagissent-elles au projet de fédération?
91) Dans quelles circonstances la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick entrent-ils dans la Confédération?
92) Quel est le partage des pouvoirs entre les gouvernements central et provinciaux, établi par l'Acte de l'Amérique du Nord Britannique (A.A.N.B.) en 1867?

5.2 Politique nationale et canadien pacifique

93) Dans quel contexte Macdonald propose-t-il la Politique nationale?
94) Qu'est-ce que la Politique nationale qui aide Macdonald à gagner les élections de 1878?
95) La Politique nationale profite-t-elle à l'ensemble du Canada?
96) Quels groupes la Politique nationale semble-t-elle favoriser?
97) Quel rôle joue le CP [Canadien Pacifique] dans la Politique nationale de Macdonald?
98) Quel est l'impact des nouveaux chemins de fer sur les villes de l'Ouest canadien?
99) Comment le CP [Canadien Pacifique] procure-t-il une aide à Macdonald lors de la rébellion du Nord-Ouest?
100) Que signifie au juste pour le Canada la construction du CP?
101) Did some Westerners dislike the CPR monopoly?

5.3 Mouvement des femmes

102) Comment naissent les mouvements féministes, en particulier au Québec?
103) Quelles sont les plus importantes organisations de femmes au Canada à la fin du 19e siècle?
104) Comment des organisations de femmes s'unissent-elles à la fin du 19e siècle?
105) Quelles sont les principales luttes féministes au Québec?
106) Qu'est-ce le parlement fictif de Nellie McClung au Manitoba?

5.1 Débats liés à la confédération

84) Qu'est-ce que c'est le « Rep by Pop » et pourquoi est-il réclamé par le Canada-Ouest?

« D'après l'Acte d'Union, le Canada-Est et le Canada-Ouest doivent être représentés par un même nombre de députés. En 1841, l'égalité de représentation avantageait les Canadiens anglais du Canada-Ouest, dont la population était inférieure à celle du Canada-Est, composée en majorité de Canadiens français.

« Mais le recensement de 1851 révèle que la population du Canada-Ouest dépasse maintenant celle du Canada-Est. Les Clear Grits réclament alors l'application du « Rep by Pop » (Representation by population), c'est-à-dire de la représentation proportionnelle à la population de chacune des deux régions du Canada-Uni. Cette forme de représentation avantagerait évidemment les Canadiens anglais, ce qui suscite de plus en plus d'inquiétude chez les Canadiens français de Canada-Est. »

Roy, Marcel, Dominic Roy. Je me souviens, Ottawa, Éditions du renouveau pédagogique Inc., 1995, p. 295.

85) Qu'est que la coalition Brown-Macdonald-Cartier?

« En 1864, la situation politique est alarmante dans le Canada-Uni. En deux ans, cinq gouvernements se sont succédé faute d'obtenir la double majorité. Cette instabilité ministérielle paralyse l'administration du Canada-Uni.

« George Brown, chef des Clear Grits, s'unit alors à John Alexander Macdonald, chef des libéraux-conservateurs, et à George-Étienne Cartier, chef du Parti bleu, pour former un gouvernement de coalition. En contrepartie, il demande que le Canada-Uni ne soit plus une union législative, mais une union fédérale.

« Une entente est conclue entre les trois chefs, au terme de laquelle chacun obtient satisfaction :

o Brown obtient la représentation proportionnelle au niveau fédéral;

o Macdonald obtient beaucoup de pouvoir pour le gouvernement fédéral;

o Cartier obtient un gouvernement provincial pour les Canadiens français. »

Roy, Marcel, Dominic Roy, Je me souviens, Ottawa, Éditions du renouveau pédagogique Inc., 1995, p. 295.

86) Quelles sont les principales forces derrière le projet de fédération et comment est-il présenté par Cartier et les autres?

« Bien que les chemins de fer, la protection des industries canadiennes et la création d'un gouvernement central puissant soient les principaux moteurs de la Confédération, des dirigeants comme George-Étienne Cartier invoquent toujours la création d'une nouvelle nation canadienne et l'harmonie entre les peuples pour justifier l'union fédérale. » [trad.]

