Le Musée McCord pose un
regard nouveau
sur les Villes du Canada
Montréal, le mercredi
11 février 2004 — Le Musée McCord présente une
nouvelle perspective sur le paysage urbain du Canada des années
1950 avec l'exposition Villes du Canada — la collection
Seagram, en montre du 12 février au 12 avril 2004. Ces
quarante magnifiques paysages urbains
ont été commandés à l'origine à différents
artistes en vue de monter une exposition d'art, également
intitulée Villes du Canada, qui a entrepris une tournée
nationale et internationale de 1953 à 1955. Organisée par le
conservateur invité Ihor Holubizky, l'exposition Villes du
Canada du McCord revisite certaines œuvres clés de la
première exposition du même nom, explore l'époque unique de
leur création, et montre le lien de ces œuvres avec l'émergence
du Canada sur la scène mondiale d'après-guerre.
L'instigateur de cette
initiative artistique originale était Samuel Bronfman
(1898-1971), chef de la Maison Seagram et magnat de l'empire
du whisky. Capitaine d'industrie légendaire, Bronfman
rejetait l'image stéréotypée du Canada qui persiste encore
aujourd'hui — celle d'une contrée sauvage vaste et
idyllique — et croyait que l'entreprise privée avait la
responsabilité de faire sa part pour promouvoir son pays
aussi bien que vendre ses produits sur le marché mondial.
C'est la raison pour laquelle Bronfman a commandé
quatre-vingt-dix tableaux de centres urbains du Canada, dont
une sélection a été exposée dans seize villes des Amériques
et d'Europe en 1953-1954. Cette exposition a parcouru près de
50 000 kilomètres en commençant par San Juan, poursuivant
son itinéraire à la Havane, Mexico, Caracas, Rio de Janeiro,
Sao Paulo, Buenos Aires, Montevideo, Londres, Paris, Rome, Genève,
Stockholm, La Haye, Madrid pour finalement être présentée
aux membres des Forces Armées canadiennes à Loest en
Allemagne de l'Ouest et entreprendre une tournée
pan-canadienne en 1954-1955.
Aucune exposition
canadienne n'avait auparavant suivi un tel itinéraire.
L'exposition initiale Villes du Canada a permis de présenter
au reste du monde une autre image du Grand Nord immaculé,
l'image d'une région où « poussent des villes le long
du littoral, au milieu des plaines, au pied des montagnes »,
d'une région dynamique, urbanisée et industrielle.
Certaines oeuvres ont aussi été utilisées dans les publicités
de Seagram V.O. (whisky), qui ont été diffusées dans des
publications internationales telles Time et Life
et dans les médias locaux de plusieurs pays.
Plusieurs de ces tableaux
n'ont jamais été présentées en public depuis 1967. Des
quatre-vingt-dix œuvres commandées par Bronfman,
quatre-vingt-trois ont été données au McCord par la
compagnie Seagram lteé en 2000 et, cette même année, la Commission
canadienne d'examen des exportations de biens culturels, un
tribunal indépendant du ministère du Patrimoine canadien,
lui reconnaissait le statut d' une collection d'importance
nationale. Cette exposition du Musée McCord offre une
occasion unique d'admirer ces œuvres et de revisiter, 50 ans
plus tard, les circonstances extraordinaires qui en ont permis
la création.
L'ambitieux projet Seagram
réunissait autant de jeunes artistes que des grands noms de
l'art canadien. Le processus de sélection fut mené par les
artistes chevronnés Robert Pilot et A.Y. Jackson, qui ont
tous deux joué un rôle important dans la formation de l'école
de peinture nationale moderne durant la première moitié du
vingtième siècle. Parmi les autres artistes participants à
cette exposition et qui maintenant comptent dans l'histoire de
l'art canadien, mentionnons Goodridge Roberts, Frederick B.
Taylor et Albert Cloutier. Selon le conservateur invité Ihor
Holubizky, le résultat de leurs efforts combinés est
« un mélange souvent étonnant de réalisme et de
sublimité picturale », comme dans la représentation de
A.J. Casson des aciéries et des cheminées d'usine qui se détachent
de la ligne d'horizon de Hamilton, ou dans la vue d'Edmonton décrite
par l'artiste Charles Comfort comme « l'épicentre d'un
secteur industriel en plein essor ».
Dans les années 1950, le
Canada était en train de se forger une nouvelle identité
nationale, et les tableaux de Villes du Canada reflètent
cette émergence aussi clairement quele recensement de 1951. La population avait triplé
dans la première moitié du vingtième siècle, et près de
57 % des Canadiens vivaient dès lors en milieu urbain.
Le Canada était une véritable nation de citadins, au-delà
du stéréotype de pays rude et sauvage, et Bronfman avait
bien l'intention de véhiculer ce message aux quatre coins du
monde afin, comme il l'a lui-même expliqué, « de
familiariser les pays de l'étranger avec notre vie urbaine ».
Villes du Canada — la collection Seagram est présentée au Musée McCord du 12 février au 12 avril 2004.
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Images disponibles sur
demande.
Renseignements :
Nike Langevin
Chef des
Téléphone : (514) 398-7100, poste 251
nike.langevin@mccord.mcgill.ca
Le McCord désire remercier de leur soutien le ministère de la Culture et des Communications et le Conseil des arts de Montréal.
