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L'or et l'argent : Bennett et la crise économique

Musée du Nouveau-Brunswick

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Introduction:

Lorsque naît Richard Bedford Bennett (1870-1947) à Hopewell Cape, au Nouveau-Brunswick, le 3 juillet 1870, le Dominion du Canada n'en est encore qu'à ses tout débuts. Fils d'un constructeur naval, il acquiert en grandissant les valeurs du travail bien fait, de l'effort ainsi qu'un flegme tout britannique qui a bien servi ses ancêtres depuis des générations. Après une brillante carrière d'enseignant, d'avocat, d'homme d'affaires et de politicien, R.B. Bennett sera amené à présider les destinées du Canada durant la pire crise économique de l'histoire du pays.

Élu premier ministre grâce à un fort appui populaire en 1930, R.B. Bennett s'attaque aux premières manifestations de la Crise de 1929 avec vigueur et détermination. En raison de ses compétences juridiques et financières, la population canadienne le voit comme la personne toute trouvée pour résoudre la crise économique croissante. Les événements, cependant, viennent parfois à bout des meilleures intentions politiques. Ainsi, la situation économique s'aggrave et les grandes qualités de rigueur et de détermination de Bennett, si estimées tout au long de sa vie, seront peu à peu perçues comme un manque de souplesse et de l'arrogance.

Tandis que le chômage s'accroît et que la sécheresse s'installe dans l'Ouest, des admirateurs de Bennett dans le monde entier lui offrent des pièces d'or et d'argent, une pratique qui contraste vivement avec la conjoncture difficile du début des années 1930. Pendant que le pays s'enfonce dans la Crise, la fortune de Bennett devient une cible de choix pour ceux qui vivent dans des conditions plus précaires. En 1935, le premier ministre Bennett, au conservatisme rigoureux, tente de modifier ses politiques, mais il est trop tard. Lors de l'élection fédérale de 1935, la population, dans un mouvement de rejet massif, écarte R.B. Bennett du pouvoir.


1989.103.293
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum
Photograph
Birthplace of Richard Bedford Bennett, Hopewell Cape, Albert County, New Brunswick
About 1930, 20th century
Silver print
7.8 x 12.9 cm
1989.103.293
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum

Keys to History:

Richard Bedford Bennett (1870-1947), le premier enfant de Henry Bennett (1842-1905) et de Henrietta Stiles (1844-1914), naît à Hopewell Cape, au Nouveau-Brunswick, le 3 juillet 1870. À cette époque, l'âge d'or des voiliers du Nouveau-Brunswick tire à sa fin et l'entreprise de construction navale de Henry Bennett a déjà connu de meilleurs jours. Sans être pauvre, la famille Bennett qui compte trois garçons et deux filles ne vit pas pour autant dans le luxe.

Au dire de tous, le jeune Bennett, un grand gaillard au visage parsemé de taches de rousseur, est un garçon en bonne santé et énergique. Comme c'est le cas pour Mackenzie King (1874-1950) qui deviendra son rival politique un demi-siècle plus tard, la mère de Bennett, en adoration devant son fils, jouera un rôle de premier plan dans son éducation, l'initiant à la lecture et l'encourageant à devenir un adulte plein d'ambition. Formé à l'école à classe unique locale, Bennett a 12 ans lorsqu'il termine sa huitième année; il entre alors à l'École normale provinciale de Fredericton, un centre de formation pour les enseignants. À l'époque où il étudie à l'École normale, ses camarades de classe composent un petit poème en hommage à sa vivacité d'esprit et à son sens de la répartie :

« First there came Bennett, conceited and young,
Who never knew quite when to hold his quick tongue. »

« On vit d'abord arriver Bennett, jeune et poseur,
Qui ne savait jamais vraiment quand cesser de faire le causeur. »

What:

Prospères, les entreprises de construction navale et de bois de sciage constituent les principales industries de Hopewell Cape durant les années de jeunesse de Bennett.

Where:

Hopewell Cape est situé à 50 kilomètres au sud de Moncton, au Nouveau-Brunswick, en bordure de la rivière Petitcodiac. Ce lieu abrite les célèbres rochers Hopewell.

When:

Hopewell Cape sera le siège de l'administration locale du comté d'Albert de 1845 à 1960.

Who:

L'arrivée de la famille Bennett dans les Maritimes remonte à Zadok Bennett (1733-1810), qui est venu de Lyme, au Connecticut, en 1761.

1948.18
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum
Painting
The Law School
Sister Agnes Berchmans
1939, 20th century
Oil on canvas
Bequest of the Right Honourable Richard Bedford, Viscount Bennett
1948.18
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum

Keys to History:

Après avoir reçu son diplôme de l'École normale provinciale en 1886 à 16 ans, Richard Bennett (1870-1947) obtient son premier poste d'instituteur à Irishtown, juste à l'extérieur de Moncton, au Nouveau-Brunswick. À 18 ans, il s'installe plus au nord à Douglastown, au Nouveau-Brunswick, où, à titre de principal, il est responsable de quatre écoles, de quatre professeurs et de quelque 140 élèves. Il reçoit 500 $ par année, une somme dont il met de côté la moitié. Au dire de ses contemporains, Bennett est un enseignant strict et sévère, mais il est consciencieux et dévoué. À l'occasion, il s'emporte et prononce des paroles dures, blessantes. En guise de punition, il lui arrive de placer les élèves incriminés devant une fenêtre et de leur demander de rédiger une composition sur ce qu'ils voient à l'extérieur. Les élèves qui gagnent son respect acquièrent toutefois aussi son amitié.

Tandis qu'il se trouve à Douglastown, Bennett fait la connaissance de Lemuel Tweedie (1849-1917), alors un éminent avocat d'allégeance conservatrice de la ville voisine de Chatham, au Nouveau-Brunswick, qui deviendra par la suite premier ministre et lieutenant-gouverneur de la province. Tweedie offre d'abord à Bennett un emploi à temps partiel que le jeune instituteur accepte immédiatement. Puis, après avoir pu reconnaître ses aptitudes et façonner ses convictions politiques, Tweedie propose à Bennett de devenir son associé minoritaire à condition d'être admis au barreau. En 1890, R.B. Bennett, après avoir économisé durant trois ans, prend le risque de réorienter sa carrière et s'inscrit à l'École de droit de l'Université Dalhousie à Halifax, en Nouvelle-Écosse, où il obtient son diplôme trois ans plus tard.

What:

L'artiste qui a réalisé ce tableau, soeur Agnès Berchmans (1879-1973), a produit plus de 500 toiles et murales au cours de sa vie.

Where:

Soeur Agnès Berchmans s'est rendue à Florence, en Italie, où elle a étudié sous la direction du peintre de renommée internationale Filadelfo Simi (1849-1923).

When:

D'après le testament de R.B. Bennett, ce sont « ses amis de Halifax en janvier 1939 » qui lui ont offert ce tableau.

Who:

Fille d'Alexander Landry et de Geneviève Bourque, soeur Agnès Berchmans, à la naissance Julia Alma Landry, est née à Bouctouche, au Nouveau-Brunswick, le 7 décembre 1879.

X10448
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum
Photograph
Richard Bedford Bennett
Jacob Young Mersereau
1896, 19th century
Albumen print mounted on card
16.3 x 10.7 cm
X10448
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum

Keys to History:

En 1893, Richard Bennett (1870-1947) devient l'associé minoritaire du cabinet d'avocats Tweedie et Bennett à Chatham, au Nouveau-Brunswick. Élancé, Bennett, alors un jeune professionnel dans la vingtaine, a fière allure. Le dimanche, il assiste à la messe à l'église méthodiste locale; il deviendra fiduciaire de l'église et secrétaire de l'école du dimanche et donnera une classe le dimanche après-midi.

Son ami Max Aitken (1879-1964) indiquera de nombreuses années plus tard que Bennett avait tendance à être exagérément poli, mais qu'il se laissait parfois aller à des mouvements de colère. Malgré ses sautes d'humeur, Bennett répète inlassablement qu'il fera un jour de la politique et qu'il deviendra premier ministre.

En 1896, Bennett brigue un siège au conseil municipal de Chatham récemment formé et remporte sa première élection par un vote. Plus tard la même année, le sénateur James Lougheed (1854-1925), un distingué avocat et politicien conservateur de Calgary, écrit au doyen de l'École de droit de l'Université Dalhousie pour lui demander s'il connaît un jeune avocat qui serait intéressé à devenir son associé dans l'Ouest. Le doyen recommande Bennett et, après de longues négociations et notamment une visite de Lougheed au Nouveau-Brunswick, le jeune avocat part pour Calgary en janvier 1897.

