Chefs-d'œuvre d'art
militaire présentés au Musée McCord
L'exposition historique,
réalisée par Musée canadien de la guerre et le Musée
canadien des civilisations, montre les œuvres d'artistes
canadiens très renommés
Montréal, le 10
novembre 2003 — Le Musée McCord inaugure aujourd'hui
l'exposition des œuvres d'artistes les plus connus au Canada.
Tableaux de guerre — chefs-d'œuvre du Musée canadien de
la guerre est la plus importante exposition jamais montée
sur les œuvres méconnues de la vaste collection d'art
militaire du Musée canadien de la guerre. Le Musée McCord
abritera l'exposition jusqu'au 25 janvier 2004.
Au total, plus 60 œuvres
font partie de cette exposition remarquable, y compris des
peintures de Charles Comfort, Alex Colville, Molly Lamb Bobak
et quatre membres du Groupe des Sept. De nombreuses peintures
n'ont pas été exposées depuis 80 ans et d'autres n'ont
jamais été vues en public. Des réjouissances d'une fête de
l'Armistice à la triste scène d'un marin qui se noie, ces œuvres
éloquentes sont un puissant témoignage de l'expérience
canadienne en temps de guerre.
L'origine des collections
d'art militaire du Canada remonte à l'initiative de Lord
Beaverbrook, entrepreneur né au Canada, magnat de la presse
et, plus tard, ministre du cabinet anglais. Au cours de la
Première Guerre mondiale, il a établi les Fonds des
Souvenirs de guerre canadiens, grâce auxquels nombre
d'artistes de prestige ont pu illustrer les efforts de guerre
déployés par le Canada à l'étranger et au pays. Toutefois,
son plan de construire un édifice permettant l'exposition
permanente des quelque 1000 peintures n'a jamais été concrétisé
et la collection a été remise à la Galerie nationale du
Canada (actuellement le Musée des beaux-arts du Canada).
Les Fonds des Souvenirs de
guerre canadiens ont conduit à l'établissement du programme
de la Collection d'œuvres canadiennes commémoratives de la
Seconde Guerre mondiale. Trente et un artistes ont été appelés
à dépeindre les activités de l'armée de terre, de la
marine et de l'armée de l'air du Canada. Ils ont ainsi représenté
le Canada en temps de guerre et les exploits militaires
canadiens en Italie et dans le Nord-Ouest de l'Europe.
En 1946, plus de 5 000 œuvres
d'art issues du programme ont été déposées à la Galerie
nationale du Canada, joignant ainsi les peintures de la Première
Guerre mondiale. En 1971, les deux collections d'art militaire
ont été transférées au Musée canadien de la guerre.
Toutefois, seulement quelques pièces ont été exposées
depuis, étant donné l'absence de galerie d'art permanente au
Musée canadien de la guerre. La restauration et l'exposition
des œuvres composant Tableaux de guerre constituent,
depuis leur création, la plus grande attention portée à la
collection d'art militaire au Canada.
La collection d'art
militaire du Musée canadien de la guerre regroupe plus de 13
000 œuvres de toutes sortes : peintures, aquarelles, dessins,
estampes et sculptures. Elle réunit à la fois les Souvenirs
de guerre canadiens de la Première Guerre mondiale et la
Collection d'œuvres canadiennes commémoratives de la Seconde
Guerre mondiale. À l'ensemble, s'ajoute la Collection du
Programme d'aide des Forces canadiennes aux artistes civils
qui, pour sa part, porte principalement sur les missions de
maintien de la paix auxquelles ont participé les Forces
canadienne.
Tableaux de guerre — chefs-d'œuvre du Musée canadien de la guerre est présentée jusqu'au 25 janvier 2004 au Musée McCord (690, rue Sherbrooke Ouest, Montréal). Une gamme d'activités culturelles et de programmes scolaires complète la présentation de Tableaux de guerre.
Le Groupe des Sept
La Grande Guerre et le paysage canadien
Le Groupe des Sept est le
groupe d'artistes canadiens le plus connu et le plus influent
à avoir travaillé au Canada au XXe siècle. Ses
premiers membres, F.H. Varley, A.Y. Jackson, Franklin
Carmichael, Lawren Harris, J.E.H. MacDonald, Arthur Lismer et
Frank H. (Franz) Johnston ont exposé pour la première fois
en 1920 en tant que groupe. LeMoine FitzGerald, Edwin Holgate
et A.J. Casson se sont plus tard joints à eux. Le Groupe des
Sept a cessé d'exposer en 1931.
Les expériences des
membres originaux du Groupe de Sept au cours de la Première
Guerre mondiale ont influencé l'évolution de leurs styles
picturaux. Alors que l'art paysager d'après-guerre des
membres du Groupe est très bien connu, leurs œuvres d'art
militaire ne le sont pas. Par conséquent, on n'a pas généralement
conscience de la mesure dans laquelle leurs compositions d'après
1920, particulièrement dans l'utilisation d'arbres morts et
de paysages dévastés, s'inspirent des paysages de la Grande
Guerre. Et plus le public pourra voir leurs œuvres d'art
militaire, soit grâce à des expositions, soit, comme on peut
le faire maintenant, sur Internet, plus il deviendra manifeste
que la guerre n'a pas eu seulement des répercussions sur la
nation, mais qu'elle a été le creuset dans lequel s'est forgé
l'art canadien.