Dickinson, John A. and Brian Young. Diverse pasts, a History of Québec and Canada, Mississauga, Copp Clark, 1995, p. 216.

87) Quels types d'union Macdonald et Cartier privilégient-ils?

« Certains dirigeants, comme John A. Macdonald, privilégient l'union législative, une forme de gouvernement centralisée. Dans une union législative, l'autorité centrale détient la majorité des pouvoirs et exerce un contrôle direct sur les administrations municipales et de comté. La Grande-Bretagne et la France sont des exemples d'unions législatives.

« D'autres dirigeants, comme George-Étienne Cartier, préfèrent créer une structure fédérale qui répartit les pouvoirs entre le gouvernement central, ou fédéral, et les gouvernements provinciaux. Malgré qu'elle soit plus complexe, la fédération a l'avantage de permettre aux provinces d'adopter des orientations fondamentalement différentes sur des questions sociales et culturelles importantes comme l'éducation et la santé. » [trad.]

Dickinson, John A. and Brian Young. Diverse Pasts, a History of Québec and Canada, Mississauga, Copp Clark, 1995, p. 218.

88) Que pense Dorion du projet de fédération?

« Après la Conférence de Québec, les chefs politiques retournent dans leur colonie et tentent de faire accepter le projet par leur chambre d'assemblée respective et la population en général.

« Au Canada-Est

« Dans cette province, les résolutions de Québec ne reçoivent pas un appui unanime. La plus solide opposition aux résolutions vient du Parti rouge d'Antoine-Aimé Dorion, qui juge inacceptable le projet de fédération.

« Il s'y oppose pour les raisons suivantes :

o Cette fédération ne serait qu'une « union législative déguisée. » Les pouvoirs démesurés attribués au gouvernement central feraient des provinces de petits gouvernements sans importance. Le gouvernement fédéral posséderait un droit de veto (désaveu) des lois provinciales.

o Le projet sert à camoufler les intérêts des gens d'affaires anglophones, qui veulent faire construire, aux frais de la population, un chemin de fer intercolonial.

o Par la représentation proportionnelle et la mainmise anglophone sur le gouvernement central, la fédération constituerait une grave menace à la survivance des francophones, qui y seraient encore plus minoritaires.

o L'entrée des Maritimes dans la fédération augmenterait les charges financières du Canada-Uni sans lui apporter d'avantages économiques [...].

« De plus, Dorion croit nécessaire de faire approuver le projet par l'ensemble de la population. À la fin de novembre 1864, au cours de nombreuses assemblées populaires tenues dans la région de Montréal, on dénonce le principe de la fédération. »

Cardin, Jean-François, Raymond Bédard et René Fortin. Le Québec : héritages et projets, Laval, Éditions HRW, 1994, p. 255.

89) Comment le projet de fédération est-il reçu dans les Maritimes?

« À leur retour de Québec [1864], les délégués des Maritimes sont profondément divisés au sujet de la Confédération. John Gray, premier ministre de l'Île-du-Prince-Édouard, est profédéraliste. D'autres représentants de la province sont cependant mécontents des débats de Québec. Selon eux, il est insultant pour l'Île-du-Prince-Édouard d'avoir seulement cinq sièges à la Chambre des communes proposée. La Confédération présente peu d'avantages : pourquoi s'en soucier? Une élection a lieu en décembre 1865, et un parti antifédéraliste est élu. Le sort de la Conéfédération est scellé, du moins dans l'immédiat. L'Île-du-Prince-Édouard ne fera pas partie de la Confédération.

« De nombreux Terre-Neuviens ont des doutes semblables sur leur adhésion à la Confédération. Une opposition organisée répand des rumeurs : les impôts augmenteront pour permettre le remboursement des dettes du Canada; les deux Canada se serviront de l'argent des impôts pour coloniser l'Ouest; les Terre-Neuviens seront forcés de se battre pour le Canada; les pêcheurs seront obligés de s'enrôler dans la nouvelle marine. La décision est reportée jusqu'à la tenue d'une élection.