What:

Comme en fait foi cette photographie, les contemporains de Bennett notent que R.B. Bennett, alors un jeune avocat prometteur, apporte un grand soin à son apparence et à sa tenue vestimentaire.

Where:

Chatham, qui se trouve dans l'est du Nouveau-Brunswick, en bordure de la rivière Miramichi, fait aujourd'hui partie de la municipalité de Miramichi.

When:

À l'époque où Bennett vivait et pratiquait le droit à Chatham, cette ville était considérée comme la quatrième en importance au Nouveau-Brunswick.

Who:

L'organisateur de la campagne de Bennett pour l'élection municipale de 1896 est Max Aitken, alors âgé de 17 ans, qui deviendra plus tard le financier lord Beaverbrook. C'est à vélo qu'il distribue les feuillets visant à mousser la candidature de Bennett.

X15787
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum
Photograph - Lantern slide
On 8th Avenue, Calgary, Alberta
About 1915, 20th century
8.1 x 8.2 cm
X15787
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum

Keys to History:

Calgary, en Alberta, devient une ville en 1894 et au cours des trois années suivantes, elle se transforme en un centre des affaires et des transports. En 1897, la ville compte déjà une population de 4 000 habitants, avec Canadien Pacifique qui transporte des passagers et des marchandises vers les ports du Pacifique. En janvier 1897, un jeune avocat néo-brunswickois, Richard Bedford Bennett (1870-1947), arrive à Calgary et découvre les montagnes Rocheuses qui se profilent à l'ouest, l'air vif et sec, les terres dépourvues d'arbres et le froid glacial.

Le bachelier, enseignant à l'école du dimanche méthodiste, offre vraisemblablement un contraste saisissant dans cet environnement. Ce teetotaliste tiré à quatre épingles et poli à l'extrême, se distingue des éleveurs et agriculteurs, les libres penseurs frustes de la nouvelle ville tapageuse. Mais leur nature confiante déteindra rapidement sur Bennett. Grâce à son ardeur au travail, à son souci du détail et à son esprit bagarreur, il se taillera rapidement une place enviable dans le quartier des affaires de la ville.

Un an après son arrivée à Calgary, Bennett devient un membre conservateur de l'Assemblée territoriale. En 1900, il brigue un siège fédéral, mais est défait.

What:

La plaque de lanterne magique est une image peinte sur une petite plaque de verre transparent dont on projette l'image sur une large surface plate.

Where:

La 8e avenue de Calgary reste l'une des principales artères est-ouest dans le quartier des affaires et du divertissement du centre-ville.

When:

Les plaques de lanterne magique sont populaires durant le XIXe siècle et jusqu'aux années 1950, époque à laquelle les transparents et les diapositives 35 mm deviennent plus économiques.

Who:

Dans les années 1840, les daguerréotypistes William et Frederick Langenheim de Philadelphie mettent à l'essai un appareil en vue de présenter leurs images photographiques à des auditoires plus larges; cet instrument sera plus tard connu sous le nom de lanterne à projection ou lanterne magique.

1948.5
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum
Painting
The Right Honourable Richard Bedford Bennett, Prime Minister of Canada (1930-1935)
Kenneth Keith Forbes
1938, 20th century
Oil on canvas
Bequest of the Right Honourable Richard Bedford, Viscount Bennett
1948.5
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum

Keys to History:

Durant les premières années du XXe siècle, Richard Bennett (1870-1947) participe de plus en plus activement à la vie politique. S'il échoue dans sa tentative de remporter un siège au sein de la nouvelle assemblée législative provinciale de l'Alberta en 1905, il y parvient néanmoins quatre ans plus tard. En 1911, profitant du triomphe des conservateurs fédéraux sur Wilfrid Laurier (1841-1919) et les libéraux, il décroche le siège de Calgary-Est à la Chambre des communes. Bennett ne se présente pas à l'élection fédérale de 1917 et se trouve relégué, sinon dans les coulisses, du moins dans des fonctions politiques secondaires.

Pendant ce temps, ses intérêts juridiques et commerciaux continuent de s'étendre. Le Canadien Pacifique et la Compagnie de la Baie d'Hudson figurent au nombre de ses clients. Parmi ses investissements commerciaux, on retrouve la Calgary Power Company, une cimenterie et même, étrangement, une participation dans la brasserie Calgary Brewing Company. Au début des années 1920, la fortune de Bennett s'accroît de façon spectaculaire lorsqu'il hérite d'une participation majoritaire dans la Compagnie E.B. Eddy, un fabricant d'allumettes situé à Hull, au Québec.

À l'élection fédérale de 1925, Bennett récupère son siège de Calgary. Maintenant arrivé au milieu de la cinquantaine, l'homme d'affaires millionnaire exerce une présence politique et physique puissante au Parlement. Avec la démission en 1926 d'Arthur Meighen (1874-1960), chef du Parti conservateur, l'occasion se présente pour Bennett de réaliser son ambition de toujours. Grâce à son attitude déterminée, à ses talents oratoires, à son enthousiasme et à son dynamisme, sans oublier sa richesse, il domine le congrès d'investiture de 1927.

Le public porte Bennett et les conservateurs au pouvoir en 1930, confiant que le nouveau premier ministre saura, grâce à sa connaissance des enjeux juridiques et commerciaux, résoudre la crise économique croissante.

What:

En 1932 et en 1940, l'artiste Kenneth Keith Forbes (1892-1980) reçoit le prix Thomas R. Proctor, remis par la National Academy of Design des États-Unis, pour deux de ses portraits.

Where:

Kenneth Keith Forbes a fréquenté la Westmount Academy de Montréal, avant d'étudier les beaux-arts en Angleterre et en Écosse.

When:

Dans le cadre du programme Souvenirs de guerre canadiens, Kenneth Keith Forbes a été peintre de guerre pour les Forces canadiennes durant la Première Guerre mondiale.

Who:

L'artiste Kenneth Keith Forbes est né à Toronto en 1892. Il était le fils de John Colin Forbes et de Laura Gertrude Holbrook.

1948.31A
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum
Coat
Ede & Ravenscroft
1930-1935, 20th century
Bequest of the Right Honourable Richard Bedford, Viscount Bennett
1948.31A
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum

Keys to History:

Au moment même où la crise économique de 1929 aussi connue sous le nom de Grande crise resserre son étau sur les pays industrialisés, Richard Bedford Bennett (1870-1947) devient premier ministre du Canada, réalisant un rêve de jeunesse quelque temps à peine avant son soixantième anniversaire. Bennett, le premier ministre le plus riche et le seul millionnaire à avoir occupé cette fonction avant Pierre Elliott-Trudeau (1919-2000), est vu par la population, et même par certains libéraux, comme le choix logique lors de l'élection fédérale de 1930. Ils croient que sa détermination et son sens des affaires lui permettront de redresser la situation. Pendant ce temps, un drame similaire est en train de se jouer de l'autre côté de la frontière aux États-Unis.

Herbert Hoover (1874-1964), le « grand humaniste » millionnaire, et ses républicains ont balayé les élections en 1928, promettant un poulet dans chaque marmite et proclamant le triomphe du capitalisme américain. Moins d'un an plus tard, le krach boursier de 1929 commence à entamer la vision farouchement individualiste de Hoover. Ses appels selon lesquels la prospérité serait proche ne seront pas entendus et le désespoir s'emparera des États-Unis pour ensuite s'étendre aux pays voisins.

Adoptant la réaction première de son homologue américain, Bennett en appelle à l'initiative individuelle. Il croit que la volonté de réussir aura raison de la situation économique désespérée.

What:

Cet uniforme comprend un pantalon, une ceinture, des chaussures, un manteau et un chapeau ainsi que d'autres accessoires.

Where:

Bien que cette tenue ait été confectionnée par Ede & Ravenscroft Ltd. de Londres, durant ses premières années à Calgary, R.B. Bennett faisait faire tous ses vêtements par des tailleurs des Maritimes.

When:

R.B. Bennett portait cet uniforme à l'occasion de cérémonies comme la rentrée parlementaire durant les années où il était premier ministre.

Who:

La maison Ede & Ravenscroft Ltd., en activité depuis 1689, demeure encore aujourd'hui un fournisseur vestimentaire londonien prestigieux; sa clientèle actuelle comprend la reine Élizabeth et le prince Philip.

