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Extraits de manuels d'histoire


1. Industrialisation | 2. Urbanisation | 3. Conditions de vie | 4. Guerres mondiales | 5. Politique et mouvements sociaux
 

2. URBANISATION

2.1 La croissance des villes

23) Qu'entend-on par urbanisation?
24) Pourquoi les gens quittent-ils les campagnes?
25) Pourquoi y a-t-il plus d'emplois en ville?
26) Comment s'explique la croissance des villes au 19e siècle, au Québec?
27) Comment s'explique la croissance des villes au 19e siècle, au Canada?
28) Quelles sont la situation géographique et l'origine de la ville de Vancouver?
29) Comment la croissance urbaine se poursuit-elle au début du 20e siècle, au Canada?

2.2 Le fonctionnement des villes

30) Comment les villes s'organisent-elles au Québec?
31) À quels types de problèmes les villes font-elles face au 19e siècle?
32) Quels services publics les villes mettent-elles sur pied?
33) Comment le transport urbain s'organise-t-il?
34) Comment l'aménagement de la ville devient-il un objet de préoccupation?
35) Comment Montréal se distingue-t-elle parmi les autres villes canadiennes?
36) Comment les villes situées à proximité de Montréal se développent-elles?
37) Comment la vie s'organise-t-elle à Barkerville en Colombie-Britannique dans les années 1860?

2. URBANISATION

2.1 La croissance des villes

23) Qu'entend-on par urbanisation?

« À l'époque de la Confédération, moins d'un cinquième de la population du Québec vit dans les villes. Trente ans plus tard, la proportion dépasse le tiers. Ainsi, bien que la population du Québec soit encore majoritairement rurale, elle tend à s'urbaniser de plus en plus. »

Charpentier, Louise, René Durocher, Christian Laville et Paul-André Linteau. Nouvelle histoire du Québec et du Canada, Anjou, Centre éducatif et culturel, 1990, p. 240.

« L'urbanisation est sans doute le phénomène qui a le plus marqué le Québec au début du [20e] siècle. En 1901, seulement 36 % de la population vit dans les villes; trente ans plus tard, cette proportion atteint 60 %. »

Charpentier, Louise, René Durocher, Christian Laville et Paul-André Linteau. Nouvelle histoire du Québec et du Canada, Anjou, Centre éducatif et culturel, 1990, p. 278.

24) Pourquoi les gens quittent-ils les campagnes?

« Les Québécois de la fin du 19e siècle ont la "bougeotte". Mais ce n'est certes pas par caprice. Ils y sont contraints par la situation économique. Dans plusieurs régions, l'agriculture est peu productive et arrive mal à faire vivre les familles. Il suffit d'une ou deux mauvaises récoltes pour que l'agriculteur, endetté, soit forcé de vendre sa terre et de prendre le chemin de l'exil. Dans les vieilles régions agricoles, il y a trop d'enfants pour le nombre de terres disponibles. Arrivés à l'âge adulte, ceux-ci doivent chercher ailleurs un moyen d'assurer leur subsistance.

« C'est ainsi que s'explique l'exode rural en direction soit des États-Unis, soit des villes du Québec. Ces dernières profitent donc d'un afflux de population en quête d'emploi. Entre 1871 et 1901, la proportion des Québécois qui vivent dans les villes passe de 20 % à 36 %. »

Charpentier, Louise, René Durocher, Christian Laville et Paul-André Linteau. Nouvelle histoire du Québec et du Canada, Anjou, Centre éducatif et culturel, 1990, p. 226.

25) Pourquoi y a-t-il plus d'emplois en ville?

« Les déplacements de population s'expliquent par la grande activité économique dans les villes et par les emplois qui y sont créés. L'industrie joue à cet égard un rôle de premier plan puisqu'elle s'implante en milieu urbain. Parfois elle provoque même la création d'une ville nouvelle. C'est, par exemple, une compagnie d'électricité qui donne naissance à Shawinigan, en Mauricie, alors qu'au Saguenay, Arvida est créée de toutes pièces par une compagnie d'aluminium. Mais la ville est aussi le lieu où se concentrent les activités de type "service". La gamme des services offerts à la population s'étend en ce début du 20e siècle, provoquant une forte montée de l'emploi. Les garagistes, les coiffeurs et coiffeuses, les employés de restaurant, les enseignants, les secrétaires, les téléphonistes voient leurs effectifs augmenter, tout comme les petits commerçants, les vendeurs et les vendeuses, pour n'en citer que quelques-uns. »

Charpentier, Louise, René Durocher, Christian Laville et Paul-André Linteau. Nouvelle histoire du Québec et du Canada, Anjou, Centre éducatif et culturel, 1990, p. 278.

