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La Seconde Guerre mondiale en caricatures

Charles Hou

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Introduction:

Charles Hou, 2005

La Deuxième Guerre mondiale éclate le 1er septembre 1939, lorsque l'Allemagne envahit la Pologne. Le 3 septembre, la Grande-Bretagne déclare la guerre à l'Allemagne, et le 10 septembre, le Canada entre en guerre pour appuyer la Grande-Bretagne. Le premier ministre Mackenzie King espère limiter la contribution du Canada en argent qu'en main-d'oeuvre. Toutefois, après les cuisantes défaites des Alliés en France et les raids aériens lancés par l'Allemagne contre la Grande-Bretagne, le Canada accroît considérablement sa participation au conflit. Avec la croissance économique, la marine, l'armée de l'air et l'armée de terre du Canada prennent de l'expansion. La marine canadienne jouera un rôle important dans la bataille de l'Atlantique, l'armée de l'air dans la défense de la Grande-Bretagne bombardée par les Allemands, et l'armée de terre dans l'invasion de l,Italie et la libération de la France, de la Belgique et de la Hollande


M965.199.4298
© Musée McCord
Dessin, caricature
Ménager la chèvre et le chou
John Collins
Vers 1939, 20e siècle
Encre, crayon et mine de plomb sur carton
36.4 x 28.8 cm
Don de Mr. John Collins - The Gazette
M965.199.4298
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Avec le statut de Westminster (1931), le Canada acquiert son indépendance et devient maître de sa politique étrangère. Mais le pays a du mal à élaborer une politique claire. Les nationalistes du Québec réclament une position isolationniste forte car ils craignent d'être entraînés dans un autre conflit européen. Les « impérialistes » anglophones, quant à eux, préconisent un système de sécurité collective, un soutien inconditionnel à la Grande-Bretagne et la conscription. Si certains Canadiens sont en faveur de la sécurité collective qu'offre la Société des Nations, plusieurs sont d'avis que les océans Atlantique et Pacifique mettent le Canada à l'abri d'un conflit européen ou asiatique, et un petit groupe de pacifistes s'oppose à toute guerre, quelle qu'elle soit. La solution du premier ministre King consiste à rester en dehors des conflits internationaux tout en appuyant les efforts de la Grande-Bretagne pour apaiser Hitler. King sait très bien, cependant, que si la Grande-Bretagne entre en guerre, le Canada n'aura probablement pas d'autre choix que de s'engager lui aussi dans le conflit.

Quoi:

Les probabilités qu'une guerre éclate en Europe et dans le Pacifique étant de plus en plus grandes, la tension monte entre ceux qui sont en faveur de la participation du Canada et ceux qui sont contre.

Où:

Les tensions étant de plus en plus fortes, le pays se tourne vers Ottawa pour que le gouvernement établisse clairement la position du Canada.

Quand:

Lorsque Hitler envahit la Tchécoslovaquie en mars 1939, la Grande-Bretagne et la France promettent un soutien inconditionnel à la Pologne, prochain pays convoité par Hitler.

Qui:

Le premier ministre King cherche à établir un équilibre entre les demandes contradictoires des différents groupes du Canada et évite de donner son appui à l'une ou l'autre de la cause impérialiste ou nationaliste.

PERS-13
Cet artefact appartient à : Collection privée
Dessin, caricature
Cauchemar national
The Hamilton Spectator, Ivan Glassco

8 février, 1939, 20e siècle
Encre sur papier
PERS-13
Cet artefact appartient à : Collection privée

Clefs de l'histoire:

En 1939, la guerre semble de plus en plus inévitable. Le Canada est forcé d'admettre qu'il a grandement négligé ses forces armées. L'armée de terre, la marine et l'armée de l'air sont restreintes et pauvrement armées. Les Canadiens s'étaient épuisés durant la Première Guerre mondiale, et les budgets militaires dans les années d'après-guerre et durant la dépression étaient totalement insuffisants. La Marine royale du Canada regroupe 2 000 hommes et dispose d'une flotte de dix navires. L'Aviation royale du Canada peut compter sur 3 048 hommes et 270 aéronefs, mais seulement trente-sept de ces appareils ne sont pas désuets. L'armée de terre canadienne possède une force mal équipée de seulement 4 261 hommes. Dans tout le Canada, il n'y a que quatre canons antiaériens et deux chars légers. Le budget militaire du gouvernement s'élevait à 26 millions de dollars en 1934-1935, à 36 millions de dollars en 1937-1938, et à 64,6 millions de dollars seulement en 1939-1940.

Quoi:

Comme en témoigne cette caricature d'Yvan Glassco, la défense d'« Équipe Canada » n'inspire pas confiance. En 1939, l'armée de terre, la marine et l'armée de l'air du Canada manquent cruellement d'effectifs et sont mal équipées pour la guerre.

Où:

La possibilité d'une guerre contre l'Allemagne, l'Italie et le Japon signifie que le Canada pourrait avoir à défendre ses côtes de l'Atlantique et du Pacifique et dépêcher ses troupes en Europe et en Asie.

Quand:

En septembre 1939, les chefs d'état-major informent le cabinet que le gouvernement devrait dépenser 491 millions de dollars pour préparer ses forces armées à la guerre. Les ministres horrifiés réduisent le budget à 314 millions de dollars.

Qui:

Tout comme en 1914-1918, tous les Canadiens seront touchés d'une façon ou d'une autre par la guerre.

PERS-14
Cet artefact appartient à : Collection privée
Dessin, caricature
Ils attendent leur tour
The Halifax Herald, Bob Chambers

1 septembre, 1939, 20e siècle
Encre sur papier
PERS-14
Cet artefact appartient à : Collection privée

Clefs de l'histoire:

En 1914, c'était avec un enthousiasme naïf que la plupart des Canadiens avaient accueilli la nouvelle de la guerre. En 1939, les gens sont dans un tout autre état d'esprit. Les Canadiens connaissent maintenant les horreurs de la guerre et cherchent à l'éviter. Malgré les politiques de plus en plus militaristes et expansionnistes d'Adolf Hitler, le gouvernement canadien encourage les efforts menés par la Grande-Bretagne et la France pour l'apaiser. Lorsque Hitler trahit son engagement de ne pas envahir la Tchécoslovaquie, les Anglais et les Français renoncent à leur politique d'apaisement. Lorsque Hitler envahit la Pologne, la Grande-Bretagne et la France déclarent la guerre à l'Allemagne. Une semaine plus tard, c'est au tour du Canada de déclarer la guerre aux Allemands. Pour obtenir l'appui du Québec, King promet de ne jamais imposer la conscription et cherche à limiter le soutien du Canada à une aide de nature économique.

Quoi:

Les Canadiens savent que les conséquences d'une autre guerre mondiale seraient désastreuses.

Où:

Le caricaturiste Chambers a établi un parallèle entre la scène politique internationale et une scène de théâtre où se joue un drame réel, celui de la guerre.

Quand:

La Grande-Bretagne et la France déclarent la guerre à l'Allemagne le 3 septembre, et le Canada emboîte le pas le 10 septembre.

Qui:

En rompant la paix, Hitler (dit « le fou ») prépare le terrain à trois autres fléaux : la famine, la peste et la mort.

PERS-15
Cet artefact appartient à : Collection privée
Dessin, caricature
Qui s'y frotte s'y pique
The Toronto Daily Star, Les Callan

11 octobre, 1939, 20e siècle
Encre sur papier
PERS-15
Cet artefact appartient à : Collection privée

Clefs de l'histoire:

La Grande-Bretagne propose au Canada de mettre sur pied un programme de formation pour les pilotes et les équipages des aéronefs de la Grande-Bretagne et du Commonwealth. Favorable à l'idée, le premier ministre King espère que ce programme sera la principale contribution du Canada à l'effort de guerre des Alliés. Il croit que le nombre de victimes sera moins élevé que si le Canada envoyait ses troupes en Europe, et que la conscription sera donc moins nécessaire. King aime tant l'idée qu'il consent à verser 353 des 607 millions de dollars prévus. Le Programme d'entraînement aérien du Commonwealth produira éventuellement plus de 130 000 membres d'équipage pour les opérations aériennes, contribution majeure à l'effort de guerre des Alliés. King insiste pour que les diplômés canadiens soient affectés aux escadrons de l'Aviation royale du Canada, les empêchant ainsi d'être intégrés au sein de la Royal Air Force. Dans chaque province canadienne, des écoles forment des pilotes, des observateurs aériens, des bombardiers, des mitrailleurs, des navigateurs et des radiotélégraphistes. Le programme fera beaucoup pour l'unification du Commonwealth.