1987.17.1185
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum
Photograph
A Twenty Man Tug-of-War at the Dominion Day Picnic on the Boy Scout Grounds, Rockville, Kings County, New Brunswick
H. W. Beecher Smith
1 July 1933, 20th century
Silver print
12.4 x 17.8 cm
William Francis Ganong Collection
1987.17.1185
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum

Keys to History:

Au cours des premiers mois de la Crise, la vie suit son cours normal au Nouveau-Brunswick. Rares sont ceux qui prennent conscience de l'ampleur de la crise économique; on croit qu'il s'agit d'un problème temporaire, d'une simple fluctuation dans le cycle commercial habituel. Au demeurant, l'enfant chéri du Nouveau-Brunswick, R.B. Bennett (1870-1947), est à la tête du gouvernement.

À mesure que s'accroît la morosité économique, se manifeste également un désir d'évasion croissant, ne serait-ce que pour un instant. Près des localités et des villes, les séances de cinéma coûtent vingt-cinq cents ou moins. Bien évidemment, les films sont produits à Hollywood et ont pour principales vedettes des acteurs américains. Grâce à la radio, les ménages fournis en électricité découvrent le théâtre, la musique et les sports professionnels. La voix de Foster Hewitt (1902-1985) décrit tous les jeux de la partie de hockey du samedi soir. Dans les régions rurales, pique-niques, soirées de théâtre amateur et danses du samedi soir attirent des foules, même au sein des plus petites collectivités.

Les plaisirs et les divertissements sont souvent assombris à mesure qu'augmente le chômage. Beaucoup de ceux qui ont les moyens de sortir en ville ou d'aller danser le samedi soir savent que d'autres ne peuvent se le permettre.

What:

Excursions en bateau fluvial, défilés et spectacles historiques sont aussi au programme de la Fête du Dominion (aujourd'hui la Fête du Canada).

Where:

Rockville est situé au sud-est de Sussex, au Nouveau-Brunswick, et tire son nom d'un escarpement rocheux appelé « The Bluff ».

When:

La Fête du Dominion a été promulguée jour férié le 15 mai 1879.

Who:

Le donateur de cette photographie, William Francis Ganong (1864-1941), de la célèbre famille du chocolat Ganong, était un expert en sciences naturelles, un géographe et un historien de renom.

1987.17.696
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum
Photograph
Beaches' Tourist Camps at Chamcook Corner, Four Miles from St. Andrews, Charlotte County, New Brunswick
H. W. Beecher Smith
1928, 20th century
Silver print
12.4 x 17.4 cm
William Francis Ganong Collection
1987.17.696
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum

Keys to History:

Dans les années 1920, on assiste à une révolution du transport, avec l'apparition croissante de voitures dans les rues des municipalités et des villes. À la campagne, les automobiles, les chevaux et les chariots se partagent les voies des routes rurales, parfois au détriment de chacun. À mesure qu'augmente le temps de loisir et que se développent les réseaux routiers, l'industrie touristique prend un véritable essor. Les promenades du dimanche et les vacances à la mer, autrefois réservées aux riches, sont maintenant à la portée des classes moyennes et inférieures. À proximité des grands hôtels et des maisons bourgeoises d'été que possèdent les gens fortunés dans des endroits comme St. Andrews, au Nouveau-Brunswick, certains établissements plus modestes proposent de simples chambres ou maisonnettes, des services d'alimentation sans superflu et un accès à la plage et aux équipements sportifs.

Durant les années de la Crise, ceux qui ont de l'argent et du travail continuent de voyager et de prendre des vacances à des prix de fait moins élevés. Les gens dont les ressources sont plus limitées souhaitent eux aussi fuir la morosité de leur situation financière. Durant les mois d'été, grands hôtels et petites auberges offrent des emplois aux chômeurs, ne serait-ce que pour quelques semaines.

What:

Chamcook est une variante orthographique européenne du nom passamoquoddy K'tchumcook.

Where:

Une baie, un ruisseau, un lac et une montagne, tous situés dans la même région, portent également le nom de Chamcook.

When:

La région de St. Andrews est devenue une destination touristique très prisée dès les années 1850.

Who:

Sir Samuel Leonard Tilley (1818-1896), sir Charles Tupper (1821-1915) et sir William Van Horne (1843-1915) sont au nombre des plus célèbres résidents estivaux de St. Andrews.

1987.17.925
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum
Photograph
Mount Middleton School and Highway, Kings County, New Brunswick
H. W. Beecher Smith
June 1933, 20th century
Silver print
12.4 x 17.2 cm
William Francis Ganong Collection
1987.17.925
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum

Keys to History:

Durant les années 1930, l'éducation passe par des phases alternées de déclin et de croissance. Dans les grandes villes, le manque de travail oblige les jeunes hommes et femmes à rester à l'école au-delà du terme après lequel beaucoup d'entre eux auraient normalement sollicité des emplois de col bleu. Cette augmentation du nombre d'inscriptions forcera certaines écoles à fonctionner à pleine capacité et favorisera la construction de nouveaux établissements d'enseignement plus spacieux. En outre, la création de programmes de formation professionnelle contribue au besoin d'espace supplémentaire. Les inscriptions triplent. À l'université, le nombre d'étudiants inscrits s'accroît aussi tout au long des années 1930, bien que les perspectives d'emploi une fois le diplôme obtenu restent incertaines. Étonnamment, au milieu de la Crise, la construction d'écoles connaît un boom dans des centres tels que Moncton, procure des emplois grandement recherchés.

Dans les régions rurales, la situation se présente tout autrement. Les écoles à classe unique sont depuis toujours tributaires de la richesse de la collectivité. Lorsque la Crise sabre dans les revenus des fermiers, les commissions scolaires locales ont du mal à payer les salaires des instituteurs ou même à assurer l'entretien des bâtiments scolaires. Dans la plupart des cas, les paysans néo-brunswickois parviennent à se nourrir, mais l'absence d'argent liquide ne permet plus d'assumer des frais supplémentaires comme les livres ou la réparation du toit de l'école. Cette pénurie se traduit par des regroupements et des fermetures d'écoles.

What:

Dans la cour de cette école, le mât du drapeau a été frappé par la foudre et réduit en miettes; quand est venu le temps de le remplacer, on a fixé le nouveau mât au bâtiment de l'école!

Where:

Mount Middleton est situé dans la paroisse de Studholm, près de la communauté de Millstream, au Nouveau-Brunswick.

When:

Le Nouveau-Brunswick comptait 2 400 districts scolaires en 1930, mais moins de 1 600 en 1940, en raison d'un fléchissement de la population rurale et des effets de la Crise.

Who:

Les architectes et les concepteurs des écoles à classe unique appliquent un modèle de base, que l'on reconnaît d'une province à l'autre.

1987.17.933
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum
Photograph
McLeod Brook, Kings County, New Brunswick
H. W. Beecher Smith
1931, 20th century
Silver print
12.7 x 17.8 cm
William Francis Ganong Collection
1987.17.933
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum

Keys to History:

Le monde rural néo-brunswickois perd une large part de sa population au cours des années qui précèdent la Crise de 1929. L'amélioration des possibilités de formation et d'emploi ainsi qu'une volonté de changement favorisent l'exode de milliers de jeunes hommes et de jeunes femmes vers les villes et les grands centres urbains. Une des destinations privilégiées des paysans des Maritimes durant années 1920 sont les États-Unis ou « Boston States » - en d'autres mots, le nord-est industriel.

Toutefois, au début des années 1930, cette tendance s'estompe et ira même dans certains cas jusqu'à s'inverser. Si l'argent liquide se fait rare, sur les fermes des Maritimes on trouve au moins de la nourriture et un toit. En règle générale, il vaut mieux être pauvre sur une ferme familiale qu'en ville. Les paysans se débrouillent avec ce qu'ils ont et n'hésitent jamais à aider un voisin dans le besoin. Lentement mais sûrement, les fils et les filles de paysans quittent la grande ville et les Boston States pour revenir à la maison.

Ceux qui partent des zones rurales espèrent améliorer leurs conditions de vie. Certains y parviendront, mais la majorité non.

What:

La ferme que l'on aperçoit à l'arrière-plan de cette photographie abritait également l'auberge Brookdale Inn, qui loue des chambres et sert le thé et le petit-déjeuner.

Where:

McLeod Brook est situé dans le secteur est du comté de Kings, près de la communauté de Penobsquis, au Nouveau-Brunswick.

When:

En raison de la pénurie de carburant automobile, on attelle parfois des chevaux aux voitures pour transporter personnes et marchandises. Par moquerie, on surnomme « Bennett buggies » ces voitures tirées par des chevaux.