« Les premiers ministres de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick, Charles Tupper et Samuel Tilley, sont de fervents partisans de la Confédération. Selon eux, la Confédération va promouvoir l'économie de leur province et protéger ses frontières. Les deux hommes doivent cependant surmonter un obstacle : une opposition organisée et forte.

« En Nouvelle-Écosse, Joseph Howe, ancien premier ministre et chef politique populaire, dirige les forces antifédéralistes. Dans son journal, il déclare que l'union proposée est une source d'ennuis. Selon Howe, la Confédération entraînera une hausse des tarifs douaniers et des taxes sur les importations; les produits manufacturés importés coûteront donc plus cher. De plus, la province risque de perdre son lien commercial avec les États de la Nouvelle-Angleterre. [?] Devant cette opposition, Tupper ne soumet pas les 72 Résolutions aux débats de la législature de la Nouvelle-Écosse. Tupper décide d'attendre la suite des événements au Nouveau-Brunswick.

« La population du Nouveau-Brunswick est indécise au sujet de la Confédération. Certains sont d'accord avec Tilley et considèrent la Confédération comme la clé du progrès dans la province. Le chemin de fer Intercolonial ouvrira de nouveaux marchés pour ses richesses naturelles. Le Nouveau-Brunswick cessera d'être une petite colonie isolée et adhérera à une grande nation pleine d'avenir. Pour d'autres, la Confédération s'annonce désastreuse. Les tarifs douaniers augmenteront. Rien ne garantit que les Canadiens tiendront leur promesse au sujet de la construction du chemin de fer. Il est préférable de construire un chemin de fer vers les États-Unis. Le marché de ce pays est 10 fois plus étendu. »

Deir, Elspeth, John Fielding, et al. Le Canada : l'édification d'une nation, Montréal, Chenelière/McGraw-Hill, 2001, p. 90.

90) Comment les colonies réagissent-elles au projet de fédération?

« Au moment du vote, les représentants du Canada-Ouest se prononcent en faveur d'une union fédérale dans une proportion de 54 voix contre huit. Les membres anglophones du Canada-Est appuient également la motion, dans une proportion de 11 à trois. Chez les francophones, cependant, les voix sont partagées (26 en faveur; 22 contre).

« Les colonies de l'Atlantique se montrent peu enthousiastes. Terre-Neuve (qui a participé aux négociations) et l'Île-du-Prince-Édouard refusent d'adopter les résolutions. Au Nouveau-Brunswick, le parti favorable à la Confédération est défait; la Grande-Bretagne doit intervenir pour obtenir l'adhésion du Nouveau-Brunswick à la fédération. En Nouvelle-Écosse, le gouvernement de Charles Tupper évite de tenir une élection sur la question, car il sait que la proposition serait rejetée.

« En 1866, à Londres, on met la touche finale à la constitution canadienne. Le Parlement britannique adopte l'Acte de l'Amérique du Nord britannique sans grands débats. Cet acte, qui entre en vigueur le 1er juillet 1867, uni le Canada-Est, le Canada-Ouest, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick. » [trad.]

Dickinson, John A. and Brian Young. Diverse Pasts, a History of Québec and Canada, Mississauga, Copp Clark, 1995, p. 220.

91) Dans quelles circonstances la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick entrent-ils dans la Confédération?

« La marche vers la Confédération entre 1864 et 1867 est entreprise en vue de résoudre l'impasse politique dans la Province du Canada. La recherche d'une solution aboutit à la Conférence de Charlottetown, où des délégués des Canadas et des colonies des Maritimes s'entendent sur le principe d'une union fédérale. À la Conférence de Québec, les détails de la nouvelle union prennent la forme de 72 résolutions. Il y a de fortes réticences en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick, où les profédéralistes perdent une élection sur cette question. La Confédération semble impossible.

« Le gouvernement britannique signifie son appui à la Confédération. Il demande aux lieutenants-gouverneurs de promouvoir cette idée. La fin de la guerre de Sécession [1865] ravive la menace d'une invasion américaine. Les incursions des Féniens et l'annulation du Traité de réciprocité aggravent cette menace. En Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick, les chefs politiques acceptant l'idée de la Confédération.