26) Comment s'explique la croissance des villes au 19e siècle, au Québec?

« La croissance des villes s'explique d'abord par le développement de l'industrie. Une partie importante des nouveaux emplois industriels est occupée par des immigrants ou par des Québécois, francophones ou anglophones, venant de la campagne.

« Ce phénomène est particulièrement visible à Montréal qui est alors le plus grand centre industriel au Canada. En trente ans, sa population fait plus que doubler, passant de 107 000 en 1871, à 268 000 en 1901 (atteignant même 325 000 habitants si on y ajoute la banlieue). Depuis les années 1830, alors qu'elle a dépassé Québec, Montréal est incontestablement devenue la métropole du Canada. Principal port et important centre ferroviaire, Montréal abrite des centaines d'usines. Les hommes d'affaires les plus puissants du pays y vivent; cependant, la majorité de la population est composée d'ouvriers. C'est aussi une ville anglaise dans son aspect extérieur, même si les Canadiens français y sont les plus nombreux, étant passés de 53 % à 60 % de la population.

« La ville de Québec ne connaît pas une croissance aussi rapide. Elle compte un peu moins de 60 000 habitants en 1871 et n'atteint pas les 70 000 en 1901. Elle fait face à une période difficile, car le déclin du commerce du bois avec l'Angleterre entraîne une chute de l'activité portuaire et la quasi-disparition de la construction navale. Le déménagement à Ottawa du gouvernement du Canada crée aussi un vide. L'arrivée d'industries, en particulier celle de la chaussure, lui permet néanmoins de retenir une population ouvrière.

« L'industrialisation fait également sentir ses effets dans plusieurs villes comme Hull, Sherbrooke, Valleyfield, Saint-Hyacinthe, Saint-Jérôme ou Magog. Elles n'ont pas une population considérable ? les plus peuplées comptent de 11 000 à 14 000 habitants ?mais elles témoignent d'une transformation importante du milieu québécois. »

POPULATION DES PRINCIPALES VILLES DU QUÉBEC, 1871-1901

  1871 1901
Montréal 107 225 267 730
Québec 59 699 68 840
Trois-Rivières 7 570 9 981
Sherbrooke 4 432 11 765
Hull 3 800 13 993
Saint-Hyacinthe 3 746 9 210
Valleyfield 1 800 11 055

Charpentier, Louise, René Durocher, Christian Laville et Paul-André Linteau. Nouvelle histoire du Québec et du Canada, Anjou, Centre éducatif et culturel, 1990, p. 240.

27) Comment s'explique la croissance des villes au 19e siècle, au Canada?

« Plusieurs villes prennent de l'expansion avec l'arrivée du chemin de fer ou profitent du développement ferroviaire pour consolider leur place dans l'économie. Montréal, par exemple, qui est déjà le centre commercial et financier de l'Amérique du Nord britannique grâce à ses installations portuaires, voit s'étendre son influence commerciale sur une zone de plus en plus grande à la suite de la venue du chemin de fer. Le phénomène d'urbanisation touche également des villes moins associées au système ferroviaire. Saint-Jean (N.-B.) voit ainsi sa population passer de 27 000 personnes en 1840 à près de 39 000 en 1861. La ville bénéficie notamment de l'essor des secteurs de la construction navale et du transport maritime. Il en résulte que la proportion d'habitants vivant en milieu urbain pour l'ensemble des colonies passe de 13 p. 100 en 1851 à 16 p. 100 en 1861. À la veille de la Confédération, les villes les plus importantes en Amérique du Nord britannique sont Montréal, Québec, Saint-Jean, Toronto, Halifax, Hamilton, Kingston, Ottawa et London. »

Couturier, Jacques Paul. L'expérience canadienne, des origines à nos jours, Moncton, Éditions d'Acadie, 1994, p. 159.