Quoi:

La Grande-Bretagne, le Canada, l'Australie et la Nouvelle-Zélande ont besoin de pilotes, de bombardiers, de mitrailleurs, de mécaniciens de bord, d'opérateurs radars et autres pour assurer le maintien de l'énorme flotte de chasseurs et de bombardiers requis pour la guerre.

Où:

Le caricaturiste Callan a utilisé l'image d'un nid d'abeilles pour illustrer la contribution du Canada à l'entraînement de la force aérienne. En 1942, on compte 107 écoles dans l'ensemble du Canada. Les grands espaces sûrs du Canada s'avèrent l'endroit idéal pour l'entraînement des militaires.

Quand:

Le 17 décembre 1939, une entente est conclue pour la mise sur pied du Programme d'entraînement aérien du Commonwealth. La première école de formation ouvre ses portes en avril 1940 et les premiers membres d'équipage obtiennent leur diplôme cette même année.

Qui:

L'Aviation royale du Canada assure l'administration des écoles, mais ce sont principalement des pilotes civils qui dispensent l'enseignement et la formation aux pilotes et aux membres d'équipage.

M965.199.1822
© Musée McCord
Dessin, caricature
Trio militaire
John Collins
19 juin, 1940, 20e siècle
Encre, crayon et mine de plomb sur carton
38.6 x 28.2 cm
Don de Mr. John Collins - The Gazette
M965.199.1822
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Après avoir rapidement conquis le Danemark et la Norvège, l'Allemagne s'empare de la Hollande, du Luxembourg, de la Belgique et du nord de la France. La Grande-Bretagne et les pays du Commonwealth ne peuvent que constater la puissance de l'Allemagne. Principal allié de la Grande-Bretagne, le Canada accélère la mobilisation de ses ressources militaires, financières et industrielles. Le Canada dépêche immédiatement quatre de ses contre-torpilleurs en Grande-Bretagne, et met des troupes en garnison en Islande. La possibilité d'une défaite de la Grande-Bretagne incite plusieurs groupes du Canada à exiger la conscription. Le gouvernement de King adopte la Loi sur la mobilisation des ressources nationales (LMRN), qui donne au gouvernement le pouvoir de recruter des hommes pour la défense du Canada. Si l'entraînement et le service prévus par la loi se limitent au territoire canadien, le gouvernement espère que plusieurs des conscrits se porteront volontaires pour le service outre-mer.

Quoi:

Après la conquête de la majorité du territoire européen par l'Allemagne, la Grande-Bretagne a grand besoin de l'appui du Canada. Les États-Unis ne s'engageront dans le conflit qu'à la fin de l'année 1941.

Où:

L'Allemagne contrôle maintenant la côte française de la Manche. Elle prévoit envahir la Grande-Bretagne lorsque sa force aérienne aura pris le contrôle des airs au-dessus de la Manche.

Quand:

En avril, mai et juin 1940, Hitler prend le contrôle du nord de l'Europe. La Loi sur la mobilisation des ressources nationales est votée le 21 juin.

Qui:

Comme l'a illustré John Collins dans cette caricature, la grandeur du territoire du Canada, sa main-d'oeuvre, ses ressources et ses liens avec la Grande-Bretagne signifiaient que les Canadiens étaient destinés à jouer un rôle capital dans la guerre.

M965.199.1874
© Musée McCord
Dessin, caricature
L'heure est au renforcement de la défense.
John Collins
28 août, 1940, 20e siècle
Encre, crayon et mine de plomb sur carton
38.2 x 28.1 cm
Don de Mr. John Collins - The Gazette
M965.199.1874
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

En juin 1940, les Britanniques réussissent à évacuer la plus grande partie de leur armée du port de Dunkerque, dans la mer du Nord, mais ils sont forcés d'abandonner presque tout leur matériel en France, ce qui laisse la Grande-Bretagne dans une position vulnérable. Le 15 août, Hitler lance une attaque aérienne sur la Grande-Bretagne. Le Canada doit maintenant se préoccuper de sa propre défense. Si la Grande-Bretagne tombe, seuls les États-Unis pourront garantir la sécurité du Canada. Le Canada et les États-Unis doivent évaluer les répercussions d'une défaite de la Grande-Bretagne sur la Royal Navy, et élaborer un plan commun pour la défense de l'Amérique du Nord. Le 16 août, King rencontre le président Roosevelt à Ogdensburg, dans l'État de New York. Les deux leaders conviennent de mettre sur pied la Commission permanente mixte de défense Canada-États-Unis, qui a pour mandat de planifier la défense des deux pays. La Commission, basée sur une représentation égale des deux pays, doit examiner les problèmes communs en matière de défense et proposer des solutions aux deux gouvernements. King discute également d'une entente en vertu de laquelle les États-Unis prévoient fournir la Grande-Bretagne en contre-torpilleurs en échange de la location à long terme des bases navales et aériennes britanniques situées dans les Antilles.

Quoi:

La Commission permanente mixte de défense Canada-États-Unis représente le premier pacte de défense conjoint entre le Canada et les États-Unis. Jouant sur les deux significations du mot board (signifiant à la fois commission et planche en anglais), cette caricature de John Collins montre un soldat allemand observant d'un air perplexe l'alliance entre les États-Unis et le Canada, représentés par leur symbole national respectif, Oncle Sam et un agent de la police montée.

Où:

Le président Roosevelt a choisi la ville d'Ogdensburg, N.Y., près de la frontière canado-américaine, au sud d'Ottawa, comme lieu de la rencontre.

Quand:

Le pacte est signé le 18 août 1940, trois jours avant le début de la bataille décisive d'Angleterre.

Qui:

Le président Roosevelt suggère rapidement au premier ministre King de mettre sur pied la Commission permanente mixte de défense. King s'empresse d'accepter cette proposition d'une envergure considérable.

M965.199.3035
© Musée McCord
Dessin, caricature
Trois hommes dans un bateau
John Collins
12 février, 1941, 20e siècle
Encre, crayon, mine de plomb et blanc opaque sur carton
38 x 28.5 cm
Don de Mr. John Collins - The Gazette
M965.199.3035
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

La Première Guerre mondiale a fait naître un fort sentiment d'isolationnisme aux États-Unis, sentiment qui explique que les Américains soient restés en dehors de la Deuxième Guerre mondiale jusqu'à l'offensive japonaise contre Pearl Harbor. La Loi de neutralité de 1939 exige des nations en guerre de payer leurs armes comptant et de les transporter dans leurs propres navires. La loi a pour but de tenter d'empêcher les États-Unis d'être entraînés dans la guerre. À la fin de 1940, cependant, la Grande-Bretagne commence à être à court d'argent. Devant la situation désespérée dans laquelle se trouvent les Britanniques à l'été 1940, les États-Unis acceptent de leur fournir des contre-torpilleurs en échange de la location à long terme des bases britanniques situées en Amérique du Nord. En 1940, Roosevelt, qui convoite un deuxième mandat, est confronté à une forte opposition de la part de différents groupes qui craignent que la vente d'armes et de munitions à la Grande-Bretagne n'entraîne les États-Unis dans la guerre. Cette caricature cherchait à discréditer la position isolationniste et à inciter les États-Unis à sortir de leur inaction.

Quoi:

Les isolationnistes américains s'opposent à la participation des États-Unis à la guerre.

Où:

De la chute de la France en juin 1940 jusqu'à l'invasion de l'URSS par l'Allemagne en juin 1941, les Britanniques craindront d'être la prochaine cible des Allemands.