Who:

D'origine écossaise, la famille McLeod est arrivée dans ce secteur du comté de Kings au début du XIXe siècle.

1987.17.878
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum
Photograph
Deserted Lumber Camps Some Five Miles up Crooked Creek from Albert, Albert County, New Brunswick
H. W. Beecher Smith
31 August 1933, 20th century
Silver print
12.5 x 17.6 cm
William Francis Ganong Collection
1987.17.878
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum

Keys to History:

Le début du XXe siècle est marqué par la mécanisation de l'industrie forestière. Les scies à chaîne et l'amélioration des voies de communication entraînent le déclin des anciens camps de bûcherons. Les forêts anciennes de pin blanc sont désormais remplacées par des peuplements de seconde venue aux arbres plus petits. L'expansion du secteur des pâtes et papiers, qui achète son bois auprès d'exploitations individuelles plus petites, contribue elle aussi à cette diminution. À partir des années 1930, il ne subsiste plus désormais que quelques camps.

Avec la Crise qui s'accentue, les industries d'exportation sont au plus mal. Durant des décennies, l'industrie du bois de sciage néo-brunswickoise s'est appuyée sur l'expédition de produits vers les États-Unis et l'Europe. À mesure que se tarissent les marchés, les moulins ferment et les camps de bûcherons sont abandonnés. En revanche, l'industrie des pâtes et papiers est en plein essor puisque la demande en papier journal se maintient. Les conglomérats du papier, qui obtiennent des allègements fiscaux et des baux de plusieurs années sur des terres de la Couronne, chassent les concurrents plus petits. L'emploi fourni par les papeteries est le bienvenu. Les opérations mécanisées, toutefois, ne nécessitent pas autant d'employés que les camps de bûcherons.

What:

Longeant le ruisseau Crooked, un sentier pédestre moderne permet d'effectuer une agréable promenade en forêt qui offre en son point culminant une vue spectaculaire sur l'intérieur des terres.

Where:

Les entreprises de bois de sciage installaient leurs camps à proximité des voies navigables. Au printemps, lorsque les eaux montaient, celles-ci produisaient des courants rapides sur lesquels on faisait flotter les billots vers les usines de transformation.

When:

La Crise des années 1930 a accéléré la disparition des anciens camps de bûcherons, déjà touchés par les effets de la mécanisation de l'industrie forestière.

Who:

Le villlage d'Albert et le comté d'Albert ont été nommés ainsi en l'honneur du prince Albert (1819-1861), le mari de la reine Victoria (1819-1901).

1987.17.604
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum
Photograph
Connors Brothers Sardine Factory at Blacks Harbour, Charlotte County, New Brunswick
H. W. Beecher Smith
About 1930, 20th century
Silver print
12.5 x 17.8 cm
William Francis Ganong Collection
1987.17.604
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum

Keys to History:

La société Connors Brothers Limited s'est lancée dans la mise en conserve du poisson à Blacks Harbour, au Nouveau-Brunswick, en 1885. Lewis et Patrick Connors ont commencé par mettre en conserve des moules, des pétoncles, puis des sardines, ainsi que des fruits locaux comme les fraises, les framboises et les bleuets. Située sur les rives de l'un des meilleurs lieux de pêche du monde, Connors Brothers prend rapidement de l'expansion et importe son savoir-faire et ses travailleurs des quatre coins de la planète. Au fil des ans, l'entreprise commence à prendre le contrôle de la vie au sein de la communauté : elle construit les habitations des ouvriers, les écoles et les magasins et fournit les emplois.

Contrairement à d'autres industries, Connors Brothers survivra assez bien à la Crise des années 1930. Même si le prix de détail d'une boîte de sardines chute à cinq cents, le marché reste fort, ce qui permet aux habitants de Blacks Harbour de garder leurs emplois. D'autres intervenants dans le secteur de la pêche, notamment ceux qui dépendent du marché d'exportation, ne seront pas aussi chanceux puisque les marchés pour leurs produits de pêche disparaissent.

What:

Les sardines, de petits poissons de mer de la famille du hareng, sont prises au filet en grand nombre et mises en conserve dans l'huile, étroitement entassées les unes contre les autres.

Where:

Blacks Harbour est situé sur la baie de Fundy, 75 kilomètres à l'ouest de Saint John, au Nouveau-Brunswick.

When:

Des conflits à la direction conduisent à la constitution en société d'une nouvelle entreprise en 1923, qui garder cependant le même nom, Connors Bros. Limited.

Who:

En 1831, l'ancêtre des Connors, Timothy O'Connor, a émigré avec sa famille au Canada en provenance de County Clair, en Irlande.

1987.17.905
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum
Photograph
The Cotton Mill and Employees Houses at Marysville, York County, New Brunswick
H. W. Beecher Smith
About 1930, 20th century
Silver print
12.6 x 17.4 cm
William Francis Ganong Collection
1987.17.905
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum

Keys to History:

La filature du coton commence à Marysville, au Nouveau-Brunswick, en 1885. L'immense usine s'étend le long de la rive est de la rivière Nashwaak, juste à l'extérieur de la capitale, Fredericton. Alexander « Boss » Gibson (1819-1913) crée autour de sa filature de coton la ville patronale par excellence, fournissant non seulement de l'emploi mais construisant aussi des logements, des écoles, des églises et des magasins pour ses travailleurs. En 1913, Joseph Dolphins prend la direction de la filature de coton de Marysville pour le compte de Canadian Cottons Limited, à Montréal.

Durant la Crise des années 1930, Dolphins distribue à ses employés des parcelles de terre où ils peuvent cultiver un jardin pour enrichir leur régime alimentaire. À une époque où l'entreprise percevait des frais pour tous les services qu'elle offrait, Dolphins n'a jamais réclamé de loyer pour les parcelles de jardin.

What:

La « ville patronale » s'articule habituellement autour d'une industrie; l'entreprise construit les habitations, églises, magasins et autres services et elle en est propriétaire.

Where:

Marysville est située au nord de la ville de Fredericton, au bord de la rivière Nashwaak.

When:

La filature a cessé de produire des textiles dans les années 1970 et, après d'importantes rénovations, elle est devenue un complexe moderne qui abrite des bureaux gouvernementaux.

Who:

Marysville a été appelée ainsi en hommage à la femme d'Alexander Gibson dont le nom était Mary.

1987.17.1141
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum
Photograph
Stonehaven Quarries, Gloucester County, New Brunswick
H. W. Beecher Smith
August 1928, 20th century
Silver print
12.8 x 17.8 cm
William Francis Ganong Collection
1987.17.1141
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum

Keys to History:

À la grandeur du pays, les industries manufacturières ressentent les effets du déclin des marchés au début des années 1930, et elles en font subir les contrecoups à leurs employés. Les baisses de salaires, les fermetures temporaires et les mises à pied donnent lieu à des mouvements syndicaux visant à préserver les taux de rémunération et à améliorer les conditions de travail. Les travailleurs industriels du Canada sont encouragés par les grèves au sud de la frontière, mais leurs revendications rencontrent peu de sympathie chez les gouvernements et les chômeurs.

Des industries qui existent depuis des décennies comme l'agriculture, l'exploitation forestière et la pêche sont durement touchées durant cette période. L'évolution des marchés permet à certains secteurs de survivre tandis que d'autres s'effondrent. Alors que les pâtes et papier prennent de l'essor, les scieries ferment et les camps de bûcherons disparaissent. Pour certaines industries, comme l'extraction et la production de meules à aiguiser, la Crise ne fait qu'accélérer la fermeture d'entreprises en régression et moribondes.

What:

Une meule à aiguiser est un morceau de grès rond monté de façon à tourner et qui sert à aiguiser les lames.

Where:

Stonehaven est situé à 25 kilomètres à l'est de Bathurst, au Nouveau-Brunswick, au bord de la baie des Chaleurs.

When:

Des usines de fabrication et de distribution des meules à aiguiser sont en activité le long des rives de la baie des Chaleurs dès la fin du XVIIIe siècle.

Who:

Amos « King » Seamen (1788-1864) était la figure dominante de l'industrie canadienne des meules à aiguiser au XIXe siècle.

1987.17.630
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum
Photograph
Burnt Church First Nation Settlement, Northumberland County, New Brunswick
H. W. Beecher Smith
August 1928, 20th century
Silver print
12.5 x 17.6 cm
William Francis Ganong Collection
1987.17.630
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum

Keys to History:

Les premières nations Wolastoqiyik et Mi'kmaq ont toujours entretenu un lien physique, intellectuel et spirituel avec leur environnement. De langue et de culture distinctes, les deux nations partagent néanmoins des expériences de vie comparables.