28) Quelles sont la situation géographique et l'origine de la ville de Vancouver?

« Vancouver est la plus jeune agglomération d'importance en Colombie-Britannique. Presque toutes les autres grandes agglomérations sont nées au temps du commerce des fourrures ou durant la période de la ruée vers l'or de la Cariboo. La péninsule où Vancouver s'est développée était couverte d'une forêt dense, tandis que [la baie] Burrard Inlet n'était alimentée par aucun cours d'eau. Ces facteurs ont longtemps dissuadé les gens de s'établir dans la région. »

Cranny, Michael et al. Le Canada, La poussée vers l'Ouest, Montréal, Éditions de la Chenelière, 2002, p. 230.

29) Comment la croissance urbaine se poursuit-elle au début du 20e siècle, au Canada?

« Bien des colons vont revenir sur leur décision initiale et abandonner le défrichement des terres de colonisation. À l'instar de plusieurs nouveaux arrivants, ils vont préférer aller s'établir à la ville et travailler en usine. Ils vont ainsi contribuer à renforcer le processus d'urbanisation et d'industrialisation. Ces deux éléments constituent donc une autre caractéristique fondamentale du Canada au début du 20e siècle. »

Couturier, Jacques Paul. L'expérience canadienne, des origines à nos jours, Moncton, Éditions d'Acadie, 1994, p. 239.

« Le tableau ci-dessous illustre la croissance de quatre grandes villes canadiennes. Cette croissance urbaine se faisait souvent au détriment des secteurs ruraux et de régions comme les Maritimes. Après 1901, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse et l'Île-du-Prince-Édouard sont les provinces qui ont souffert le plus de l'exode de leur population.

Croissance des villes, 1896-1931

  1896 1901 1911 1921 1931
Montréal 219 616 328 172 490 504 618 566 818 577
Toronto 181 215 209 892 381 833 521 893 631 207
Winnipeg 25 639 42 340 136 035 179 087 218 785
Québec 63 090 68 840 78 710 95 193 130 594
Halifax 39 500 40 832 46 619 58 372 59 275

Le nombre de villes du Québec comptant plus de 5 000 habitants a doublé, passant de dix en 1900 à vingt en 1930. Montréal était en tête de liste de la province, un tiers de la population vivant sur l'île de Montréal. Dans les années 1920, la ville accueillit 200 000 personnes de plus, se dotant ainsi d'une population de plus d'un million d'habitants. » [trad.]

Dickinson, John A. et Brian Young. Diverse Pasts, a History of Québec and Canada. Mississauga, Copp Clark, 1995, p. 285.

« L'augmentation et la concentration des activités industrielles contribuent largement à l'urbanisation de la société canadienne. La création de nombreuses manufactures dans les villes requiert l'embauche d'un grand nombre de travailleurs. Dans la foulée de services de transport, les banques viennent s'y établir et les établissements commerciaux s'y multiplient. Dans toutes les régions du pays, les centres urbains étendent leur rayonnement sur les régions avoisinantes et fournissent des biens manufacturés et des services aux habitants des milieux ruraux. Montréal et Toronto, les plus grandes villes industrielles du Canada, approchent toutes deux le cap du demi-million d'habitants. Dans l'Ouest, la croissance urbaine est spectaculaire. Les villes sont en pleine effervescence : Winnipeg, Vancouver et Saskatoon connaissent une formidable explosion démographique. La population urbaine du Canada augmente de 63 p. 100 au cours de la première décennie du 20e siècle. Tandis que le Canada comptait 58 villes de plus de 5 000 habitants en 1901, il en dénombre 90 en 1911. »

Couturier, Jacques Paul. L'expérience canadienne, des origines à nos jours, Moncton, Éditions d'Acadie, 1994, p. 240.