Quand:

L'accord « des destroyers contre des bases » est conclu le 14 août 1940. La Loi du prêt-bail est votée le 8 mars 1941.

Qui:

Le Canada fait de son mieux pour renforcer ses liens avec la Grande-Bretagne et les États-Unis et pour encourager les Américains à accroître leur soutien aux Britanniques.

PERS-16
Cet artefact appartient à : Collection privée
Dessin, caricature
La bague de fiançailles
The Calgary Herald, Stewart Cameron

24 avril, 1941, 20e siècle
Encre sur papier
PERS-16
Cet artefact appartient à : Collection privée

Clefs de l'histoire:

En mars 1941, afin de venir en aide aux Britanniques, les Américains élaborent un programme de prêt-bail en vertu duquel la Grande-Bretagne peut louer, plutôt qu'acheter, du matériel militaire. Cela crée un problème majeur pour le Canada. Si la Grande-Bretagne peut désormais se procurer tout ce dont elle a besoin auprès des États-Unis, pourquoi achèterait-elle de la marchandise du Canada ? Le Canada accuse également un énorme déficit commercial vis-à vis des États-Unis. Avant la guerre, ce déficit était contrebalancé par un surplus dans ses échanges commerciaux avec la Grande-Bretagne et d'autres nations. Le premier ministre King négocie un arrangement idéal appelé la Déclaration de Hyde Park. En vertu de cet accord, les États-Unis s'engagent à fournir au Canada les composantes requises pour la fabrication du matériel et des munitions destinés à la Grande-Bretagne. Ce matériel est imputé au compte de prêt-bail de la Grande-Bretagne. Les États-Unis acceptent également d'acheter davantage de matières premières et de marchandises canadiennes dans le but de compenser l'augmentation des achats effectués par le Canada aux États-Unis. L'accord de Hyde Park contribue à lier étroitement les économies du Canada et des États-Unis.

Quoi:

Le Canada accuse un déficit commercial vis-à-vis des États-Unis. Ses problèmes financiers s'aggraveront si la Grande-Bretagne détourne ses commandes commerciales vers les États-Unis en vertu de l'accord de prêt-bail.

Où:

Les pourparlers ont lieu à Hyde Park, la résidence du président américain Roosevelt située sur le fleuve Hudson.

Quand:

King et Roosevelt se rencontrent le 16 avril et concluent l'accord de Hyde Park le 20 avril.

Qui:

En vertu de la Déclaration de Hyde Park, le Canada (la fiancée de la caricature) devient l'allié des États-Unis (le prétendant) sous le regard approbateur de la Grande-Bretagne (John Bull).

M965.199.4063
© Musée McCord
Dessin, caricature
Prêts à intervenir
John Collins
Vers 1939, 20e siècle
Encre, crayon et mine de plomb sur carton
38.6 x 28 cm
Don de Mr. John Collins - The Gazette
M965.199.4063
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Le Canada est solidement attaché à la Grande-Bretagne par les liens du sang et de la culture, comme en témoigne la visite immensément populaire du roi George VI et de la reine Élisabeth au Canada en 1939. Cette visite contribue beaucoup à renforcer la loyauté des Canadiens envers la Grande-Bretagne. Cette attitude sera très bien résumée par le chef de l'opposition conservateur, le Dr Robert Manion, qui déclare le 1er septembre 1939 : « Il ne saurait être question de neutralité pour le Canada alors que la Grande-Bretagne est engagée dans une guerre de vie et de mort. » Le Canada et d'autres pays du Commonwealth témoignent de leur allégeance à la couronne britannique en appuyant le Programme d'entraînement aérien du Commonwealth et en envoyant des troupes à la guerre.

Quoi:

En dessinant des membres du Commonwealth britannique en train de faire la file à la porte du bureau de recrutement de l'Empire, le caricaturiste a voulu démontrer leur loyauté envers l'Empire britannique.

Où:

Cette caricature a été publiée à Montréal, un important centre de fabrication de biens destinés à la Grande-Bretagne.

Quand:

Cette caricature a été publiée peu après le début de la guerre.

Qui:

Le Canada, l'Afrique du Sud, la Nouvelle-Zélande et l'Australie étaient tous des membres du Commonwealth britannique.

M965.199.3206
© Musée McCord
Dessin, caricature
Les rejetons de la guerre
John Collins
15 septembre, 1941, 20e siècle
Encre, crayon, mine de plomb et blanc opaque sur carton
38.4 x 28 cm
Don de Mr. John Collins - The Gazette
M965.199.3206
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Les commandes de guerre aux usines font un bond spectaculaire et passent de 60 millions de dollars en 1939 à 2,5 milliards de dollars en 1942, ce qui signifie qu'il y a du travail pour tout le monde. Nombreux sont ceux qui ont beaucoup d'argent à dépenser. Par contre, il y a peu de choses à acheter, car les usines qui produisaient auparavant des biens de consommation fabriquent maintenant du matériel de guerre. L'augmentation de la demande pour les quelques biens disponibles entraîne une forte hausse des prix , qui à son tour suscite une demande pour des salaires plus élevés. En 1939, on met sur pied la Commission des prix et du commerce en temps de guerre afin d'exercer un contrôle sur les prix et les pénuries. Lorsque l'inflation commence à s'emballer en 1941, la Commission obtient carte blanche pour mettre en application des contrôles des prix et des salaires. Le gouvernement incite fortement la population à se procurer des obligations de la Victoire, encourageant les gens à épargner jusqu'à la fin de la guerre lorsque les biens de consommation seront de nouveau disponibles.

Quoi:

La caricature de John Collins illustre le désarroi du Canadien moyen alors que les salaires et les prix continuent de grimper. L'inflation est un véritable fléau. De septembre 1939 à octobre 1941, le coût de la vie augmente de 17,8 %. D'octobre 1941 à avril 1945, il grimpe de 2,8 %.

Où:

Le contrôle de l'économie canadienne repose maintenant en grande partie entre les mains d'Ottawa. Une petite indemnité de vie chère contribue à maintenir un équilibre entre les salaires et les prix.

Quand:

Une rigoureuse politique de contrôle des prix et des salaires entre en vigueur le 1er décembre 1941.

Qui:

Un économiste réputé, Donald Gordon, est nommé par le gouvernement à la tête de la Commission de contrôle du change étranger en 1939. En 1941, il devient président de la très puissante Commission des prix et du commerce en temps de guerre.

PERS-17
Cet artefact appartient à : Collection privée
Dessin, caricature
Une surprise du Canada
Winnipeg Free Press, Arch Dale

18 novembre, 1941, 20e siècle
Encre sur papier
PERS-17
Cet artefact appartient à : Collection privée

Clefs de l'histoire:

Le Japon s'empare de la Mandchourie en 1931 et envahit la Chine en 1937. Il considère la guerre en Europe comme une occasion idéale de conquérir les colonies d'Asie. La colonie britannique de Hong Kong est alors l'une des cibles disponibles les plus vulnérables. Les chefs d'état-major britanniques décident que le renforcement de Hong Kong contribuerait à améliorer le moral des colonies asiatiques de la Grande-Bretagne, et qu'il pourrait dissuader le Japon d'entrer en guerre. La Grande-Bretagne demande donc au Canada d'envoyer des renforts pour contribuer à l'établissement d'une garnison dans la colonie. Le premier ministre King accède à la demande de la Grande-Bretagne et envoie 1 973 soldats mal entraînés à Hong Kong. Cette caricature de la Winnipeg Free Press illustre la fierté et l'optimisme hâtif des Canadiens. Peu après l'attaque de Pearl Harbor en décembre 1941, le Japon fait la conquête de la colonie et entreprend une expansion majeure en Asie du Sud-Est.

Quoi:

À la demande du gouvernement britannique, le Canada envoie des troupes à Hong Kong.

Où:

Des Canadiens sont envoyés en poste sur l'île de Hong Kong.

Quand:

Parties de Vancouver le 27 octobre 1941, les troupes arrivent à Hong Kong le 16 novembre, sont attaquées le 8 décembre et se rendent aux Japonais le 25 décembre.

