Formes et modes
Jacqueline Beaudoin-Ross et Cynthia Cooper, Musée McCord. Adaptation par Karine Rousseau 



Au XIXe siècle, la mode commence à évoluer beaucoup plus vite que par le passé. Ces changements accélérés se manifestent principalement par un renouvellement constant de la silhouette féminine.

Cette succession rapide de styles vestimentaires est liée à l'apparition récente d'une société bourgeoise axée vers la consommation. Signe extérieur de la situation socioéconomique de toute la famille, le vêtement féminin distingue les biens-nantis des gens moins fortunés. L'amélioration généralisée des communications favorise également ce perpétuel renouveau vestimentaire. Les dernières tendances européennes peuvent désormais se disséminer en Amérique du Nord en aussi peu que quelques mois.

Une dynamique interne de changement de la forme esthétique semble aussi soutenir la transformation rapide de la silhouette. Cette dynamique n'est pas un fait isolé; elle est dictée par le goût collectif de l'époque qui s'alimente à différentes sources. Il y a les imprimés tels les les gravures de mode, les descriptions de toilettes raffinées et les publicités. Il y a aussi les comptes rendus et les images mettant en scène des personnalités en vue comme les têtes couronnées et les artistes. Enfin, il y a l'exposition à des tenues élégantes dans divers lieux publics. De nouvelles sources d'information apparaissent également dans la dernière moitié du XIXe siècle, tels les patrons de papier que l'on retrouve dans les journaux de mode des années 1850 et 1860. Il y a aussi les catalogues de vente par correspondance qui sont de plus en plus répandus à compter des années 1880 et qui permettent à un plus vaste public d'avoir accès à des vêtements produits dans des manufactures.

Un examen de la période entre 1810 et 1898 révèle un large éventail de silhouettes ou de formes distinctes. On arrive généralement à estimer à cinq ans près la date d'un vêtement ou d'un portrait du XIXe siècle, voire à en déterminer l'année exacte, simplement à partir du style de la jupe, de la manche ou du corsage.

Comme c'est encore le cas aujourd'hui, les résidants des grandes villes telles que Montréal suivent la mode de près en s'inspirant des dernières tendances françaises et britanniques. Les vêtements de cette période témoignent des changements les plus marquants que connaîtra la silhouette du XIXe siècle et offrent des exemples éloquents des styles en vogue à cette époque.