CROISSANCE DE LA POPULATION DE CERTAINES VILLES CHOISIES, 1901-1911

  POPULATION POPULATION taux de croissance
VILLE 1901 1911 (%)
Halifax 40 832 46 619 14,2
Saint-Jean (N.-B.) 40 711 42 511 4,4
Québec 68 840 78 710 14,3
Montréal 328 172 490 504 49,5
Ottawa 59 928 87 062 45,3
Toronto 209 892 381 833 81,9
Hamilton 53 634 81 969 55,7
Winnipeg 42 340 136 035 221,3
Regina 2 249 30213 1 243,4
Saskatoon 113 12 004 10 523,0
Calgary 4 392 43 704 895,1
Edmonton 4 176 31 064 643,9
Vancouver 27 010 100 401 271,7

Couturier, Jacques Paul. L'expérience canadienne, des origines à nos jours, Moncton, Éditions d'Acadie, 1994, p. 241. [trad.]

2.2 Le fonctionnement des villes

30) Comment les villes s'organisent-elles au Québec?

« Ce n'est pas seulement la place des villes dans le Québec qui change. Les villes elles-mêmes se modifient dans leur organisation et leur fonctionnement. Les grandes villes ont maintenant [vers la fin du 19e siècle] des quartiers beaucoup plus identifiés et distincts les uns des autres. Dans la métropole, les résidences privées du Vieux-Montréal font place aux nouveaux édifices commerciaux et administratifs qui comptent plusieurs étages. Les riches bourgeois se font construire de superbes résidences sur les pentes du mont Royal, alors que la population ouvrière s'installe près des usines. La croissance de la population est tellement forte qu'elle déborde les limites de la ville : c'est la naissance des villes de banlieue comme Hochelaga, Saint-Jean-Baptiste, Sainte-Cunégonde ou Saint-Henri. À Québec, on élève des édifices commerciaux dans l'ancienne basse-ville (près du port), pendant que le nouveau quartier de Saint-Sauveur se peuple d'ouvriers canadiens-français. »

Charpentier, Louise, René Durocher, Christian Laville et Paul-André Linteau. Nouvelle histoire du Québec et du Canada, Anjou, Centre éducatif et culturel, 1990, p. 240-241.

31) À quels types de problèmes les villes font-elles face au 19e siècle?

« L'augmentation de la population des villes crée des problèmes d'ajustement auxquels il faut trouver des solutions. Le moindre incendie peut se répandre rapidement et jeter sur le pavé des centaines de familles. Les pompiers volontaires sont débordés et les municipalités doivent mettre sur pied un service des incendies permanent, réparti dans plusieurs postes. Elles doivent construire des aqueducs pour remplacer les vendeurs d'eau qui parcouraient les rues avec leurs barils montés sur roues et tirés par des chevaux. Cette transformation s'impose aussi bien pour éteindre les feux que pour alimenter la population en eau.

« Outre le fléau des incendies, Montréal doit faire face aux inondations. Les eaux du Saint-Laurent débordent régulièrement, envahissant les rues situées à proximité du port. La crue de 1888, la plus forte jamais enregistrée, amène les autorités à construire un mur de protection contre les inondations. »

Charpentier, Louise, René Durocher, Christian Laville et Paul-André Linteau. Nouvelle histoire du Québec et du Canada, Anjou, Centre éducatif et culturel, 1990, p. 240-241.

« Dans les villes, l'hygiène fait défaut. Les déchets sont jetés dans la rue ou empilés dans les cours. Ainsi, en 1876, la ville de Montréal met sur pied un Bureau de santé et prend des mesures visant à réglementer les conditions d'hygiène. En 1886, l'Assemblée législative adopte une loi établissant un Conseil provincial d'hygiène et obligeant les municipalités à former un bureau local de santé. Malgré tout, en 1896, on compte encore à Montréal plus de 5 000 logements possédant des toilettes extérieures. »

Allard, Michel, Katy Tari et Guy Vadeboncoeur. Fenêtres sur l'histoire, [Logiciel], Montréal, Micro-Intel, 1994.

32) Quels services publics les villes mettent-elles sur pied?