Qui:

La force canadienne est constituée des Fusiliers royaux, recrutés dans la région de Québec, et des Winnipeg Grenadiers. Quarante pour cent des soldats seront tués ou blessés durant la bataille de Hong Kong.

M965.199.3242
© Musée McCord
Dessin, caricature
Le festin du tigre
John Collins
30 octobre, 1941, 20e siècle
Encre, crayon, mine de plomb et blanc opaque sur carton
38.3 x 28.4 cm
Don de Mr. John Collins - The Gazette
M965.199.3242
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

En mai 1941, une tentative du gouvernement pour recruter des volontaires donne peu de résultats. Cet échec, conjugué à l'invasion de l'URSS par l'Allemagne en juin, soulève la question de la conscription. En novembre, Arthur Meighen est élu à la tête du Parti conservateur. Il promet immédiatement de lutter en faveur de la conscription obligatoire pour le service outre-mer. Cette caricature laisse entendre que les opposants à la conscription pour le service outre-mer sont aveugles face à la menace que représente l'expansion d'Hitler en Europe.

Quoi:

Tous les partis politiques s'étaient opposés à la conscription lors de l'élection de 1940. Mais les désastreuses défaites des Alliés en 1940 et 1941 incitent plusieurs Canadiens à reconsidérer la question.

Où:

Cette caricature a été publiée dans The Gazette de Montréal, un journal qui était en faveur de la conscription.

Quand:

Cette caricature a été publiée dans The Gazette de Montréal, un journal qui était en faveur de la conscription.

Qui:

Cette caricature illustre que l'opposition à la conscription donne le champ libre à Hitler. L'opposant fera partie du « festin » d'Hitler !

M965.199.3292
© Musée McCord
Dessin, caricature
La fausse note
John Collins
30 janvier, 1942, 20e siècle
Encre, crayon, mine de plomb et blanc opaque sur carton
38.1 x 28.1 cm
Don de Mr. John Collins - The Gazette
M965.199.3292
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Une clause dans la Loi sur la mobilisation des ressources nationales (LMRN) limite le service militaire obligatoire au territoire canadien. L'attaque des Japonais contre Pearl Harbor en décembre 1941 renforce la pression exercée sur le gouvernement pour qu'il abroge cette clause. Cédant aux revendications du Canada anglais, King décide de demander à la population, par voie de plébiscite, de dégager le gouvernement de sa promesse faite à l'élection de 1940 de ne pas imposer la conscription pour le service outre-mer. Un vote positif ne se traduirait pas par une conscription immédiate, mais permettrait au gouvernement de l'imposer en cas de besoin. De toute évidence, le caricaturiste aurait souhaité que la décision du gouvernement soit plus ferme.

Quoi:

La conscription est l'enrôlement obligatoire dans les forces armées des citoyens ayant l'âge légal pour le service militaire. Un plébiscite est un vote direct de la population en faveur ou contre une proposition, comme celui qui a été tenu pour la conscription. La caricature montre le premier ministre britannique Churchill et le président américain Roosevelt, qui avaient déjà imposé la conscription, entonnant un « chant de la victoire », tandis que le premier ministre King chante la chanson du plébiscite, « Mieux vaut ne pas précipiter les choses - Organisons un vote. »

Où:

Les victoires répétées des Allemands en URSS à l'été et à l'automne, ainsi que l'attaque des Japonais contre Pearl Harbor le 27 décembre 1941, accentuent la pression exercée sur le gouvernement canadien pour qu'il impose la conscription.

Quand:

Les citoyens de l'ensemble du Canada votent par voie de plébiscite le 27 avril 1942.

Qui:

À l'extérieur du Québec, les gens votent massivement en faveur de la conscription, alors qu'au Québec, 71,2 % des votants se prononcent contre.

PERS-18
Cet artefact appartient à : Collection privée
Dessin, caricature
Retrait stratégique vers les positions préparées
The Toronto Daily Star, Les Callan

21 janvier, 1942, 20e siècle
Encre sur papier
PERS-18
Cet artefact appartient à : Collection privée

Clefs de l'histoire:

Les Japonais attaquent Pearl Harbor et s'emparent de Hong Kong en décembre 1941. Ces événements auront des conséquences tragiques pour les 22 000 résidents de Colombie-Britannique d'origine japonaise. Le racisme, la peur de l'espionnage et la panique générale poussent le gouvernement à prendre des mesures. Un peu plus d'un mois après l'attaque de Pearl Harbor, le gouvernement fédéral ordonne que tous les citoyens japonais masculins âgés de quatorze à quarante-cinq ans soient expulsés des communautés côtières et envoyés dans les régions intérieures. Lorsque l'armée japonaise s'empare de Singapour en février 1942, l'ordre s'étend à toute personne d'origine japonaise, ce qui inclut environ 12 500 citoyens canadiens. Ces mesures sont prises en dépit du rapport d'un comité spécial sur les Orientaux de la Colombie-Britannique selon lequel « aucune accusation d'acte subversif perpétré par un Japonais » n'a été corroborée. Les propriétés des gens évincés seront confisquées et vendues à rabais.

Quoi:

De nombreux Japonais vivant sur les côtes de la Colombie-Britannique sont déplacés pendant la guerre. À la fin de la guerre, le gouvernement de Mackenzie King adopte trois décrets en conseil autorisant le gouvernement à déporter ou à emprisonner des personnes d'origine japonaise et à leur retirer leur citoyenneté.

Où:

Les citoyens d'origine japonaise sont envoyés vers l'intérieur de la province de même que dans d'autres régions du Canada.

Quand:

Un premier groupe de citoyens d'origine japonaise est expulsé de la côte le 14 janvier 1942. Les autres suivront le 26 février.

Qui:

Toutes les personnes d'origine japonaise - hommes, femmes et enfants - sont touchées. Plus de la moitié sont des citoyens canadiens et la plupart des autres des résidents permanents.

M965.199.3350
© Musée McCord
Dessin, caricature
Quelle voix écoutera-t-il?
John Collins
28 avril, 1942, 20e siècle
Encre, crayon, mine de plomb et blanc opaque sur carton
38.7 x 28.3 cm
Don de Mr. John Collins - The Gazette
M965.199.3350
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Le 27 avril 1942, le gouvernement tient un plébiscite visant à le délier de sa promesse électorale de 1940 de ne pas imposer la conscription. Le vote divise les Canadiens. La population du Québec refuse dans une proportion de 71,2 % de libérer le gouvernement de sa promesse, alors que les huit provinces anglophones (« le reste du Canada ») votent en faveur à 80 %. Dans l'ensemble du Canada, 63,7 % de la population donnent massivement leur accord. Le libellé du plébiscite est choisi de manière délibérée pour donner une certaine latitude au gouvernement. Dans l'intérêt de l'unité canadienne, King interprète les résultats de cette façon : « La conscription si nécessaire, mais pas nécessairement la conscription. » La Loi sur la mobilisation des ressources nationales (LMRN) accorde au gouvernement le pouvoir de recruter des hommes pour la défense du Canada. King dépose un projet de loi pour amender la LMRN afin de permettre la conscription pour le service outre-mer. Il promet aussi à ses partisans du Québec que ce projet de loi ne sera pas nécessairement adopté.

Quoi:

Dans cette caricature de John Collins, le premier ministre King lit un « résumé » de la question du plébiscite et écoute attentivement les échos de la population. La question originale était la suivante : « Acceptez-vous de libérer le gouvernement de toute obligation découlant d'un quelconque engagement antérieur visant à restreindre la façon de recruter des hommes pour le service militaire ? ».

Où:

Le gouvernement avait déjà imposé le service militaire pour les hommes sur le territoire canadien. Le plébiscite a pour but de permettre au gouvernement de recruter des hommes pour le service outre-mer.

Quand:

King annonce sa décision de tenir un plébiscite le 22 janvier 1942. Le vote a lieu le 27 avril.

Qui:

La majorité des Canadiens anglais jugent la conscription nécessaire. La plupart des Québécois, dont 85 % des francophones, s'y opposent.