L'économie désastreuse des années 1930 exacerbe les problèmes engendrés par des siècles de colonisation européenne. La fragmentation des communautés et les progrès technologiques perturbent le mode de vie traditionnel de la population autochtone du Nouveau-Brunswick. Le gibier commence à diminuer et il devient nécessaire pour les Autochtones de faire du troc avec les fermiers pour obtenir de la nourriture ou de solliciter des emplois sur les fermes, dans les camps de bûcherons ou encore à titre de guides de chasse ou de pêche. D'autres se tournent vers la production d'objets décoratifs traditionnels comme les paniers, qu'ils vendent ou échangent et dont ils tirent une source de revenu fiable. D'autres quittent, dans l'espoir de trouver de meilleures perspectives économiques ailleurs.

What:

Les Mi'kmaq appellent la région de Burnt Church « Eskinuopitijk », qui signifie « poste de guet ».

Where:

Burnt Church est situé à 40 kilomètres au nord-est de Miramichi, au Nouveau-Brunswick, sur la baie de Miramichi.

When:

La région de Burnt Church a reçu son nom anglais en 1758, lorsque les forces britanniques ont brûlé une église de pierre et la colonie durant une expédition en vue de détruire des colonies acadiennes.

Who:

Le photographe, H.W. Beecher Smith (1860-1934), qui a voyagé au Nouveau-Brunswick durant les années 1920 et 1930, a réalisé diverses scènes de la province.

1948.20
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum
Bowl
1930, 20th century
Silver
Bequest of the Right Honourable Richard Bedford, Viscount Bennett
1948.20
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum

Keys to History:

Durant les années 1930, à mesure que l'économie canadienne s'enfonce encore plus profondément dans la Crise, aucune solution ne semble envisageable. L'idée que le gouvernement engage des dépenses pour sortir de la Crise paraît scandaleuse. Pendant qu'aux États-Unis, une voix, celle de Franklin Delano Roosevelt (1882-1945), s'élève pour proposer un plan révolutionnaire allant dans ce sens, le premier ministre Bennett (1870-1947) opte durant les premières années de son mandat pour une approche plus traditionnelle pour résoudre les difficultés économiques du pays. En 1930 et en 1931, son gouvernement hausse les tarifs afin de tenir à distance les produits étrangers et de stimuler l'industrie canadienne. Mais au lieu de rendre les produits canadiens plus attrayants, les tarifs favorisent une vague de protectionnisme à l'échelle mondiale.

Bien que le taux de chômage grimpe et que commencent à apparaître des files d'attente pour la soupe populaire, la réputation et le rôle de Bennett à titre de premier ministre lui valent renommée et respect. Dès son entrée en fonction en 1930, il est inondé de distinctions et de présents d'or et d'argent dignes de sa fonction que lui offrent admirateurs et amis.

What:

Une partie de l'inscription sur ce bol se lit : « to Our Chief . . . by his supporters in the House of Commons » (à notre chef... de ses supporters de la Chambre des communes).

Where:

Ce bol a été fabriqué à Sheffield, en Angleterre, un lieu réputé pour la qualité de ses ouvriers métallurgistes.

When:

Le bol est daté de 1927-1928.

Who:

Les noms des collègues conservateurs de Bennett sont inscrits sur le bol.

1948.11.2
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum
Dinner set
Joseph Rodgers & Sons Limited
1930, 20th century
Silver
Bequest of the Right Honourable Richard Bedford, Viscount Bennett
1948.11.2
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum

Keys to History:

Peu de temps après son entrée en fonction, le premier ministre Bennett (1870-1947) organise rapidement son cabinet et convoque une session extraordinaire du Parlement dès septembre 1930. En adoptant rapidement une loi qui affecte vingt millions de dollars au redressement de l'emploi et en relevant les tarifs, il fait une forte impression sur un certain nombre de Canadiens. Bennett est un homme d'action.

Deux semaines plus tard, Bennett traverse l'Atlantique pour assister à sa première Conférence impériale à Londres. À cette occasion, il reçoit des degrés honorifiques et devient membre du Conseil privé de la Reine. Il parcourt l'Angleterre et visite également Dublin, Belfast, Édimbourg et le Monument aux Canadiens morts du Plateau de Vimy, en France. À Sheffield, en Angleterre, Bennett reçoit une ménagère en argent de douze couverts dans un coffret en acajou, ainsi qu'un certificat qui lui accorde un droit de cité.

What:

Outre l'ensemble habituel de fourchettes, couteaux et cuillers, la ménagère comprend aussi divers couverts de service assortis.

Where:

Sheffield, où ce service a été fabriqué, est située au nord-centre de l'Angleterre, à 260 kilomètres au nord-ouest de Londres.

When:

On sait que le commerce de la coutellerie existe dans la région de Sheffield dès 1272.

Who:

Les artisans de Sheffield sont reconnus mondialement pour la qualité de leur travail des métaux.

1948.9
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum
Casket
Freedom of the City of London
About 1930, 20th century
Bequest of the Right Honourable Richard Bedford, Viscount Bennett
1948.9
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum

Keys to History:

À la Conférence impériale de 1930 à Londres, le premier ministre Bennett (1870-1947) espère trouver une solution partielle aux problèmes économiques de l'Empire. Il propose un programme d'échanges commerciaux au sein de l'empire, comportant des conditions préférentielles pour les pays membres. Le chef du gouvernement du Royaume-Uni, Ramsay MacDonald (1866-1937), désapprouve toutefois le plan de Bennett, préconisant plutôt une tradition de libre-échange.

Bennett en appelle au public britannique dans un message radiodiffusé sur les ondes de la BBC, mais en vain. Pour ne pas perdre la face, il propose que les discussions économiques soient suspendues jusqu'à une rencontre à Ottawa l'année suivante. Sa proposition est adoptée unanimement. Bennett, qui ne s'estime pas complètement vaincu, garde espoir que son plan sera tôt ou tard accepté.

Lors de ces rencontres, il reçoit en cadeau une cassette en or 18 carats aux armoiries de la ville de Londres qui contient un certificat enroulé lui accordant un droit de cité. Pendant ce temps au Canada, la situation économique continue de se dégrader.

What:

Le mot « cassette » désigne une boîte décorative destinée à ranger des objets précieux.

Where:

La cassette avait été fabriquée par la maison Goldsmiths & Silversmiths Co. Ltd. de Londres.

When:

La cassette et le certificat de droit de cité ont été remis au premier ministre Bennett le 4 novembre 1930.

Who:

En 1930, sir William Alfred Waterlow (vers 1871-1931) était Lord-maire de Londres, un ancien poste distinct de la charge élue de maire de Londres.

1948.13
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum
Chalice
Ardach Chalice
1930, 20th century
Silver
15.3 x 25 cm
Bequest of the Right Honourable Richard Bedford, Viscount Bennett
1948.13
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum

Keys to History:

Sur le front constitutionnel, la Conférence impériale de 1930 engendre le Statut de Westminster (adopté en 1931), qui confère une certaine autonomie aux dominions de l'Empire. Si le Canada tire profit de cette mesure législative, ce sont deux dominions en apparence plus radicaux, l'État libre d'Irlande et l'Afrique du Sud qui sont à la tête de ce mouvement autonomiste.

À titre de premier ministre du plus ancien dominion de l'Empire, R.B. Bennett (1870-1947) est traité avec respect durant son voyage à travers les îles Britanniques à l'automne 1930. Lors d'une visite dans l'État libre d'Irlande, il reçoit une réplique en argent sterling du calice d'Ardagh, un ancien calice en argent qui fait la fierté de l'État. Cette décision de remettre une reproduction d'un objet si emblématique à Bennett montre le prestige que le premier ministre canadien avait auprès des autres dirigeants.

What:

Ardagh, qu'on écrit aussi parfois « ardach », signifie haute plaine ou haut champ.

Where:

Conservé au musée national d'Irlande, l'original du calice d'Ardagh est considéré comme le plus bel exemple de l'art métallurgique du VIIIe siècle.

When:

L'original du calice d'Ardagh a été trouvé en 1868 par deux hommes qui ramassaient des pommes de terre.

Who:

On ignore qui est l'auteur du calice d'origine, tout comme la véritable fonction à laquelle l'objet était destiné.