« Le développement des villes incite les autorités municipales à mettre sur pied une série de services publics qui visent à assurer les nécessités de la vie et à policer la vie d'une population nombreuse vivant sur un espace restreint. Les services d'aqueducs, d'égouts, de gaz, d'électricité, de transport en commun, de police et de pompiers sont mis sur pied dans la seconde moitié du XIXe siècle. Ainsi, en 1852, un nouvel aqueduc est construit à Montréal. En 1854 le service d'égouts et d'aqueduc de la ville de Québec est inauguré. Suite à un important incendie qui, en 1866, ravage à Québec une partie des quartiers Saint-Roch et Saint-Sauveur, une première brigade de feu est mise sur pied. En l'an 1878, un premier téléphone à des fins commerciales est mis en opération à Montréal. La même année, on utilise à Montréal pour la première fois au Canada l'éclairage électrique. L'année suivante, quelques rues sont éclairées. En l'année 1880, la Compagnie de téléphone Bell est établie. Le premier annuaire téléphonique paraît à Montréal. En 1886, l'éclairage électrique remplace celui au gaz. La vie urbaine s'organise et se réglemente pour améliorer le bien-être de tous et de chacun. Toutefois, il faut signaler que la mise sur pied de services publics est souvent le fait de compagnies privées. Les villes se contentent de les réglementer et de les racheter lorsqu'ils s'avèrent déficitaires. »

Allard, Michel, Katy Tari et Guy Vadeboncoeur. Fenêtres sur l'histoire, [Logiciel], Montréal, Micro-Intel, 1994.

33) Comment le transport urbain s'organise-t-il?

« Pour se déplacer, les citadins vont généralement à pied : seuls les plus riches peuvent payer les services d'un cocher ou avoir leur propre cheval. Avec l'extension de la ville, on organise le transport en commun. Les premiers tramways, qui font leur apparition en 1861 à Montréal et à Québec, roulent sur des rails mais sont tirés par des chevaux. Il faut attendre 1892 pour voir circuler les tramways électriques. »

Charpentier, Louise, René Durocher, Christian Laville et Paul-André Linteau. Nouvelle histoire du Québec et du Canada, Anjou, Centre éducatif et culturel, 1990, p. 242.

« Au Canada, (au début du 20e siècle) 46 centres urbains ont un système de tramways. Au Québec, on en trouve à Montréal et à Québec et dans leurs municipalités environnantes, ainsi qu'à Hull, Lévis, Sherbrooke et Trois-Rivières. »

[...]

« [À Montréal] le tramway électrique, inauguré en 1892, favorise l'expansion de la banlieue parce qu'il permet aux travailleurs d'habiter plus loin de leur lieu de travail sans avoir à parcourir à pied de longues distances. »

Charpentier, Louise, René Durocher, Christian Laville et Paul-André Linteau. Nouvelle histoire du Québec et du Canada, Anjou, Centre éducatif et culturel, 1990, p. 279.

« Les tramways électriques, auxquels Montréal ajouta un service d'autobus en 1925, ont créé de nouvelles formes de vie urbaine. Les zones industrielles se sont prolongées le long du canal Lachine vers l'ouest, le long du port vers l'est, et le long du boulevard Saint-Laurent et des rails du CP vers le nord. Les communautés d'ouvriers situées à proximité de ces zones, comme Verdun, Rosemont et Maisonneuve [?] prirent rapidement de l'expansion. » [trad.]

Dickinson, John A. et Brian Young. Diverse Pasts, a History of Québec and Canada. Mississauga, Copp Clark, 1995, p. 287.

34) Comment l'aménagement de la ville devient-il un objet de préoccupation?

« Avec la croissance urbaine, les administrateurs au Canada ont commencé à s'inquiéter de la laideur et de l'insalubrité des villes. Dans les années 1890, des architectes et des urbanistes du mouvement City Beautiful avaient élaboré un code du bâtiment, des règlements en matière de zonage et des plans prévoyant l'aménagement de grands parcs et d'édifices publics. En 1904, Percy Nobbs, professeur d'architecture à l'Université McGill, expliqua comment il envisageait la croissance de la ville :

Chaque rue de la ville devrait être la plus belle possible, et chaque bâtiment, dans la mesure du possible, devrait être en harmonie avec le plan d'ensemble; alors seulement, nous aurons une belle ville. Ce n'est pas en érigeant une élégante structure ici et là que vous apporterez une amélioration notable. Ni même en aménageant un petit parc, quoique cela soit un pas dans la bonne direction. La construction de la ville dans son ensemble devrait être effectuée avec le meilleur goût possible! » [trad.]