M965.199.3366
© Musée McCord
Dessin, caricature
À propos de sacrifice
John Collins
16 septembre, 1942, 20e siècle
Encre, crayon, mine de plomb et blanc opaque sur carton
38.4 x 28 cm
Don de Mr. John Collins - The Gazette
M965.199.3366
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

En 1942, l'URSS est engagée dans une lutte féroce contre les forces allemandes. Les Russes veulent que leurs alliés ouvrent un deuxième front en Europe pour détourner une partie des ressources allemandes du front de l'Est. Par ailleurs, les alliés occidentaux de l'URSS veulent lancer un assaut amphibie contre un port ennemi fortifié. Après s'être préparées à la guerre pendant deux ans, les troupes canadiennes veulent aller au front. Il en résulte le raid désastreux mené par les Canadiens sur le port français de Dieppe, où près de 900 soldats seront tués, plus de 1 000 blessés et près de 1 900 faits prisonniers. Seulement 2 200 soldats réussiront à retourner en Angleterre. Le caricaturiste établit ici un contraste entre les immenses sacrifices accomplis par les troupes canadiennes et les petits sacrifices des civils demeurés au pays.

Quoi:

Cette caricature a pour toile de fond la liste des soldats canadiens blessés ou tués lors du raid de Dieppe.

Où:

Le petit port bien fortifié de Dieppe, en Normandie, avait été choisi pour le raid.

Quand:

Le 19 août 1942, les forces alliées débarquent à Dieppe.

Qui:

Une force de 6 000 hommes, dont près de 5 000 Canadiens, participe au raid.

PERS-19
Cet artefact appartient à : Collection privée
Dessin, caricature
Il se fait remettre à sa place
Manitoba Commonwealth Tribune, Winnipeg, Harry Gutkin

16 avril, 1943, 20e siècle
Encre sur papier
PERS-19
Cet artefact appartient à : Collection privée

Clefs de l'histoire:

La guerre montre aux Canadiens ce qu'un gouvernement déterminé peut accomplir. Cette caricature résume les changements qui sont sur le point de marquer la société canadienne. Les Canadiens ne veulent pas revivre la Crise. Sous la pression exercée par le parti de la Fédération du Commonwealth coopératif, de plus en plus populaire, le gouvernement instaure l'assurance-chômage. Les syndicats acquièrent le droit de négocier collectivement afin d'obtenir pour leurs membres une plus grande part de la richesse industrielle. Le gouvernement met également sur pied le programme des allocations familiales et promet de s'occuper des allocations des anciens combattants, des logements, du programme national d'assurance-santé et du programme national de pensions de vieillesse constituées par cotisations.

Quoi:

La guerre met fin rapidement à la Crise des années 1930 qui fait place au plein emploi et à un niveau de vie plus élevé.

Où:

Un soutien accru à la Fédération du Commonwealth coopératif en 1943 et l'élection d'un gouvernement socialiste en Saskatchewan en 1944 forcent les autres partis fédéraux à appuyer les réformes sociales.

Quand:

Une Loi sur l'assurance-chômage est adoptée en 1940. Plus tard au cours de l'année, le gouvernement accorde aux syndicats le droit de négocier collectivement. La Loi sur les allocations familiales est adoptée en 1944 et le versement des prestations débute en 1945.

Qui:

Lors de l'élection de 1945, tous les partis politiques révisent leur plateforme afin de répondre au désir de changements profonds que souhaitent les Canadiens.

M965.199.4061
© Musée McCord
Dessin, caricature
Il y a de la fumée dans l'air
John Collins
Vers 1939, 20e siècle
Encre, crayon et mine de plomb sur carton
38.1 x 28 cm
Don de Mr. John Collins - The Gazette
M965.199.4061
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

En 1939, l'industrie de l'armement au Canada est peu développée et le pays doit se tourner vers d'autres pays pour se procurer du matériel militaire. Mais les autres pays ont désespérément besoin de leur propre matériel de guerre et se procurent leurs marchandises à l'étranger. Le Canada élargit donc sa production agricole et de ressources naturelles et développe sa propre industrie de l'armement. Pour ce faire, le premier ministre King confie à l'ingénieur et politicien Clarence Decatur Howe le poste de ministre des Munitions et des approvisionnements. Howe mobilise sans tarder le gouvernement, l'industrie privée et la main-d'oeuvre pour produire des navires, des chars d'assaut, des camions pour l'armée, des véhicules blindés, des aéronefs, des munitions, des radars et tout le matériel nécessaire à l'effort de guerre. L'industrie de la construction navale, par exemple, qui employait un total de 4 000 hommes avant la guerre, regroupe en 1943 une main-d'oeuvre de 126 000 hommes et femmes. En 1945, pas moins de 410 navires marchands, 487 escortes et dragueurs de mines et 3 600 navires spécialisés ont été construits.

Quoi:

Puisqu'en Grande-Bretagne, la production de guerre est nécessaire pour assurer la défense du pays, le Canada doit développer ses propres industries pour produire du matériel militaire.

Où:

C. D. Howe réunit un groupe d'hommes d'affaires aguerris du Canada qu'il invite à travailler avec lui à Ottawa pour le nouveau ministère des Munitions et des approvisionnements.

Quand:

Le 9 avril 1940, C. D. Howe est nommé à la tête du ministère des Munitions et des approvisionnements. Il a pour mandat d'axer l'économie canadienne sur la production de guerre.

Qui:

C. D. Howe convainc plusieurs des meilleurs chefs d'entreprise du Canada de travailler à titre gratuit pour le ministère des Munitions et des approvisionnements. Ils sont payés par leurs entreprises durant la guerre et sont en quelque sorte prêtés au gouvernement pour une somme symbolique.

PERS-20
Cet artefact appartient à : Collection privée
Dessin, caricature
Un service inestimable
The Halifax Herald, Bob Chambers

28 août, 1943, 20e siècle
Encre sur papier
PERS-20
Cet artefact appartient à : Collection privée

Clefs de l'histoire:

Nombreuses sont les femmes à vouloir s'enrôler dans les forces armées. Près de 17 000 d'entre elles servent dans le Corps auxiliaire féminin de l'Aviation canadienne, une division de l'Aviation royale du Canada, 22 000 dans le Service féminin de l'armée canadienne et 7 000 dans le Service féminin de la Marine royale du Canada. Ce sont toutes des volontaires. Si elles accomplissent en général du travail traditionnellement réservé aux femmes, plusieurs se voient confier des tâches typiquement masculines. On ne leur assigne pas de rôle au combat, mais leur enrôlement permet de libérer des hommes pour les envoyer au front et réduit la nécessité de la conscription. Des sondages menés durant la guerre révèlent toutefois qu'il y a encore beaucoup d'opposition à l'enrôlement des femmes dans les forces armées. En 1943, à la question « Comment les femmes peuvent-elles le mieux participer à l'effort de guerre du Canada ? », 26 % des répondants choisissent « par le travail domestique » ; 23 % « en travaillant dans les usines » ; 13 % « en effectuant du travail de secours à temps partiel » ;18 % « en économisant la nourriture et en pratiquant le rationnement » et 8 % « en achetant des obligations de la Victoire et des timbres ». Seulement 7 % des répondants choisissent « en joignant les forces armées ».

Quoi:

Comme dans les autres pays du Commonwealth, plusieurs femmes patriotiques veulent participer à l'effort de guerre.

Où:

La plupart des femmes qui se portent volontaires travaillent au Canada, mais certaines vont servir outre-mer.

Quand:

Le Corps auxiliaire féminin de l'Aviation canadienne est créé en juillet 1941, le Service féminin de l'armée canadienne en août 1941 et le Service féminin de la Marine royale du Canada en juillet 1942.

Qui:

Partout au Canada, les femmes occupent des postes dans l'industrie, l'agriculture et les forces armées.

