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Aislin (né en 1942), caricaturiste

Par Christian Vachon et Annick Poussart

David Ross McCord, fondateur du Musée McCord, était conscient du témoignage inestimable qu'apporte la caricature sur l'histoire contemporaine. Ainsi débuta une collection qui compte aujourd'hui plus de 20 000 merveilles, signées depuis 1759 par nos plus grands caricaturistes politiques.

Média de l'immédiat, la caricature politique fait naître parfois des dessins si justes et si drôles qu'ils s'abattent sur la victime tel un éclair - provoquant force réactions chez cette dernière.

Le caricaturiste Terry Mosher (alias Aislin) (né en 1942), sur les traces de ses prédécesseurs George Townshend (1724-1807), John H. Walker (1831-1899), Henri Julien (1852-1908), Arthur Racey (1870-1941) et John Collins (né en 1917), a ainsi fait de la houle, pour ne pas dire des vagues. La caricature passe, la nature humaine demeure!

Terry Mosher, alias Aislin*

* Nom de plume de Mosher et prénom de sa fille aînée.

Né à Ottawa en 1942,Terry Mosher adore ramener les grands de ce monde sur le plancher des vaches, comme en témoignent les nuages de pellicules qui émanent de la chevelure de ses victimes.

Il débute comme caricaturiste pigiste après avoir étudié dans 14 écoles, dont la Toronto's Central Technical School et l'École des beaux-arts de Québec. Il se joint au Montreal Star en 1969 puis à The Gazette en 1972, où il continue depuis d'inventer la caricature éditoriale. Il réalise pour ce journal de multiples dessins au Canada, aux États-Unis, en Irlande du Nord, en Russie, à Cuba et en Afrique du Nord. Il est aussi dessinateur à la pige pour The Atlantic Monthly, Harper's, The National, Time, The Washington Star, The New York Times et Punch.

Il fut cinq fois lauréat au Salon international de la caricature, deux fois lauréat du National Newspaper Award (1977, 1978) et en 1985, il devint le plus jeune membre jamais admis au Canadian News Hall of Fame.

Il a publié de nombreux livres à titre d'auteur ou d'illustrateur. Au milieu des années 1990, il anime une émission radiophonique sur la chaîne montréalaise CJAD. Il expose sa caricature quotidienne sur son site Web, choisi en 1996 comme le site canadien le plus distrayant. Il apparaît fréquemment à la télévision ou à la radio dans le cadre d'émissions d'analyse politique.

Autoportrait

Chaque jour, le caricaturiste s'assoit en attendant que quelque chose se passe. Et chaque jour, cette chose arrive : un scandale, une catastrophe, une bagarre ou un beau pot-de-vin. Plus souvent qu'autrement, c'est un politicien qui nous fait la grâce de dire quelque chose de stupide. Bingo, c'est parti ! Avant d'entreprendre le dessin, toutefois, je dois absolument identifier ce que moi-même j'éprouve face au sujet choisi. De l'amusement ? De la perplexité? L'envie d'exploiter la situation? Ou juste... de la colère?

Une fois terminée, la caricature est livrée au public, à la fois dans le journal et sur le Web. Comme je le lisais dans le Wall Street Journal, « L'Américain d'aujourd'hui trouve plus de blagues en une seule journée sur le Net que celui du XIXe siècle en toute une vie ».

Même si les caricaturistes ont parfois du mal à l'admettre, notre travail, la plupart du temps, est oublié sitôt après qu'il a fait rire le lecteur - évidemment, en fonction de la volatilité du sujet. Par ailleurs, ce qui fondamentalement nous transporte de bonheur, nous caricaturistes, ce sont ces jours où la victime pousse les hauts cris tandis que les lecteurs, ravis, prennent d'assaut le téléphone, le télécopieur et le courrier électronique en réclamant : ENCORE !

Vous voyez, si nous gueulons après le système, c'est autant pour notre propre plaisir que pour le vôtre. Et en sachant bien que demain, tels des vautours, nous attendrons de nouveau avec impatience ce qui ne manquera pas de se produire...

Terry Mosher (Aislin)

Source : Textes de l'exposition Aislin et Chapleau. Caricatures
Musée McCord, 1997-1998

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