Dickinson, John A. et Brian Young. Diverse Pasts, a History of Québec and Canada. Mississauga, Copp Clark, 1995, p. 285.

« Si les citadins n'étaient jamais bien loin de la campagne dans les années 1880 [?], l'urbanisation rapide a créé la nécessité d'une meilleure planification. La création d'un parc sur le mont Royal et l'intégration de parcs dans la communauté industrielle de Maisonneuve, dans l'est de Montréal, constituaient deux réponses au besoin d'espaces verts des villes.

« L'aménagement de grands parcs urbains était une priorité du mouvement City Beautiful. Alors que les villes devenaient de plus en plus grandes et sales, les urbanistes ont constaté la nécessité pour les citoyens de bénéficier d'installations récréatives. Les activités de plein air étaient devenues importantes ? même en hiver [?] En même temps, les entrepreneurs pouvaient augmenter leurs profits en construisant des maisons luxueuses sur les magnifiques sites entourant les parcs.

« Voyant que les vieux parcs comme celui de l'île Sainte-Hélène commençaient à être bondés, les pères de la ville se sont tournés vers le sommet du mont Royal. Les flancs de la montagne étaient déjà occupés par l'Université McGill, l'aqueduc de la ville, l'Hôtel-Dieu et des dizaines de domaines appartenant aux bien nantis. Cependant, il restait près de 175 hectares de terre boisée au sommet de la montagne, et dans les années 1870, après avoir acquis le lot pour un million de dollars, la ville engagea Frederick Law Olmsted pour dessiner un parc. Olmsted, alors le plus célèbre architecte paysagiste en Amérique du Nord, avait aménagé Central Park à New York. Il voulait préserver le caractère « naturel » du mont Royal, auquel il réservait une mission sociale :

C'est commettre une grave erreur que de supposer que la valeur d'un charmant paysage naturel réside uniquement dans les bienfaits qu'il nous procure en nous changeant les idées, en nous faisant faire de l'exercice et en nous faisant prendre du bon air. D'abord et avant tout, il agit d'une manière plus directe pour permettre aux hommes de mieux résister aux influences néfastes de la vie urbaine ordinaire, et de retrouver ce que celle-ci leur a enlevé. C'est donc, en termes médicaux, un agent d'une nécessité vitale. Il n'existe pas en pharmacie de médicament plus important pour la santé et la vigueur ou pour le bien-être des travailleurs et des contribuables d'une grande ville. En ce sens, les parcs demeurent pratiquement le seul moyen accessible à tous. » [trad.]

Dickinson, John A. et Brian Young. Diverse Pasts, a History of Québec and Canada. Mississauga, Copp Clark, 1995, p. 287.

35) Comment Montréal se distingue-t-elle parmi les autres villes canadiennes?

« Montréal, métropole du Québec et du Canada.

« La croissance urbaine ne se fait pas au même rythme sur tout le territoire. Montréal dépasse de loin toutes les autres villes. Elle est d'ailleurs entourée d'un grand nombre de petites municipalités dont la plupart sont annexées au début du siècle. Le tramway électrique, inauguré en 1892, favorise l'expansion de la banlieue parce qu'il permet aux travailleurs d'habiter plus loin de leur lieu de travail sans avoir à parcourir à pied de longues distances. Avec sa banlieue, Montréal compte plus d'un million d'habitants en 1931. Les grandes banques et grandes compagnies qui oeuvrent à l'échelle canadienne y ont leur siège social. Même si la majorité de la population est d'origine française (environ 60 %), la métropole abrite une importante minorité (plus du quart de sa population) d'origine britannique qui domine le milieu des affaires.

« "Deuxième plus grande ville française au monde", Montréal a cependant un visage anglais, particulièrement visible dans l'affichage. Elle devient aussi beaucoup plus cosmopolite : les buanderies chinoises, les boutiques juives, les paroisses italiennes témoignent de cette diversité ethnique.