« [?] Le 1er juillet 1867, la nouvelle nation est officiellement proclamée. »

Deir, Elspeth, John Fielding, et al. Le Canada : l'édification d'une nation, Montréal, Chenelière/McGraw-Hill, 2001, p. 98.

92) Quel est le partage des pouvoirs entre les gouvernements central et provinciaux, établi par l'Acte de l'Amérique du Nord Britannique (A.A.N.B.) en 1867?

« Que signifie la Confédération? L'Acte de l'Amérique du Nord britannique crée [en 1867] un système politique fédéral doté d'un gouvernement central à Ottawa et de gouvernements provinciaux dans les quatre provinces originales du Canada. Chaque ordre de gouvernement détient des compétences particulières (voir le tableau fourni) et partagent la responsabilité de l'immigration et de l'agriculture. L'article 91 de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique énonce les compétences du gouvernement central. Le gouvernement obtient la responsabilité des questions de défense, de droit criminel, d'affaires indiennes, de commerce et d'activités bancaires, tous des dossiers d'une importance vitale. Les compétences des gouvernements provinciaux sont décrites aux articles 92 et 93. L'article 92 prévoit également l'établissement par les provinces d'administrations locales (municipales et de comté). Ces administrations sont responsables des services locaux : entretien des routes, loisirs, enlèvement des ordures, services de police et protection contre les incendies.

« Plusieurs dispositions de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique soulignent le fait que les Pères de la Confédération voulaient un État fort et centralisé. Les provinces n'ont pas le droit de modifier les pouvoirs des lieutenants-gouverneurs nommés par le gouvernement fédéral. Les lieutenants-gouverneurs peuvent bloquer l'adoption de lois provinciales en les soumettant à l'examen du gouvernement central. Ce dernier peut ensuite interdire toute loi qu'il ne juge pas dans l'intérêt de la nation. Enfin, toutes les compétences qui ne sont pas directement octroyées aux provinces reviennent au gouvernement central. »

Division des pouvoirs

aux termes de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique
Gouvernement fédéral

Article 91

* Dette publique et propriété publique
* Trafic et commerce
* Imposition directe (impôts sur le revenu) et indirecte (tarifs douaniers)
* Emprunt de deniers sur le crédit public
* Administration des postes
* Recensement et statistique
* Défense
* Navigation
* Pêcheries
* Transport par eau entre une province ou un pays, ou entre deux provinces
* Numéraire et frappe de la monnaie
* Banques
* Poids et mesures
* Faillites
* Brevets d'invention et droits d'auteur
* Indiens
* Droit criminel
* Pénitenciers
* Maintien de la paix et de l'ordre, bonne gouvernance
* Mariage et divorce


Gouvernements provinciaux

Article 92

* Imposition directe à des fins provinciales
* Emprunt de deniers sur le crédit de la province
* Terres publiques appartenant à la province
* Maisons de correction
* Hôpitaux, asiles et autres établissements de bienfaisance
* Institutions municipales
* Licences de boutiques, de tavernes et d'autres débits de boisson
* Travaux et ouvrages d'une nature locale, (a) à l'exception des navires, chemins de fer et lignes de télégraphe qui relient les provinces; (b) des lignes de bateaux à vapeur qui s'étendent au-delà du Canada; (c) des travaux qui, bien qu'entièrement situés dans la province, seront déclarés par le Parlement du Canada profiter au Canada en général
* Constitution des compagnies pour des objectifs provinciaux
* Propriété et droits civils
* Administration de la justice dans la province
* Matières d'une nature purement locale ou privée

Section 93

* Éducation

 

Nota : L'agriculture et l'immigration sont des compétences partagées (article 95).

[trad.]

Dickinson, John A. and Brian Young. Diverse pasts, a History of Québec and Canada, Mississauga, Copp Clark, 1995, p. 220-221.