1948.24
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum
Salad set
Mappin & Webb
About 1930, 20th century
Bequest of the Right Honourable Richard Bedford, Viscount Bennett
1948.24
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum

Keys to History:

Tandis que le premier ministre Bennett (1870-1947) poursuit les discussions dans le cadre de la Conférence impériale à l'automne 1930, l'économie au pays continue de péricliter malgré la rapide mesure législative d'aide à l'emploi qu'il a adoptée. Les prix du blé continuent de baisser durant la récolte d'automne et le chômage ne cesse de grimper. Pendant que Bennett visite les manufactures royales à Sheffield, en Angleterre, où il reçoit un saladier en argent à bord ajouré accompagné d'un élégant plat intérieur en verre vert et de couverts de service, à l'échelle nationale, les prix des aliments chutent. Le lait tombe à dix cents la pinte, le pain à six cents la miche et les pommes de terre à 45 cents le boisseau. Il s'agit d'une bonne nouvelle pour les consommateurs, mais pas pour les producteurs qui voient s'évaporer les bénéfices de leur récolte de 1930. En décembre 1930, la délégation canadienne rentre au Canada pour se préparer à la nouvelle session parlementaire et faire face aux plus récents bouleversements économiques.

Considéré comme un homme résolu et indépendant, Bennett est tourné en ridicule dans une anecdote qui fait le tour de la capitale : Un homme en visite à Ottawa remarque un homme qui se parle tout seul en marchant. Le visiteur se renseigne et apprend qu'il s'agit du premier ministre. « Pourquoi se parle-t-il tout seul? », demande-t-il. On lui répond : « Il tient un conseil des ministres. »

What:

Le saladier était présenté dans un coffret en cuir destiné à le ranger et à le protéger.

Where:

La situation géographique de Sheffield, au confluent de plusieurs voies navigables, en faisait un lieu de choix pour installer des usines hydrauliques d'affinage et de fabrication des métaux.

When:

Les usines de Sheffield ont commencé à produire de grandes quantités de coutellerie au XVIIIe siècle, pour ensuite se lancer dans la production d'autres objets en métal raffinés.

Who:

Mappin & Webb demeure encore aujourd'hui un prospère et réputé détaillant d'argenterie et de bijoux en Grande-Bretagne.

1948.26.1
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum
Dish
Robinson, Edkins & Aston
About 1931, 19th century
Silver
38 x 265 cm
Bequest of the Right Honourable Richard Bedford, Viscount Bennett
1948.26.1
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum

Keys to History:

À leur retour de la Conférence impériale, le premier ministre Bennett (1870-1947) et son entourage sont optimistes quant à l'avenir économique. Mais ils découvrent que le programme de redressement du gouvernement bat de l'aile. L'énergique premier ministre est confronté à la sécheresse, à la crise et au désespoir grandissant. Après une tournée dans l'Ouest et des consultations avec les premiers ministres des provinces de l'Ouest, Bennett met sur pied la Compagnie de crédit agricole du Dominion pour permettre aux fermiers d'obtenir du crédit plus facilement.

Quand arrive le temps de la session du printemps du Parlement, le gouvernement Bennett a peu à offrir, sinon des discours qui exhortent à la patience. Bennett espère que la Conférence impériale de 1931 appuiera son plan de bloc commercial impérial, mais il commence à s'inquiéter lorsque la conférence est reportée en 1932. Le programme d'assistance chômage qu'il présente au Parlement représente le programme de sauvetage économique le plus ambitieux jusqu'à ce jour.

À l'été 1931, le premier ministre retourne dans l'Ouest, où il voit les prairies transformées en déserts de poussière et constate l'effondrement tragique de l'agriculture. Cette fois encore, il promet des mesures de secours. Le même été, à l'occasion de son soixante et unième anniversaire, Bennett reçoit des membres de son cabinet une paire de plats à entrée en argent, au bord orné de volutes et de feuilles.

What:

À l'intérieur du couvercle de chaque plat, on peut lire l'inscription suivante : « Presented to Prime Minister Bennett on the occasion of his 61st birthday by members of the Canadian Cabinet, Ottawa, 3 July 1931 » (offert au premier ministre Bennett à l'occasion de son soixante et unième anniversaire par les membres du Cabinet canadien, Ottawa, le 3 juillet 1931).

Where:

L'entreprise manufacturière Robinson, Edkins & Aston était située à Birmingham, en Angleterre.

When:

L'industrie de l'argenterie s'est développée à Birmingham, en Angleterre, durant le XVIIIe siècle.

Who:

Le fabricant, Robinson, Edkins & Aston, était un producteur d'argenterie réputé du XIXe siècle.

1948.8
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum
Tray
About 1932, 20th century
Silver
Bequest of the Right Honourable Richard Bedford, Viscount Bennett
1948.8
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum

Keys to History:

R.B. Bennett (1870-1947) fonde de grands espoirs dans la Conférence impériale de 1932. Non seulement la rencontre doit-elle avoir lieu au Canada (à Ottawa), mais il pourra enfin y promouvoir son plan d'un bloc d'échanges commerciaux impérial. Cependant, beaucoup de choses ont changé au cours de l'année et demie qui s'est écoulée depuis que Bennett a proposé son programme pour la première fois. Par exemple, le boisseau de blé, qui se vendait à 1,50 $ en 1926, se détaille aujourd'hui pour la misérable somme de 55 cents.

Les attractions et le prestige de la rencontre impériale distraient la presse et les politiciens à l'été 1932. Comment rester insensible au faste des fonctions d'État auxquelles assistent quelque-uns des plus grands noms de la scène internationale des affaires? Premiers ministres et maharajahs se pressent en grand nombre aux réceptions estivales en plein air.

Sur le plan politique, la conférence est un échec. Se nommant lui-même président de la conférence, Bennett paraît avoir un parti pris et semble ne défendre que les intérêts canadiens. Cinglant, Stanley Baldwin (1867-1947) de la Grande-Bretagne décrit le premier ministre canadien comme un homme qui a les « manières d'un policier de Chicago et le tempérament d'une vedette hollywoodienne ». Tout n'est pas perdu cependant, puisque Bennett réussit à faire adopter une version limitée de son programme et reçoit de la part des délégués présents à la conférence un simple plateau en argent sterling.

What:

Ce plateau a été fabriqué et vendu par Birks. Durant la Crise, aucun employé de Birks ne sera licencié à cause de la situation économique difficile.

Where:

Un nouveau magasin Birks ouvre ses portes à Calgary à 1930.

When:

Le plus ancien poinçon connu de Birks date de 1564.

Who:

John Birks (1802-1869), le père de Henry Birks (1840-1928), a émigré d'Angleterre à Montréal en 1832.

1948.12
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum
Box
Freedom of the City of Saint John
About 1933, 20th century
Silver
5 x 34.5 x 27.3 cm
Bequest of the Right Honourable Richard Bedford, Viscount Bennett
1948.12
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum

Keys to History:

À la suite des piètres résultats de la Conférence impériale et de l'inefficacité de ses politiques de secours et de tarifs préférentiels pour contrer la Crise, le gouvernement Bennett paraît complètement dépassé par la tournure des événements. Désillusionnés, les Canadiens réclament des solutions et des mesures, n'importe quelles mesures qui pourraient amener un changement. Dans l'Ouest, un nouveau parti politique du nom de Fédération du commonwealth coopératif (CCF) voit le jour en 1932. Regroupant des fermiers, des travailleurs et des cols blancs sociaux-démocrates, le CCF propose un programme socialiste. Dans les provinces de l'Ouest, la seule évocation du nom de Bennett suscite de plus en plus de ressentiment.

Pendant ce temps, dans l'est du pays, le Nouveau-Brunswick se prépare à commémorer le 150e anniversaire de l'arrivée en 1783 des Loyalistes de l'Empire-Uni. Des fêtes pour célébrer la fondation de la province en 1784 et l'incorporation de la ville de Saint John en 1785 sont aussi au programme. En mai 1933, les organisateurs offrent au premier ministre Bennett (1870-1947), l'enfant chéri de la province, une boîte en vermeil ainsi que le droit de cité de la ville de Saint John.

What:

Les armoiries sur le couvercle de la boîte sont celles de la ville de Saint John, au Nouveau-Brunswick.

Where:

Le fabricant de la boîte, la Goldsmiths & Silversmiths Company, était situé dans Regent Street à Londres, en Angleterre.

When:

La société Goldsmiths & Silversmiths Company était l'un des grands noms de la vente au détail de l'argenterie au début du XXe siècle en Grande-Bretagne.

Who:

James W. Brittain était maire de Saint John lorsque ce droit de cité a été remis au premier ministre.