« Le caractère unique de Montréal donne au réseau urbain du Québec un aspect particulier. »

Charpentier, Louise, René Durocher, Christian Laville et Paul-André Linteau. Nouvelle histoire du Québec et du Canada, Anjou, Centre éducatif et culturel, 1990, p. 279.

« En 1915, Montréal est desservie par trois grandes compagnies de chemin de fer : le Canadien Pacifique, le Grand Tronc et le Canadien Nord. De nombreuses lignes relient la métropole à toutes les grandes villes nord-américaines. »

Charpentier, Louise, René Durocher, Christian Laville et Paul-André Linteau. Nouvelle histoire du Québec et du Canada, Anjou, Centre éducatif et culturel, 1990, p. 281.

« Un livre publicitaire, publié en 1915, explique ainsi la croissance de Montréal :

Ce développement phénoménal est en grande partie attribuable à la situation unique de la ville. D'autres villes de ce continent ont des installations ferroviaires comparables; d'autres profitent de la navigation intérieure; d'autres centres industriels sont aussi des ports océaniques; mais aucune autre ville n'a une aussi favorable combinaison de ces trois avantages. Montréal peut ainsi transformer les matières premières et expédier des produits manufacturés plus facilement que toute autre ville sur le continent nord-américain. Aujourd'hui Montréal produit 16 % des biens manufacturés au Canada et paye 17 % du total des salaires industriels. (Montreal Old and New, 1915). »

Charpentier, Louise, René Durocher, Christian Laville et Paul-André Linteau. Nouvelle histoire du Québec et du Canada, Anjou, Centre éducatif et culturel, 1990, p. 280-281.

36) Comment les villes situées à proximité de Montréal se développent-elles?

« À l'autre extrémité de Montréal par rapport à Maisonneuve, la ville de Verdun se développait le long du Saint-Laurent entre le fleuve et le canal Lachine. En 1893, c'était un village de 300 habitants; quinze ans plus tard, sa population de 8 000 habitants bénéficiait de trottoirs en ciment, d'un aqueduc, d'une salle de théâtre et d'une ligne de tramway électrique jusqu'à Montréal. Les gens travaillaient dans les usines le long du canal Lachine. Durant la Deuxième Guerre mondiale, on construisit à Verdun une importante usine de munitions [...] » [trad.]

Dickinson, John A. et Brian Young. Diverse Pasts, a History of Québec and Canada. Mississauga, Copp Clark, 1995, p. 287.

37) Comment la vie s'organise-t-elle à Barkerville en Colombie-Britannique dans les années 1860?

« La plus grande ville de la région était Barkerville, située dans la partie ouest de la chaîne de montagnes Cariboo. On la nomma ainsi en l'honneur de Billy Barker, un marin de Cambridgeshire, en Angleterre, qui y avait découvert de l'or en 1862. Barkerville se construisit presque du jour au lendemain; le bouche à oreille fut tout ce qu'il fallut pour y attirer et faire croître la population. En fait, on bâtit le village aussi vite que se propagea la nouvelle de la découverte de gisements d'or. En tout, 1 100 kilogrammes d'or furent extraits du claim minier de Barkerville.

« [?] À ses débuts, la ville était constituée uniquement de tentes et d'abris de fortune. Au milieu des années 1860, toutefois, on trouvait une population d'environ 5 000 habitants : la plus nombreuse au nord de San Francisco et à l'ouest de Chicago. Même si sa population était transitoire - qui ne dure pas longtemps - et fortement dépendante des mines, Barkerville devint de moins en moins une ville de service ? ville dont l'existence sert principalement à fournir des services - et de plus en plus une communauté véritable. Il y avait plusieurs magasins généraux, des établissements de pension, un drugstore qui vendait des journaux et des cigares, un barbier qui accueillait aussi les femmes, le « Wake-Up Jake Restaurant and Coffee Saloon», un théâtre (le théâtre Royal) et une société littéraire (la Cariboo Literary Society). Les courses de chevaux et les combats de boxe étaient des divertissements très courus. Et la partie soi-disant sobre de la population se rendait assidûment aux services religieux. »

Cranny, Michael et al. Le Canada, La poussée vers l'Ouest, Montréal, Éditions de la Chenelière, 2002, p. 222-223.