5.2 Politique nationale et canadien pacifique


93) Dans quel contexte Macdonald propose-t-il la Politique nationale?

« Sir John A. Macdonald est premier ministre de la nouvelle nation [canadienne] durant ses sept premières années d'existence. En 1873, l'économie mondiale ralentit. Au Canada, des entreprises et des banques font faillite, les agriculteurs ne réussissent pas à obtenir de bons prix pour leurs récoltes et des milliers de gens perdent leur emploi. Macdonald doit donner sa démission à cause [?]. Durant cinq ans, le ralentissement de l'économie maintient le statu quo au Canada.

« En 1878, Macdonald est réélu grâce à la Politique nationale. Cette politique comporte trois volets :

o la protection des industries canadiennes;

o la colonisation de l'Ouest;

o l'achèvement du chemin de fer vers l'Ouest. »

Deir, Elspeth, John Fielding, et al. Le Canada : l'édification d'une nation, Montréal, Chenelière/McGraw-Hill, 2001, p. 113.

94) Qu'est-ce que la Politique nationale qui aide Macdonald à gagner les élections de 1878?

« Au moment des élections de 1878, Macdonald avait annoncé qu'il avait une politique nationale pour résoudre les problèmes du pays. Son plan était d'empêcher l'importation de marchandises moins chères des États-Unis, d'encourager élus canadiens à acheter des produits faits au Canada et de peupler de colons les riches terres des prairies. Ceux-ci pourraient acheter des produits manufacturés du Canada-Est et y vendre leurs produits agricoles. Cela serait possible si l'on construisait une ligne de chemin de fer reliant l'Est à l'Ouest.

« L'idée de politique nationale a plu aux Canadiens. En 1878, Macdonald reprenait le pouvoir. Le projet de voie ferrée avait refait surface! »

Cruxton, J. Bradley, W. Douglas Wilson. Rétrospective Canada, Toronto, ON, Oxford University Press, 1994, p. 197.

95) La Politique nationale profite-t-elle à l'ensemble du Canada?

« L'imposition d'un tarif protectionniste sur les biens canadiens a toujours suscité la controverse [...] La Politique nationale ne profite pas à l'ensemble du Canada puisque la plupart des nouvelles industries s'installent dans le centre du pays. Au Québec et en Ontario, le nombre de filatures de coton passe de quatre à 17 entre 1878 et 1884. Ces filatures rapportent d'importantes sommes à leurs propriétaires. Par exemple, les propriétaires de la filature Hudon, à Montréal, voient leurs profits tripler entre 1881 et 1883. » [trad.]

Dickinson, John A. and Brian Young. Diverse Pasts, a History of Québec and Canada, Mississauga, Copp Clark, 1995, p. 234.

96) Quels groupes la Politique nationale semble-t-elle favoriser?

« Des tarifs douaniers sont imposés sur les marchandises importées faisant concurrence aux produits fabriqués au Canada. Les produits de fabrication canadienne peuvent ainsi se vendre au même prix ou à un prix inférieur à celui des produits américains et britanniques. La plupart des industries se trouvent en Ontario et au Québec, et les tarifs douaniers favorisent cette partie du pays. Les colons qui s'établissent dans les plaines de l'Ouest sont appelés à acheter la machinerie agricole et les autre produits des nouvelles industries. Le chemin de fer va relier les producteurs au marché de l'Ouest.

« La Politique nationale se poursuit pendant plusieurs décennies. Pour les agriculteurs de l'ouest, cette politique semble protéger les riches industriels de l'Est, qui préféreraient acheter les produits américains, qui sont moins chers. Cette politique finit par engendrer l'amertume dans l'Ouest. »

Deir, Elspeth, John Fielding, et al. Le Canada : l'édification d'une nation, Montréal, Chenelière/McGraw-Hill, 2001, p. 113.

97) Quel rôle joue le CP [Canadien Pacifique] dans la Politique nationale de Macdonald?

« Le CP [Canadien Pacifique] représentait la pierre angulaire de la Politique nationale. L'Ouest ne pouvait pas se transformer en centre d'exportation agricole tant que le transport des marchandises ne pourrait s'y effectuer.