1948.14
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum
Cigar box
19th century or 20th century
11 x 35.8 x 23 cm
Bequest of the Right Honourable Richard Bedford, Viscount Bennett
1948.14
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum

Keys to History:

Après avoir touché le fond en 1933, l'économie canadienne amorce une reprise lente et constante. Il faudra néanmoins du temps à la population pour ressentir les effets concrets de cette amélioration. En tant que premier ministre, R.B. Bennett (1870-1947) porte la responsabilité attachée à sa fonction et il devient la cible du désespoir et de l'immense colère de ses citoyens. On le considère autoritaire, froid et trop intellectuel. Ce millionnaire que l'on admirait tant quelques années plus tôt et en qui l'on fondait de grands espoirs est désormais tourné en ridicule et rejeté par un pays qui a de la difficulté à payer ses factures et à se nourrir.

Cette boîte à cigares en argent, richement ornementée avec son couvercle garni d'or, est un présent offert à Bennett par le roi de Siam. Il est difficile de déterminer dans quelle mesure la population connaissait l'existence des « trésors étincelants » que le premier ministre recevait de ses amis et admirateurs. À coup sûr, ils symbolisent l'attitude manifestement ultraconservatrice et élitiste de Bennett à l'égard des masses affamées. Pour ses collègues du Cabinet, le chef, qui travaille de 15 à 16 heures par jour et donne souvent des leçons plutôt que d'encourager la discussion, reste un personnage mystérieux.

What:

La boîte à cigares est tapissée de bois afin d'offrir l'humidité requise pour conserver aux cigares toute leur fraîcheur.

Where:

Le Royaume de Siam porte aujourd'hui le nom de Thaïlande.

When:

Durant le mandat de R.B. Bennett comme premier ministre, le Siam connaîtra deux rois, Prajadhipok (1893-1941), qui sera en poste de 1925 à 1935, et Ananda Mahidol (1925-1946) qui dirigera le royaume de 1935 à 1946. L'un ou l'autre peut avoir offert cette boîte à cigares à Bennett.

Who:

Comme R.B. Bennett ne fume pas et ne boit pas, on ignore l'usage qu'il fait de cette boîte; on sait cependant qu'il a un faible pour les chocolats.

1949.21
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum
Box
1800-1999, 19th century
29.2 x 21.5 cm
Gift of Captain Ronald V. Bennett
1949.21
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum

Keys to History:

La fin de 1933 et le début de 1934 constituent un point tournant pour le gouvernement de R.B. Bennett et pour le monde en général. En Europe, Hitler et Mussolini resserrent leur étau sur l'Allemagne et sur l'Italie. Sur l'autre face du globe, le Japon occupe déjà la Mandchourie et cherche à conquérir d'autres territoires d'Asie. Peut-être R.B. Bennett (1870-1947) considère-t-il cette boîte japonaise avec un certain émerveillement tandis que les événements se bousculent sur la scène internationale.

Aux États-Unis, toujours plongés dans un marasme économique, Franklin Roosevelt (1882-1945) propose un nouveau programme fascinant qui semble atténuer la morosité et le sentiment de désespoir. William Herridge, le ministre canadien à Washington, observe avec un intérêt grandissant l'effet que produit l'attitude optimiste de Roosevelt et son programme du New Deal qui préconise des dépenses gouvernementales sans précédent. En 1931, Herridge a épousé la soeur de Bennett, Mildred (1889-1938), obtenant du même coup un accès direct et personnel au premier ministre. Herridge presse son chef d'adopter des mesures radicales et de rompre avec les valeurs conservatrices traditionnelles axées sur l'initiative individuelle qui n'ont pas fonctionné.

Désespéré, Bennett l'écoute. À Noël 1934, pendant que Bennett visite son frère Ronald (1876-1961) au Nouveau-Brunswick, ses assistants apportent la touche finale à des discours qui doivent annoncer, sans consultation préalable du Cabinet ou du parti, le New Deal canadien et ainsi favoriser la réélection du premier ministre.

What:

La laque japonaise est un vernis étanche créée à partir de plusieurs couches de sève traitée provenant d'un arbre indigène de la Chine et plus tard introduit au Japon. Ce type de laque a des propriétés quelque peu différentes des laques utilisées en Europe et en Amérique du Nord.

Where:

Le donateur, le capitaine de mer Ronald V. Bennett, vivait au Nouveau-Brunswick.

When:

Cette boîte qui ne fait pas partie du legs original de R.B. Bennett au Musée du Nouveau-Brunswick, a été donnée au musée en 1949.

Who:

Le capitaine Ronald V. Bennett, un des frères de R.B. Bennett, a fait don de cette boîte au Musée du Nouveau-Brunswick.

971.062-B47
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum
Book
The Premier Speaks to the People: the Prime Minister's January Radio Broadcasts Issued in Book Form
1935, 20th century
23 x 15.5 cm
971.062-B47
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum

Keys to History:

En janvier 1935, le premier ministre Bennett (1870-1947) entreprend une série d'émissions radiophoniques qui annonce une nouvelle vision conservatrice pour le pays. Bennett y défend des réformes existantes comme la Banque du Canada. S'inspirant du New Deal du président américain Franklin Roosevelt (1882-1945), il présente aussi un train de réformes comportant des dispositions sur l'assurance-chômage, l'aide au fermiers, la fin du travail des enfants, une plus grande sécurité des conditions de travail, l'égalité des salaires et une semaine de travail maximale.

La population canadienne est sous le choc. Les discours à la radio de Roosevelt ou « discussions au coin du feu » qui visent à rassurer une population inquiète, sont chose courante pour le peuple américain. Mais c'est la première fois que les Canadiens entendent un de leurs dirigeants s'exprimer sous une forme aussi libre. Surtout, les membres du Parti conservateur se plaignent, estomaqués par ce changement manifeste d'orientation de la part du premier ministre. La presse, déjà sévère avec Bennett dans les bons jours, dénonce le manque de cohérence de ce changement de politique, qu'ils voient comme un effort ultime du premier ministre pour sauver sa carrière politique en cette année d'élection.

What:

Le jour de la radiodiffusion de la cinquième émission de la série, quelque 800 000 Canadiens sont à l'écoute pour entendre le premier ministre.

Where:

Un studio de radio d'Ottawa produit les émissions d'une demi-heure, qui sont retransmises par trente-huit autres stations de radio à la grandeur du pays.

When:

En 1932, le gouvernement de R.B. Bennett a créé la Commission canadienne de radio-diffusion, l'ancêtre de la Société Radio-Canada.

Who:

Le premier ministre assume personnellement les coûts du temps d'antenne de ses discours à la radio.

1948.32.1
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum
Medal
Silver Jubilee of King George V and Queen Mary
Percy Metcalfe
1935, 20th century
Bequest of the Right Honourable Richard Bedford, Viscount Bennett
1948.32.1
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum

Keys to History:

Durant la fin de l'hiver et le printemps de 1935, les événements se bousculent pour le premier ministre R.B. Bennett (1870-1947). Dans la foulée de ses discours à la radio, Bennett entreprend une tournée de conférences, visitant les principaux centres du pays tout en présidant une nouvelle session parlementaire. De retour à Ottawa au début mars après un voyage et affaibli par une infection respiratoire, Bennett a une crise cardiaque. Son médecin le met au repos complet pendant plusieurs semaines, une situation difficile pour un homme engagé dans le combat politique de sa vie.

À la mi-avril, Bennett, un anglophile et impérialiste de longue date, se rend en Angleterre pour assister aux célébrations du Jubilé d'argent du roi George V (1865-1935) et de la reine Mary (1867-1953). Il ne revient au Canada qu'au début mai. À cette époque antérieure aux voyages transatlantiques et aux communications rapides, une absence d'une telle durée a des effets politiques désastreux tant auprès de la presse qu'auprès des politiciens de l'opposition et même des membres du parti de Bennett qui complotent contre le premier ministre.

What:

Certains observateurs du monde politique notent que Wilfrid Laurier (1841-1919) a perdu l'élection de 1911 après s'être longuement absenté du Canada pour assister aux cérémonies du couronnement de George V et de la reine Mary.

Where:

À travers tout l'Empire britannique, et notamment au Canada où la ferveur politique et sociale est particulièrement forte, des foules prennent part à ces fêtes royales.

When:

George V meurt en janvier 1936, quelques semaines après la fin des célébrations qui marquent ses vingt-cinq ans sur le trône. La reine Mary vivra assez longtemps pour voir sa petite-fille Elizabeth (1926- ) accéder au trône en 1952.

Who:

George V était le fils d'Edward VII (1841-1910) et le petit-fils de la reine Victoria (1819-1901).