Les femmes à la guerre
et artistes de guerre
Les femmes artistes ont
pour la plupart été embauchées pour peindre le travail des
femmes, mais au cours de la Première Guerre mondiale, le
monde du travail a évolué, des milliers de femmes occupant
des emplois habituellement réservés aux
hommes. L'impressionnante représentation d'ouvrières
remplissant des douilles dans une manufacture de munitions, œuvre
de Mabel May, illustre les répercussions de la guerre sur la
présence des femmes au travail, celles-ci assumant de
nouvelles responsabilités pour soutenir l'effort de guerre.
La peinture lyrique de Manly MacDonald, Jeunes paysannes en
train de sarcler, illustre aussi la mesure dans laquelle
les femmes ont remplacé les hommes partis au combat.
Trois services féminins
ont été créés au cours de la Deuxième Guerre mondiale :
le Service féminin de l'Armée canadienne, le Service féminin
de la Marine royale du Canada et la Division féminine de
l'Aviation royale du Canada. Les femmes, militaires et
civiles, se voyaient confier de nouvelles tâches, par exemple
la construction des avions, mais également d'autres fonctions
plus traditionnelles comme le travail de bureau.
Molly Lamb a été la seule
femme artiste de guerre officielle. Elle a illustré le
travail du Service féminin de l'Armée canadienne outre-mer
en 1945. Engagée par la Galerie nationale du Canada, Pegi
Nicol MacLeod a, pour sa part, représenté des femmes des
trois services féminins au travail à Ottawa en 1944 et 1945.
La filière québécoise
Les artistes qui sont nés
ou qui ont vécu au Québec sont d'une importance primordiale
eu égard aux œuvres que l'on peut admirer dans l'exposition Tableaux
de guerre — chefs-d'œuvre du Musée canadien de la guerre.
Sur les quelques soixante œuvres présentées, vingt sont
dues au pinceau d'artistes qui sont étroitement associés à
cette province. Si l'on exclut dix-sept œuvres d'artistes étrangers,
40 p. 100 des œuvres canadiennes restantes ont été réalisées
par des peintres québécois. En fait, cette exposition vient
étayer la théorie selon laquelle la communauté artistique
québécoise a joué un rôle de premier plan dans l'évolution
de l'art canadien au début du XXe siècle
Les artistes de la Première
Guerre mondiale A.Y. Jackson, Maurice Cullen, Richard Jack,
Arthur Lismer et Mabel May ont commencé leur carrière au Québec.
Bien qu'ils n'y aient pas tous reçu leur formation, ils ont
influencé des générations d'artistes de la province et du
Canada. Parmi les artistes de la Deuxième Guerre mondiale
figurant dans l'exposition qui ont habité et beaucoup
travaillé au Québec, on peut citer Harold Beament, Albert
Cloutier, Edwin Holgate, T.R. MacDonald, Pegi Nicol Macleod,
Jack Nichols, Will Ogilvie, Moe Reinblatt et Campbell Tinning.
Sujets québécois
L'artiste belge Alfred
Bastien a été affecté au célèbre Royal 22e Régiment
pendant la Première Guerre mondiale. Des trois œuvres de cet
artiste figurant dans l'exposition, À l'assaut,
Neuville-Vitasse est la plus admirée. Le futur gouverneur-général
Georges Vanier a affirmé qu'il était le soldat tenant le
pistolet au premier-plan de l'œuvre. Le Royal 22e
Régiment s'est également battu lors de la bataille de
Courcelette (1916), à Ortona (1943), à Campobasso (1944) et
à Carpiquet (1944). Le Three Rivers Regiment était à Ortona
(1944), le Sherbrooke Fusiliers Regiment à Falaise (1944) et
à Carpiquet (1944) et le Régiment de la Chaudière a
combattu à Falaise (1944). Ces événements sont tous représentés
dans l'exposition.
Les toiles montrent également
comment la population québécoise a contribué à l'effort de
guerre pendant les deux conflits. Les femmes qui remplissent
des douilles dans la composition de Mabel May sont de Montréal.
O'Kill Learmonth, qui a été décoré de la Croix de Victoria
et qu'on voit également sur l'affiche de l'exposition, est né
et a vécu à Québec, alors que le Canadien d'origine
autochtone Lloyd George Moore était membre du Three Rivers
Regiment.
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Renseignements :
Nike Langevin
Chef des Communications
Musée McCord
Téléphone : (514) 398-7100, poste 251
nike.langevin@mccord.mcgill.ca
Cette exposition itinérante est réalisée par le Musée canadien de la guerre et le Musée canadien des civilisations.

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