PERS-21
Cet artefact appartient à : Collection privée
Dessin, caricature
Une lutte incessante
The Winnipeg Tribune, William Mozel

2 juillet, 1943, 20e siècle
Encre sur papier
PERS-21
Cet artefact appartient à : Collection privée

Clefs de l'histoire:

La défaite de la France en juin 1940 permet aux Allemands d'établir des bases de U-boots et des terrains d'aviation sur la côte Atlantique. Les sous-marins allemands n'ont plus à faire le long trajet à partir des ports de la mer Baltique. Les U-boots sont en mesure de couvrir tout l'Atlantique Nord, et l'autonomie de la force aérienne allemande s'améliore de façon radicale. Par conséquent, il devient beaucoup plus difficile pour les Alliés de défendre les convois transportant du matériel de guerre de l'Amérique du Nord aux îles britanniques. L'Allemagne met en poste une ligne de U-boots à angles droits par rapport aux routes empruntées par les convois. Lorsqu'un U-boot aperçoit un convoi, il communique par radio avec les autres U-boots qui convergent vers le convoi. La « meute de loups », comme on l'appelle, attaque habituellement les convois de nuit lorsqu'elle peut manoeuvrer en surface. En juin 1943, la bataille de l'Atlantique fait pencher la balance en faveur des Alliés. Les États-Unis et le Canada sont maintenant en mesure d'accumuler suffisamment de matériel de guerre au Royaume-Uni pour préparer l'invasion européenne de 1944.

Quoi:

Pour gagner la guerre contre les Allemands, les Alliés doivent fournir à la Grande-Bretagne toute la nourriture et les armes nécessaires pour lancer une attaque sur l'Europe.

Où:

La majeure partie de la main-d'oeuvre et des approvisionnements nécessaires aux Alliés postés en Europe provient d'Amérique du Nord par la mer.

Quand:

Durant la majeure partie de la guerre, la Marine royale du Canada fait de son mieux pour escorter les convois traversant l'Atlantique.

Qui:

La Marine royale du Canada et la marine marchande canadienne travaillent de concert pour acheminer de la nourriture, des marchandises et des armes en Europe.

M965.199.4567
© Musée McCord
Dessin, caricature
Où est Joe?
John Collins
Vers 1944, 20e siècle
Encre, crayon, mine de plomb et blanc opaque sur carton
37.9 x 28.1 cm
Don de Mr. John Collins - The Gazette
M965.199.4567
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Pour une nation de onze millions de personnes, le Canada apporte une importante contribution à la Deuxième Guerre mondiale, que ce soit en main-d'oeuvre, en ressources ou sur le plan industriel. Le Canada désire que ses efforts soient reconnus, et ses diplomates font pression pour que le pays puisse participer aux décisions internationales prises pendant et après la guerre. Cette caricature montre le président américain Roosevelt et le premier ministre britannique Churchill en pleine discussion, sous le regard observateur du premier ministre canadien Mackenzie King (le leader russe Joseph Staline est absent). Les États-Unis et la Grande-Bretagne ne sont pas prêts à partager leur planification stratégique. S'ils accordent au Canada le droit de prendre part aux décisions, ils devront faire de même pour toutes les autres petites nations. Néanmoins, en tant qu'important producteur de denrées, le Canada réussit à siéger au sein de la Commission mixte des vivres, qui assure la distribution des maigres approvisionnements alimentaires des Alliés. Le Canada se taille une place comme moyenne puissance en temps de guerre en faisant valoir que les nations ayant apporté une importante contribution dans un domaine particulier devraient être représentées au sein des organismes responsables. C'est ce qu'on appelle alors le « principe de fonctionnalité ».

Quoi:

Les Canadiens pensent que leur contribution à l'effort de guerre leur donne leur mot à dire dans les affaires internationales.

Où:

Les diplomates canadiens font pression pour que le Canada puisse participer aux décisions qui sont prises à Washington et à Londres.

Quand:

À compter de 1942, le Canada se bat pour prendre part aux décisions qui touchent ses intérêts nationaux. Il obtient le droit d'être représenté au sein de la Commission mixte des denrées le 27 octobre 1943.

Qui:

Le premier ministre King et un groupe compétent de diplomates en Affaires étrangères font d'énormes pressions pour que le Canada soit représenté au sein de plusieurs organismes internationaux.

PERS-22
Cet artefact appartient à : Collection privée
Dessin, caricature
Travailleuse de guerre
The Winnipeg Tribune, William Mozel

6 septembre, 1943, 20e siècle
Encre sur papier
PERS-22
Cet artefact appartient à : Collection privée

Clefs de l'histoire:

La guerre permet aux femmes d'occuper des emplois traditionnellement réservés aux hommes. En septembre 1943, un grand nombre de femmes travaillent dans des industries reliées à la guerre. Les syndicats font de leur mieux pour assurer que les femmes reçoivent les mêmes salaires que les hommes. Les entreprises et le gouvernement s'efforcent d'installer des garderies en milieu de travail pour qu'il soit plus facile pour les femmes mariées d'aller travailler. L'arrivée des femmes sur le marché du travail remet en question l'idéal social de la femme dévouée principalement à son foyer et à sa famille. Toutefois, on s'attend en général à ce qu'une fois la guerre terminée, les femmes retourneront à la vie qu'elles menaient avant le conflit.

Quoi:

Durant la guerre, l'énorme expansion des forces armées et de la production industrielle et agricole provoque une pénurie de main-d'oeuvre.

Où:

La pénurie de main-d'oeuvre se fait sentir d'un océan à l'autre, mais surtout dans les villes.

Quand:

Le manque de main-d'oeuvre commence à se manifester dans de nombreux secteurs en 1941 et ne cessera de s'accentuer jusqu'en 1945.

Qui:

Avec l'augmentation des forces armées et la demande de la conscription qui se fait de plus en plus pressante, le gouvernement et les industries encouragent les femmes à entrer sur le marché du travail.

M965.199.2257
© Musée McCord
Dessin, caricature
Une bonne poussée
John Collins
13 décembre, 1943, 20e siècle
Encre, crayon, mine de plomb et blanc opaque sur carton
38.4 x 28.2 cm
Don de Mr. John Collins - The Gazette
M965.199.2257
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Du moment où la Russie entre en guerre en juin 1941 jusqu'à ce que les Alliés débarquent dans le nord de la France en juin 1944, la guerre aérienne représente la meilleure option des Alliés pour l'établissement d'un deuxième front. Les pilotes de chasse et les équipages des bombardiers canadiens, britanniques et américains jouent un rôle important dans la défense de l'Angleterre et les attaques contre les Allemands. Leur objectif est de limiter la production industrielle allemande, de perturber les communications et de saper le moral des Allemands. Ils cherchent à détourner les précieuses ressources allemandes du front de l'Est et à forcer l'Allemagne à défendre ses villes. Hitler est contraint d'affecter du matériel et de la main-d'oeuvre à la construction de canons antiaériens et d'intercepteurs et de trouver le personnel pour les manoeuvrer. Il doit aussi construire des armes offensives afin de riposter contre les raids de bombardement lancés sur l'Allemagne. En 1944, les Alliés tentent d'obtenir la maîtrise des airs et de détruire les systèmes de communications et les postes de défense côtiers des Allemands avant d'envahir la Normandie.

Quoi:

Le nombre de civils allemands tués dans les régions bombardées par les Alliés est élevé, et le moral de la population est bas. Cette caricature de John Collins, publiée le 13 décembre 1943, illustre l'impact des forces aériennes des États-Unis (U.S. Air Force), du Canada (ARC) et de la Grande-Bretagne (RAF) sur l'Allemagne.

Où:

Le Centre de commandement décide d'effectuer principalement des opérations de bombardement ciblées sur les grandes villes industrielles allemandes.

Quand:

Le premier bombardement de masse est lancé sur la ville de Cologne le 30 mai 1942.

Qui:

La Royal Air Force et l'Aviation royale du Canada se concentrent sur des missions nocturnes de bombardement ciblé, tandis que la United States Air Force lance des raids de précision en plein jour.