1948.6
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum
Clock
Commemorating Coronation of George VI
Goldsmith & Silversmith Company Limited
1936-1937, 20th century
14.9 x 14.9 cm
Bequest of the Right Honourable Richard Bedford, Viscount Bennett
1948.6
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum

Keys to History:

Rares sont ceux qui doutent de l'issue de l'élection fédérale de 1935. À la fin de l'été, le premier ministre R.B. Bennett (1870-1947) revient de Londres et essaie de faire passer les dernières dispositions de sa législation de réforme par l'entremise du Parlement. Même si l'économie continue de se redresser, la réputation entachée de Bennett, les conflits internes au sein du parti et l'hostilité de la presse sont autant de facteurs qui poussent la population à réclamer un changement de cap. L'électorat canadien, à qui on demande de choisir entre « King ou le chaos », opte pour la vision renouvelée de Mackenzie King (1874-1950), celui-là même qu'ils avaient mis à l'écart cinq ans plus tôt.

R.B. Bennett reste au Parlement comme leader de l'opposition jusqu'en 1938. Lorsqu'il est démis de ses fonctions, à 65 ans, Bennett prend son temps pour décider de son avenir. En 1937, il assiste avec sa soeur Mildred (1889-1938) au couronnement de George VI (1895-1952) et de la reine Elizabeth (1900-2002). D'Angleterre, il se rend en l'Allemagne pour solliciter des avis médicaux; on lui indique qu'il doit désormais éviter de se retrouver dans un environnement stressant comme celui auquel il a été exposé de 1930 à 1935. En 1938, lorsque meurt sa soeur bien-aimée Mildred, il perd un lien familial important. Bennett semble prêt à entreprendre une nouvelle étape de sa vie.

What:

Dans son testament, R.B. Bennett décrit ainsi cette horloge : « My gold and crystal Coronation Orb » (Mon globe du couronnement en or et en cristal).

Where:

George VI et la reine Elizabeth sont couronnés lors d'une cérémonie spectaculaire à l'abbaye de Westminster, à Londres.

When:

George VI meurt du cancer du poumon en février 1952. La reine Elizabeth, plus familièrement connue sous le nom de Reine mère, vivra encore 50 ans, entourée de l'affection d'une nation et d'un ancien empire.

Who:

Le prince Albert, duc de York, accède au trône britannique en décembre 1936 sous le nom de George VI, à la suite de l'abdication de son frère aîné, Edward VIII (1894-1972).

1957.139
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum
Photograph
Richard Bedford, Viscount Bennett
Harold Climo
26 January 1939, 20th century
25.4 x 27.5 cm
Gift of the Howard P. Robinson Estate
1957.139
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum

Keys to History:

Voyant disparaître les derniers liens familiaux et sociaux qui l'attachent à son pays natal, R.B. Bennett (1870-1947), dont la santé décline, décide de quitter le Canada de façon permanente en 1939. L'année précédente, il s'est rendu en bateau en Angleterre, pour y trouver un lieu de résidence. Son choix se fixe sur un domaine à Surrey, en Angleterre, non loin du domicile de Max Aitken, lord Beaverbrook (1879-1964), son vieil ami de Chatham, au Nouveau-Brunswick. À son retour au Canada, Bennett renoue avec le statut de célébrité : on l'invite à prononcer des allocutions et à effectuer des visites avant son départ définitif. Il entreprend une tournée, voyageant de Vancouver à Halifax, durant laquelle on reconnaît sa contribution comme personnage politique et héros du Parti conservateur. Le 28 janvier 1939, au départ de son bateau dans le port de Halifax, Bennett démissionne officiellement de son siège de Calgary à la Chambre des communes.

La Seconde Guerre mondiale éclate quelque mois après l'arrivée de Bennett dans son nouveau lieu de résidence. Durant la guerre, il sera membre de nombreux comités et commissions, mais il se tient à l'écart de toute activité à forte visibilité. En 1944, il perd deux neveux dans les combats en Normandie.

À l'instigation de Beaverbrook, Bennett est nommé à la Chambre des Lords britannique, devenant le vicomte Bennett de Mickleham, Calgary et Hopewell à l'été 1941.

What:

La légende photographique porte la mention suivante : « To my friend kinsman Howard Robinson / with all good wishes / 26 January 1939 R.B. Bennett » (À mon ami et allié Howard Robinson / Avec tous mes voeux / Le 26 janvier 1939 R.B. Bennett).

Where:

Le domaine à Surrey du vicomte Bennett portait le nom de Juniper Hill. Il s'agit de la seule propriété dont il ait été propriétaire.

When:

Bien que cette photographie soit datée du 26 janvier 1939, elle a probablement été prise plusieurs années auparavant, peut-être durant une visite au Nouveau-Brunswick au début des années 1930.

Who:

Howard Robinson (vers 1874-1950), dont le nom apparaît dans la légende, était né dans le comté d'Albert. Comme Bennett, il était un éminent homme d'affaires dans le Nouveau-Brunswick du milieu du XXe siècle, jouant un rôle actif dans les secteurs des médias, des télécommunications et de l'industrie manufacturière.

F21-10
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum
Program
Westminster Abbey, Order of Memorial Service for the Right Honourable Richard Bedford, Viscount Bennett
4 July 1947, 20th century
24 x 15 cm
F21-10
This artefact belongs to: © New Brunswick Museum

Keys to History:

Pour un ancien premier ministre, la retraite ne prend pas tout à fait la même forme que pour le commun des mortels. Discours, comités, commissions, engagements sociaux et siestes à la Chambre des Lords figurent au nombre des activités courantes qui ponctuent les dernières années du vicomte Bennett (1870-1947). Un soir, vers la fin de juin 1947, lord Beaverbrook (1879-1964) rend visite au vicomte; mais comme son vieil ami ne se sent pas bien, il écourte sa visite. Le majordome de Bennett voit son employeur vivant pour une dernière fois lorsque le vieil homme, fidèle à son habitude, ouvre sa Bible pour lire.

Le matin suivant, lord Beaverbrook reçoit un appel lui demandant de venir immédiatement à la résidence de Bennett. Ce n'est qu'une fois arrivé qu'il découvre la raison de cet appel pressant, Lorsque le majordome a voulu réveiller son maître, il a trouvé le petit chien de Bennett, Bill, en couché sur le lit qui n'avait pas été défait, et il a entendu l'eau couler dans la salle de bains. Le vicomte et ancien premier ministre Bennett est trouvé mort dans sa baignoire.

What:

Un médecin déclarera à lord Beaverbrook que le vicomte Bennett est peut-être mort d'une crise cardiaque.

Where:

Le vicomte Bennett est enterré dans l'enclos paroissial de la St. Michael's Church, dans le village de Mickleham.

When:

Le vicomte est enterré le 30 juin 1947. Le service commémoratif à l'abbaye de Westminster a lieu quelques jours plus tard.

Who:

Le vicomte Bennett a légué au Musée du Nouveau-Brunswick une vaste collection de pièces commémoratives en or et en argent, un portrait, des uniformes et des toges ainsi que d'autres pièces plus petites.

Conclusion:

La présence imposante de Richard Bedford Bennett (1870-1947) et la seule évocation de son nom éveillent des sentiments très forts chez les Canadiens. Si ses amis le considéraient comme un homme travaillant, appliqué et minutieux, un homme de principes et d'innovation, ses critiques le percevaient comme une personne froide, distante, vindicative, directive et autoritaire. Diriger un pays en période de crise suscite des réactions extrêmes.

Les trésors d'or et d'argent qu'a reçus en cadeau le premier ministre canadien conservateur contrastent vivement avec les sombres images du Canada durant la Crise de 1929. Bien sûr, personne ne pouvait prévoir la profondeur du marasme qui allait frapper l'économie durant les années 1930. Franklin Roosevelt (1882-1945) et Mackenzie King (1874-1950) n'étaient pas mieux équipés que Herbert Hoover (1874-1964) et R.B. Bennett pour résoudre la Crise, mais la guerre a détourné l'attention de ce fait évident. Avec le temps, les historiens ont rétabli la vérité, mais R.B. Bennett n'aura pas vécu assez longtemps pour voir sa réputation et son administration réhabilitées, ou du moins considérées plus objectivement.

Personnalité complexe et fascinante, R.B. Bennett a su garder le pays uni dans des circonstances exceptionnelles tandis que d'autres États se tournaient vers le communisme et le fascisme. Appelé à relever un défi insurmontable, Bennett nous laisse en héritage l'exemple d'un homme déterminé et dévoué.

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