Brasser de grosses affaires : Le Canada, 1896-1919

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Photographie, diapositive sur verre
La compagnie Quaker Oats, Peterborough, Ont., vers 1928
Anonyme - Anonymous
Vers 1928, 20e siècle
Plaque sèche à la gélatine
8 x 10 cm
Don de Mr. Stanley G. Triggs
MP-0000.25.571
© Musée McCord
Description
Mots-clés :  Architecture (8647) , Industrie (1055) , Photographie (77678) , pont (561) , rivière (1484) , Scène urbaine (3948)
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Clefs pour l'histoire

Une large part des capitaux injectés dans l'industrialisation du Canada au début du XXe siècle provient d'investissements étrangers. Pauvre en capitaux, le pays accuse un retard au chapitre de la recherche industrielle ; les tarifs douaniers élevés incitent également les producteurs étrangers à s'installer à l'intérieur des frontières canadiennes. Les politiciens canadiens encouragent la venue de ces « succursales » qui créent des emplois et permettent aux Canadiens d'avoir accès aux biens de consommation les plus nouveaux. En 1913, Fred W. Field (1884-v.1935), un observateur de première heure de l'économie canadienne, estime que 451 succursales ont vu le jour au Canada. Cet afflux américain fait découvrir aux Canadiens des marques encore présentes aujourd'hui telles que Coca-Cola, Ford et Heinz.

Au fil du temps, les avantages immédiats du système de succursales seront contrebalancés par l'exode des bénéfices vers des sièges sociaux étrangers et les inefficacités liées au fait de desservir le petit marché canadien à partir d'usines conçues pour une production en petite série. En 1902, la construction d'une usine de transformation de l'avoine à Peterborough, en Ontario, par la société américaine Quaker Oats illustre l'évolution typique de ce système de succursales. Moins d'un an après l'ouverture de Quaker, les importations canadiennes de flocons d'avoine (c'est-à-dire produits en usine) chutent de 1,35 million de kilos. Les Canadiens deviennent vite des habitués des marques de la compagnie Quaker comme Muffets et le mélange à crêpe Aunt Jemima, maintenant fabriquées dans leur propre pays.

  • Quoi

    À la fin du XIXe siècle, on assiste à une révolution dans le secteur de la transformation de l'avoine. Le triage, le nettoyage, la mouture, la coupe et le conditionnement de l'avoine forment un processus continu de production à la chaîne. La transformation de l'avoine devient une industrie à intégration verticale, depuis les « hommes sur le terrain » qui achètent aux fermiers l'avoine non traitée jusqu'aux minoteries mécanisées puis aux grossistes qui vendent le produit fini aux détaillants. Les ventes en vrac d'avoine seront supplantées par des emballages conçus pour le consommateur, vendus sous marque et publicisés.

  • À Peterborough, Quaker se trouve dans un lieu central stratégique sur le plan commercial, à proximité des marchés urbains et des grandes voies de communication vers les fermes de l'Ouest, qui est en pleine expansion. En 1912, Quaker construit une autre minoterie à Saskatoon. Lorsqu'un incendie détruit l'usine de Peterborough, en 1917, une nouvelle minoterie dont on dira qu'elle est la « plus grande de l'Empire britannique » est érigée à sa place.

  • Quand

    Avec le dépôt en 1877 du logo du « bonhomme Quaker », on voit apparaître aux États-Unis l'un des premiers noms de marque de produits alimentaires transformés. Quaker ouvre d'autres filiales aussi loin qu'en Afrique du Sud et exporte ses céréales jusqu'en Australie. L'historique de la société Quaker indique que l'entreprise a pour mission de « transformer le déjeuner de la nation ». Le magazine de la société porte le nom éloquent de The Earth Quaker (La Terre Quaker).

  • Qui

    Quaker Oats est le produit de la fusion en 1901 de trois minoteries américaines du Midwest. La société était un « trust » créé pour limiter la concurrence et maximiser les économies d'échelle. Le génie à l'origine de ce « trust de l'avoine » est Henry P. Crowell (1855-1944), qui a coordonné la mondialisation de Quaker et perfectionné la mouture mécanisée de l'avoine.