M965.199.4455
© Musée McCord
Dessin, caricature
Le dilemme d'un célibataire
John Collins
Vers 1944, 20e siècle
Encre, crayon et mine de plomb sur carton
37.2 x 28 cm
Don de Mr. John Collins - The Gazette
M965.199.4455
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Après le plébiscite d'avril 1942, la demande pour la conscription s'atténue. Cependant, pour contribuer à l'effort de guerre et acquérir une certaine expérience au front, les Canadiens participent à l'invasion de l'Italie en 1943. En mai 1944, le nombre de soldats morts au combat est beaucoup plus élevé que prévu. Alors que la date fixée pour l'invasion de la France approche, le premier ministre King subit encore la pression des partisans de la Grande-Bretagne et du Commonwealth qui lui demandent d'imposer la conscription. Par ailleurs, les forces nationalistes du Québec le pressent de maintenir le système d'enrôlement volontaire dans les forces armées.

Quoi:

Cette caricature de John Collins montre le premier ministre Mackenzie King sous les traits d'un célibataire forcé de choisir entre deux femmes : Britannica, représentant l'Empire britannique, et une femme fatale, représentant le vote nationaliste du Québec, qui lui offre un élixir de « non-engagement » contre la conscription.

Où:

Le nombre de victimes canadiennes en Italie est élevé et le pays a besoin de renforts. C'est à Ortona que les Canadiens connaîtront les batailles les plus féroces de la campagne italienne et qu'ils subiront leurs plus lourdes pertes.

Quand:

Les Canadiens débarquent en Sicile le 10 juillet 1943 et gagnent la péninsule italienne le 3 septembre.

Qui:

L'armée canadienne est choisie pour se joindre à la 8e armée britannique afin de participer à l'invasion de l'Italie.

PERS-23
Cet artefact appartient à : Collection privée
Dessin, caricature
Attaqué de toutes parts
Winnipeg Free Press, Arch Dale

2 juin, 1944, 20e siècle
Encre sur papier
PERS-23
Cet artefact appartient à : Collection privée

Clefs de l'histoire:

Les Canadiens jouent un rôle majeur dans la défaite d'Hitler. La marine marchande assure le ravitaillement de la Russie via Mourmansk, l'armée de l'air participe au bombardement de l'Allemagne, la marine et la marine marchande voient à ce que les approvisionnements nécessaires à l'ouverture d'un deuxième front parviennent en Grande-Bretagne, et l'armée de terre participe activement à l'invasion de l'Italie. Peu après la publication de cette caricature, l'armée canadienne prend part à la plus grande invasion de l'histoire, les débarquements du Jour J sur la côte de la Normandie, en France. Hitler, qui avait participé à une guerre sur deux fronts en 1914-1918 et qui aurait dû user de prudence, avait malgré tout engagé l'Allemagne dans une guerre sur plusieurs fronts.

Quoi:

En 1944, le vent a complètement tourné et l'Allemagne est assiégée depuis le nord, le sud-est et l'ouest.

Où:

Le 6 juin 1944, les Américains débarquent sur les plages Utah et Omaha, les Britanniques sur celles de Gold et Sword, et les Canadiens sur la plage Juno, en Normandie.

Quand:

Le 6 juin 1944, quatre jours après la publication de cette caricature, les Alliés débarquent en France pour ouvrir un deuxième front sur le terrain.

Qui:

Quatre divisions américaines, trois britanniques et une canadienne débarquent en Normandie.

M965.199.4595
© Musée McCord
Dessin, caricature
Marée haute
John Collins
1944, 20e siècle
Encre, crayon, mine de plomb et blanc opaque sur carton
38.1 x 28 cm
Don de Mr. John Collins - The Gazette
M965.199.4595
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

En juin 1944, les Alliés sont prêts à tenter une invasion en Normandie. Il leur fallait d'abord obtenir le contrôle naval et aérien absolu de la Manche, dans les airs et en mer, et construire un port artificiel. Ils avaient également besoin d'un grand nombre de soldats bien entraînés, d'une grande quantité de matériel militaire, et des navires et péniches de débarquement nécessaires à leur transport. Les systèmes de défense des plages, les ponts et les lignes ferroviaires utilisés par les Allemands devaient être détruits, et l'effet de surprise de l'opération était capital. La Marine royale du Canada et l'Aviation royale du Canada contribuent à protéger une vaste flotte de 5 000 bateaux transportant la plus grande force d'invasion de l'histoire.

Quoi:

Après la conquête de la France par les Allemands, les Alliés se rendent compte qu'ils devront attaquer l'Allemagne pour remporter la guerre. Dans cette caricature, les forces alliées sont représentées comme une immense vague déferlant par « surprise » sur Hitler, sur la côte de la Normandie, dans le nord de la France.

Où:

L'attaque commence en Normandie. Les défenses allemandes y sont plus faibles car la zone ne comporte pas de port adéquat.

Quand:

Les Alliés envahissent la Normandie le 6 juin 1944.

Qui:

Les Américains débarquent du côté ouest de la côte de la Normandie, et les Britanniques et les Canadiens du côté est. Au total, 130 000 hommes, dont 15 000 Canadiens, participent à l'opération.

PERS-24
Cet artefact appartient à : Collection privée
Dessin, caricature
Le broyeur hollandais est à l'oeuvre
The Montreal Daily Star

31 octobre, 1944, 20e siècle
Encre sur papier
PERS-24
Cet artefact appartient à : Collection privée

Clefs de l'histoire:

L'armée canadienne se voit confier la délicate mission de dégager la côte Atlantique au nord-est de la Normandie. Cette zone comprend l'estuaire de l'Escaut, qui protège les voies d'approche jusqu'au port stratégique d'Anvers. Cette offensive, ainsi qu'une autre qui aura lieu plus tard en Hollande, se déroule dans des basses terres souvent inondées et entourées de hautes digues. Les conditions météorologiques sont horribles. Les chars d'assaut sont incapables d'opérer dans de telles conditions et l'appui aérien est difficile. Les Allemands savent que les Alliés ont besoin du port d'Anvers pour approvisionner leur armée en nourriture, en munitions, en essence et autres biens, et opposent une résistance féroce. À elle seule, la bataille de l'Escaut a coûté la vie à plus de 6 000 Canadiens. La meule constitue une image appropriée pour illustrer l'avance lente, mais constante, de l'armée.

Quoi:

Les Britanniques et les Belges s'emparent du port d'Anvers avant qu'il ne soit détruit par les Allemands, mais les troupes allemandes gardent les approches par mer donnant accès à la ville.

Où:

Les Alliés assurent le ravitaillement de leur armée de la Normandie depuis Anvers, seul port entre la Normandie et le Rhin suffisamment grand pour permettre l'approvisionnement de l'armée.

Quand:

L'armée britannique s'empare d'Anvers le 4 septembre 1944. Il faudra attendre jusqu'au 8 novembre pour que les Alliés prennent le contrôle de l'estuaire de l'Escaut, et encore trois semaines pour qu'ils réussissent à réouvrir le port.

Qui:

L'armée canadienne a pour mission de dégager les rives de l'Escaut et d'occuper la Hollande.

M965.199.4597
© Musée McCord
Dessin, caricature
Directement sous son nez
John Collins
Vers 1944, 20e siècle
Encre, crayon, mine de plomb et blanc opaque sur carton
38.4 x 28.1 cm
Don de Mr. John Collins - The Gazette
M965.199.4597
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Les pertes subies par l'infanterie en Italie et en Europe dépassent largement les prévisions de l'armée. À l'été et à l'automne de 1944, le besoin de renforts devient urgent. Le recours à des soldats peu expérimentés entraîne d'autres pertes. Suite à une visite en Italie et dans le nord-ouest de l'Europe en septembre, le ministre de la Défense, le colonel Ralston, conclut que l'armée a immédiatement besoin de 15 000 hommes bien entraînés. Or, les seuls hommes disponibles appartiennent à la force recrutée pour la défense nationale en vertu de la Loi sur la mobilisation des ressources nationales (LMRN). Ces hommes sont ironiquement appelés Zombies parce qu'ils refusent de servir outre-mer. Même l'immensément populaire général McNaughton, nommé ministre de la Défense nationale en novembre, sera loin de réussir à convaincre un nombre suffisant d'hommes à se porter volontaires.