« Pour Macdonald, le CP pourrait, en outre, faire partie du réseau commercial de l'Empire britannique, ce qui rendrait possible le commerce avec l'Asie. Pour le gouvernement, la construction du CP devenait désormais la priorité. »

Cranny, Michael, Graham Jarvis, Garvin Moles, Bruce Seney. Le Canada : la poussée vers l'Ouest, Montréal, Les Éditions de la Chenelière inc., 2002, p. 186.

98) Quel est l'impact des nouveaux chemins de fer sur les villes de l'Ouest canadien?

« Des nombreuses villes en Colombie-Britannique doivent leur existence au passage du chemin de fer. Ces villes étaient souvent d'anciens postes de traite choisis comme centres de service régionaux pour les lignes de chemin de fer en expansion. Les anciens postes de traite étaient en général bien situés pour se développer.

« Saskatoon, Edmonton, Prince George et Prince Rupert étaient des villages qu'on a choisis comme centres de service sur la ligne du Grand Tronc Pacifique [?] . À l'embouchure de la rivière Skeena, un endroit qui allait devenir Prince Rupert a été chois comme terminus du train. Le chemin de fer Canadien du Nord a choisi Kamploops, qui se trouvait déjà sur la ligne principale du CP, comme centre de service principal à l'intérieur de la province. Ces villes, toutes bien tiutées, ont grossi en tirant profit de leur arrière-pays. »

Cranny, Michael, Graham Jarvis, Garvin Moles, Bruce Seney. Le Canada : la poussée vers l'Ouest, Montréal, Les Éditions de la Chenelière inc., 2002, p. 267.

99) Comment le CP [Canadien Pacifique] procure-t-il une aide à Macdonald lors de la rébellion du Nord-Ouest?

« En mars 1885, la rébellion du Nord-Ouest éclatait. [...] Comme le gouvernement fédéral devait envoyer des troupes dans le Nord-Ouest [Manitoba] le plus rapidement possible, il avait besoin du chemin de fer. Malheureusement, au nord du lac Supérieur, la voie ferrée était entrecoupée à quatre endroits. Les soldats traversèrent ces intervalles à pid et, à l'un d'eux, ils marchèrent 18 kilomètres sur la surface gelée du lac Supérieur.

« Cependant, avec son efficacité habituelle, Van Horne réussit à transporter les troupes, et les premiers soldats ne mirent que cinq jours pour atteindre Winnipeg. Grâce au CP [Canadien Pacifique], on eut l'impression que le gouvernement fédéral pouvait rapidement faire face à une crise. »

Cranny, Michael, Graham Jarvis, Garvin Moles, Bruce Seney. Le Canada : la poussée vers l'Ouest, Montréal, Les Éditions de la Chenelière inc., 2002, p. 191.

100) Que signifie au juste pour le Canada la construction du CP?

o « L'une des conditions qu'avait posées la Colombie-Britannique pour se joindre à la Confédération avait été respectée. La province était maintenant liée au Canada. Les États-Unis ne pourraient pas prendre toute la côte pacifique.

o « Le chemin de fer facilitait la colonisation de l'Ouest. Les populations de fermiers croissant, des communautés allaient se développer.

o « Il était devenu plus facile et plus rapide de se déplacer entre L'Est et l'Ouest. Ceci devait encourager le commerce à l'intérieur du pays plutôt qu'avec les États-Unis. »

Cruxton, J. Bradley, W. Douglas Wilson. Rétrospective Canada, Toronto, ON, Oxford University Press, 1994, p. 210.

101) Did some Westerners dislike the CPR monopoly?

« Le chemin de fer est achevé en un temps record et des villes surgissent le long de la ligne. Bon nombre d'habitants de l'Ouest, en particulier des agriculteurs, en viennent à être indignés du monopole du CP. Le CP fixe les tarifs qu'il veut pour le transport des céréales des Prairies jusqu'aux marchés. »

Deir, Elspeth, John Fielding, et al. Le Canada : l'édification d'une nation, Montréal, Chenelière/McGraw-Hill, 2001, p. 175.

5.3 Mouvement des femmes

102) Comment naissent les mouvements féministes, en particulier au Québec?

« Les femmes n'ont pas un statut égal à celui des hommes. La femme mariée est considérée par la loi comme une enfant mineure. Elle est totalement soumise à son mari et doit obtenir son autorisation pour effectuer une transaction ou signer un document. Les jeunes filles n'ont pas les mêmes possibilités d'éducation que les garçons et très peu ont accès à l'université. Elles n'ont pas accès à certaines professions (droit ou médecine). Elles n'ont pas le droit de vote et encore moins celui d'être député, conseiller municipal ou commissaire d'école.

« La prise de conscience de ces inégalités et de cette discrimination amène un certain nombre de femmes à s'organiser pour changer la situation. Le mouvement féministe se manifeste d'abord en Angleterre, aux États-Unis et en d'autres pays avant de gagner le Québec. C'est l'époque des suffragettes qui, en Angleterre, organisent des grèves de la faim ou des manifestations tumultueuses pour obtenir le suffrage, c'est-à-dire le droit de vote. Au début, les féministes québécoises sont surtout présentes à Montréal et elles ne rejoignent qu'un petit groupe de femmes venant des milieux les plus aisés. Les anglophones sont les plus actives et lancent véritablement le mouvement. Certaines francophones, telle Marie Gérin-Lajoie, les suivent, mais elles se heurtent à de fortes résistances. »

Charpentier, Louise, René Durocher, Christian Laville et Paul-André Linteau. Nouvelle histoire du Québec et du Canada, Anjou, Québec, Centre Éducatif et Culturel, 1990, p. 294.

103) Quelles sont les plus importantes organisations de femmes au Canada à la fin du 19e siècle?

« Deux des organisations féministes les plus importantes de l'époque sont la Young Women's Christian Association (YWCA) et la Women's Christian Temperance Union (WCTU). La YWCA est un organisme de charité de premier plan qui forme beaucoup de femmes de la classe ouvrière, ordinairement pour travailler comme domestiques dans des maisons privées. Adelaide Hunter Hoodless collabore avec la YWCA au début de sa croisade en faveur de la sensibilisation à la santé publique.

« Letitia Youmans fonde la WCTU à Picton, en Ontario, en 1874. Elle a assisté à la réunion de fondation de la WCTU américaine et a l'idée de démarrer un groupe semblable à Picton. Comme un grand nombre de femmes, Letitia Youmans a été témoin des effets tragiques de l'alcoolisme. Elle fait le récit d'hommes ivres qui sont morts de froid dans les bancs de neige ou qui ont perdu des membres à cause d'engelures.

« En 1891, plus de 9 000 Canadiennes se joignent à des groupes locaux de la WCTU. La WCTU est en faveur de la prohibition, ou loi interdisant la vente et la consommation d'alcool. »

Deir, Elspeth, John Fielding et al. Le Canada : l'édification d'une nation, Montréal, Chenelière/McGraw-Hill Ryerson, 2001, p. 299.

104) Comment des organisations de femmes s'unissent-elles à la fin du 19e siècle?

« En 1893, les nombreuses organisations féminines s'unissent pour former le Conseil national des femmes du Canada. Tous les groupes et toutes les femmes ne sont pas d'accord avec leurs objectifs mutuels. Adelaide Hoodless, par exemple, n'appuie pas l'idée que les femmes doivent obtenir le droit de vote. Pourtant, l'union des femmes au sein du Conseil national les rend puissantes. Les femmes apprennent comment attirer la publicité et parler en public. Leurs dirigeantes exercent des pressions sur les décideurs au moyen de campagnes de lettres, de pétitions, de défilés et de délégations. En 1910, le Conseil national fait sienne la cause du droit de vote féminin.