Quoi:

Il n'y a pas suffisamment d'hommes bien entraînés pour remplacer les soldats morts au combat ou blessés dans le nord-ouest de l'Europe et en Italie. Le moral des troupes et leur efficacité au combat s'en trouvent gravement affectés.

Où:

L'invasion de la Normandie le 6 juin 1944 réanime le débat sur la conscription au Canada.

Quand:

De 1939 au mois de juillet 1943, le rôle de l'armée canadienne fut plutôt limité. Mais le 10 juillet 1943, les troupes canadiennes entrent en Italie et elles participeront activement aux combats jusqu'à la fin de la guerre en 1945.

Qui:

Au Canada, 60 000 hommes sont recrutés en vertu de la LMRN.

PERS-25
Cet artefact appartient à : Collection privée
Dessin, caricature
Un futur marié dans l'embarras
The Gazette, Montreal

John Collins
2 décembre, 1944, 20e siècle
Encre sur papier
PERS-25
Cet artefact appartient à : Collection privée

Clefs de l'histoire:

En septembre et octobre 1944, le colonel Ralston, ministre de la Défense, se rend en Italie et dans le nord-ouest de l'Europe pour vérifier la rumeur voulant que l'infanterie manque d'effectifs. Il informe le premier ministre King que l'armée a besoin de 15 000 hommes. La seule source disponible de soldats entraînés est celle des 60 000 hommes conscrits pour la défense du pays en vertu de la Loi sur la mobilisation des ressources nationales (LMRN). King congédie Ralston et le remplace par le général McNaughton à qui il demande d'essayer de recruter 15 000 volontaires. Lorsque McNaughton échoue à la tâche, King se rend compte que seule la conscription pourra sauver son gouvernement. Les Canadiens anglais étaient en faveur de la conscription depuis des années. L'opinion publique exige un « mariage forcé » qui donne lieu à un décret en conseil en vertu duquel jusqu'à 16 000 des conscrits de la LMRN seront envoyés outre-mer.

Quoi:

Le militaire informe King qu'il a besoin d'un plus grand nombre d'hommes entraînés et que la conscription représente l'unique solution.

Où:

L'armée a besoin d'hommes en Italie et en France.

Quand:

King finit par donner son accord à la conscription pour le service outre-mer le 22 novembre 1944.

Qui:

Les 60 000 conscrits en vertu de la LMRN font clairement savoir qu'ils ne serviront pas outre-mer à moins que le gouvernement ne les y oblige.

M965.199.176
© Musée McCord
Dessin, caricature
Parmi les victimes
John Collins
1945, 20e siècle
Encre, crayon et mine de plomb sur carton
38.3 x 28.1 cm
Don de Mr. John Collins - The Gazette
M965.199.176
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Tandis que les Alliés libèrent les camps de concentration nazis, les rumeurs des terribles atrocités perpétrées par les Allemands se confirment de plus en plus. Les preuves du massacre des Juifs, des Tsiganes et autres peuples « indésirables » s'accumulent. René Lévesque, alors correspondant de guerre, assiste à la libération du camp d'extermination de Dachau. Il visite les chambres à gaz ayant servi à exterminer des milliers de prisonniers, et décrit l'« irréalité cauchemardesque » de la scène. Il y voit de nombreux cadavres et parle à des survivants « aux mains d'une maigreur effroyable attachées à des poignets translucides ». La découverte des camps d'extermination efface tout doute quant au bien-fondé de l'effort de guerre des Alliés, et jette le discrédit sur les politiques du gouvernement fasciste allemand.

Quoi:

Cette caricature de John Collins illustre le génocide dans toute son horreur. Alors qu'un soldat allié s'approche, des gardes du camp de concentration nazi se demandent s'ils n'auraient pas commis une erreur.

Où:

Les camps de la mort furent construits à Auschwitz, Belsen, Buchenwald, Dachau et Treblinka.

Quand:

Les nazis ont commencé à construire les camps de la mort en 1941 afin de tuer les prisonniers juifs, gitans, polonais et russes.

Qui:

Des millions d'hommes, de femmes et d'enfants perdront la vie dans les camps de concentration nazis durant la Deuxième Guerre mondiale.

M965.199.4585
© Musée McCord
Dessin, caricature
"It's Not Over Yet-I Had a Boy at Hong Kong"
John Collins
1945, 20e siècle
Encre, crayon et mine de plomb sur carton
38.1 x 27.9 cm
Don de Mr. John Collins - The Gazette
M965.199.4585
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

Les célébrations qui suivent la victoire en Europe sont quelque peu tempérées par le fait que la guerre dans le Pacifique n'est pas terminée. Les survivants de la bataille de Hong Kong de décembre 1941 rappellent constamment aux Canadiens qu'ils se sont engagés à vaincre le Japon. Tous avaient horriblement souffert dans les prisons japonaises. Lors de l'élection fédérale du 11 juin 1945, les conservateurs promettent d'employer les conscrits dans la guerre contre le Japon. King, quant à lui, fait la promesse que les contingents de l'armée de terre, de la marine et de l'armée de l'air canadiennes appelés à servir dans la guerre contre le Japon seront constitués de volontaires. King remporte l'élection. On prépare les volontaires à participer à la guerre du Pacifique, mais celle-ci se termine avant leur départ.

Quoi:

La guerre en Europe se termine en mai 1945 mais la guerre dans le Pacifique se poursuit jusqu'au 14 août 1945.

Où:

Tôt ou tard, les Alliés auraient envahi le Japon.

Quand:

La guerre de Hong Kong se déroule en décembre 1941.

Qui:

Le Canada est prêt à envoyer contre le Japon des forces aériennes, navales et terrestres.

M965.199.4759
© Musée McCord
Dessin, caricature
Comment faire rentrer le génie dans la bouteille?
John Collins
Vers 1945, 20e siècle
Encre, crayon et mine de plomb sur carton
35.6 x 29 cm
Don de Mr. John Collins - The Gazette
M965.199.4759
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

La guerre du Pacifique prend fin peu de temps après le bombardement d'Hiroshima et de Nagasaki au début du mois d'août 1945. Un riche dépôt de pechblende (une source de radium et d'uranium) situé sur la rive est du Grand lac de l'Ours, dans le nord du Canada, avait fourni les énormes quantités d'uranium nécessaires à la fabrication des bombes atomiques. Le Canada avait également produit l'eau lourde utilisée pour modérer la fission de l'uranium, et les Canadiens avaient participé aux recherches nucléaires ayant mené à la fabrication des bombes. L'utilisation de la bombe atomique changera radicalement le visage de la guerre et marquera le début d'une nouvelle ère dans l'histoire.

Quoi:

La première bombe atomique est lancée sur la ville d'Hiroshima par l'équipage du bombardier américain The Enola Gay. Plus de 110 000 Japonais sont tués.

Où:

Les Américains larguent une bombe atomique sur Hiroshima le 6 août 1945, puis sur la ville de Nagasaki le 9 août 1945.

Quand:

La guerre du Pacifique prend fin le 14 août 1945, cinq jours après le bombardement sur Nagasaki.

Qui:

Le Canada était prêt à envoyer des troupes aériennes, navales et terrestres contre le Japon.

Conclusion:

La Deuxième Guerre mondiale transforme le Canada. Avant la guerre, le Canada était affaibli par la dépression et jouait de prudence en matière de politique étrangère. En 1945, le pays est devenu une grande nation industrielle et agricole disposant des ressources nécessaires pour assurer une vie confortable à tous ses citoyens.

Les relations entre le Canada et la Grande-Bretagne ne sont plus les mêmes. Si le Canada se tournait jadis vers la Grande-Bretagne pour qu'elle l'aide à combler ses besoins en matière de défense et d'économie, ce sont désormais les États-Unis qui assument de plus en plus ce rôle. La place du Canada sur la scène mondiale a également changé. Les exploits du Canada pendant la guerre ont donné au pays une plus grande assurance au chapitre des affaires internationales, et le pays cherche maintenant à jouer un rôle actif dans la promotion de la paix dans le monde.


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