« L'obtention du droit de vote est une victoire importante pour les Canadiennes. La campagne est longue, mais elle n'est pas tout à fiat terminée. Les femmes ne sont pas encore considérées légalement comme des « personnes. » La situation ne va changer qu'en 1929. Une foule d'autres inégalités sont contestées tout au long du XXe siècle. »

Deir, Elspeth, John Fielding et al. Le Canada : l'édification d'une nation, Montréal, Chenelière/McGraw-Hill Ryerson, 2001, p. 301.

105) Quelles sont les principales luttes féministes au Québec?

« Les premières revendications féministes portent sur l'accès aux études supérieures et aux professions libérales. On obtient la création d'un collège pour jeunes filles et l'inscription des femmes dans les universités. La résistance est beaucoup plus forte du côté des professions libérales : les avocats, les notaires, les médecins s'opposent farouchement à l'admission des femmes dans leurs rangs et leur entêtement durera longtemps. Par exemple, les Québécoises doivent attendre jusqu'en 1941 pour avoir le droit de pratiquer comme avocates et jusqu'en 1956 pour celui de devenir notaires.

« L'autre grande question est la lutte pour obtenir le droit de vote. Au Canada, la bataille est animée par Nellie McClung. Au Québec, deux femmes, Idola Saint-Jean et Thérèse Casgrain, porteront le flambeau des droits politiques de la femme pendant plusieurs années. Les femmes obtiennent ce droit au niveau fédéral à partir de 1917 et graduellement chacune des provinces l'accorde, sauf le Québec, dont le gouvernement résiste avec force jusqu'en 1940.

« En 1900, les Québécoises avaient un statut comparable à celui des autres Canadiennes. En 1930, elles ont sur elles un retard considérable. La situation a certes évolué, mais moins rapidement qu'ailleurs. Cela s'explique par la résistance très forte des élites traditionnelles francophones. »

Charpentier, Louise, René Durocher, Christian Laville et Paul-André Linteau. Nouvelle histoire du Québec et du Canada, Anjou, Québec, Centre Éducatif et Culturel, 1990, p. 296.

106) Qu'est-ce le parlement fictif de Nellie McClung au Manitoba?

« 27 janvier 1914. Nellie McClung est en colère. De son perchoir dans la salle des visiteurs, la populaire romancière, également mère de cinq enfants, écoute Rodmond Roblin. Le Premier ministre conservateur du Manitoba s'adresse à l'Assemblée législative exclusivement masculine. Roblin explique pourquoi il est dangereux d'accorder aux femmes le droit de suffrage, ou droit de vote, aux élections provinciales.

« Je suis persuadé que le suffrage des femmes [...] détruira les foyers. Les enfants seront abandonnés aux mains des servantes. La majorité des femmes sont émotives et, très souvent, animées d'un enthousiasme mal dirigé. Le droit de vote va être néfaste plutôt que bénéfique.

« Roblin lance un défi aux Manitobaines, mais Nellie McClung et les autres suffragettes, y compris la journaliste Cora Hind, sont à la hauteur de la situation. Le lendemain soir, elles louent une salle de théâtre et mettent en scène une audience fictive de l'Assemblée législative dont tous les membres sont des femmes.

« Les femmes forcent la note, au grand amusement de l'assistance. Nellie McClung, dans le rôle du premier ministre, livre une interprétation mémorable. Un groupe d'hommes réclament le droit de vote et elle réagit en parodiant Roblin. L'auditoire se tord de rire quand Nellie McClung déclare :

« L'ennui, c'est que, si les hommes commencent à voter, ils vont voter à l'excès. La politique déstabilise les hommes. Résultat : comptes impayés, meubles cassés, promesses non tenues et divorces [...] Si les hommes prennent l'habitude de voter, qui sait ce qui peut arriver! Il est déjà assez difficile de les garder à la maison. L'histoire regorge d'exemples malheureux d'hommes dans la vie publique : Néron, Hérode, le roi John?

« Deux ans plus tard, les femmes du Manitoba, de la Colombie-Britannique, de la Saskatchewan et de l'Alberta obtiennent le droit de vote. »

Deir, Elspeth, John Fielding et al. Le Canada : l'édification d'une nation, Montréal, Chenelière/McGraw-Hill, 2001, p. 298.